Uchronie : réécriture de l’Histoire à partir de la modification d’un événement du passé

 

Uchronie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

L'uchronie est un genre littéraire qui repose sur le principe de la réécriture de l’Histoire à partir de la modification d’un événement du passé. On utilise également l’expression histoire alternative, directement traduite de l’expression anglo-saxonne alternate history. Lorsqu’elle est associée à des moyens techniques qui permettent de remonter dans le temps et donc de modifier le passé, l’uchronie est directement associée au genre de la science-fiction.

L’auteur d’une uchronie prend comme point de départ une situation historique existante et en modifie l’issue pour ensuite imaginer les différentes conséquences possibles. À partir d’un événement modifié, l’auteur crée un effet papillon qui influe sur le cours de l’Histoire.

Cette volonté de changer le cours de l’histoire pour imaginer ce qu’elle aurait pu être rappelle la phrase de Blaise Pascal : « Le nez de Cléopâtre, s’il eût été plus court, toute la face de la terre aurait changé » (Pensées, 90).

Régis Messac, dans sa revue des Primaires donne, en 1936, de l’uchronie cette définition : Terre inconnue, située à côté ou en dehors du temps, découverte par le philosophe Renouvier, et où sont relégués, comme des vieilles lunes, les événements qui auraient pu arriver, mais ne sont pas arrivés. [1]

Sommaire

[masquer]

Définition [modifier]

Article détaillé : Définition de l'uchronie.

Une définition assez globale, qui demandera à être affinée (cf l’article détaillé), pourrait être celle-ci :

« Roman se déroulant dans un monde en tout point similaire au nôtre jusqu’à un certain événement, qui, lui, diffère de ce qui s’est produit tel que nous le connaissons. C’est ce qu’on appellera par la suite, événement divergent. Ce roman devra, par ailleurs, s’intéresser de manière substantielle à cette nouvelle Histoire. »

Il convient en effet, et cette définition le permet, d’exclure les récits de voyage dans le temps et (pour la plupart) de mondes parallèles, même si ceux-ci ont un lien étroit avec l’uchronie.

Historique [modifier]

Le plus ancien exemple connu d’uchronie apparaît dans l’Histoire de Rome depuis sa fondation de Tite-Live (Livre IX, sections 17-19). Il réfléchit à la possibilité qu’Alexandre le Grand ait lancé sa conquête à l’ouest plutôt qu’à l’est ; il aurait attaqué Rome au IVe siècle av. J.-C..

La première œuvre entièrement uchronique semble avoir été le roman de Louis Napoléon Geoffroy-Château, Napoléon et la conquête du monde, 1812-1813 (1836). Dans ce livre, Geoffroy-Château postule que Napoléon aurait fui Moscou avant le désastreux hiver 1812. Pour l’auteur, l’empereur aurait eu assez de forces militaires pour conquérir le monde.

En langue anglaise, la première uchronie connue est la nouvelle de Nathaniel Hawthorne, P.'s Correspondence (1846) dans laquelle un homme qui semble fou raconte ses rencontres avec des personnalités littéraires et politiques des années 1840. Le premier roman anglais est Aristopia de Castello Holford (1895). Holford imagine que les premiers colons de Virginie ont découvert une montagne d’or qui leur aurait permis de bâtir une société utopique en Amérique du Nord.

Plusieurs autres œuvres uchroniques paraissent ponctuellement à la fin XIXe et au début XXe siècle.

Cependant, le travail majeur suivant fut certainement, en 1932, la parution d’une anthologie d'« histoires alternatives » (selon la dénomination anglaise) par l’historien britannique, Sir Johan Squire et titrée If It Had Happened Otherwise (Si ça avait eu lieu autrement). C’est un recueil de textes écrits par de grands professeurs d’histoire des universités d’Oxford et de Cambridge. On y trouve par exemple :

L’uchronie devint populaire petit à petit grâce aux magazines américains publiant des nouvelles de science-fiction. En décembre 1933, Astounding Stories publie Ancestral Voices (Les voix ancestrales) de Nat Schachner, puis Sidewise in Time de Murray Leinster. Leinster complexifie les changements historiques : dans son univers, les pays commercent avec leurs analogues du passé et du futur. Le point de vue est celui du héros, un professeur d’université, qui voyage de monde en monde pour découvrir ce qui serait advenu du monde si tel événement avait été différent. Dans la même période des années 1930 se développent les histoires de voyage dans le temps.

Le genre de l’uchronie connaît un boom commercial depuis la fin des années 1980 avec plusieurs auteurs prolifiques :

et deux auteurs qui éditent des anthologies de récits uchroniques :

Turtledove a développé plusieurs séries de romans :

  • Le Sud gagne la Guerre de Sécession à cause d’un incident entre le Nord et la Grande-Bretagne qui décide de prendre parti (volume initial How Few Remain puis trilogies ou tétralogies The Great War, American Empire, et Settling Accounts)
  • La Terre est envahie par des extra-terrestres en 1942 (séries Worldwar et Colonization puis volume de conclusion Homeward Bound)
  • L’Amérique n’a pas été colonisée par les êtres humains pendant la préhistoire. De nos jours, des mammouths et des espèces préhumaines y ont donc survécu.

En 1995 est créé le Sidewise Award for Alternate History, du nom de l’histoire de Murray Leinster.

Procédés uchroniques [modifier]

Point de divergence [modifier]

Article détaillé : Événement divergent en uchronie.

Le moment où l’histoire réelle et l’histoire uchronique divergent est appelé « Point de divergence ».

Par exemple, dans Le Maître du Haut Château de Dick, c’est l’assassinat de Franklin Roosevelt à Miami en 1933 qui fait basculer l’intrigue dans la fiction. Les États-Unis ne parviennent pas à sortir de la grande dépression et restent figés dans leur neutralité face à Hitler. Le Royaume-Uni est conquis.

La théorie du multivers postule que des points de divergence surviennent à chaque instant, créant sans cesse des univers parallèles.

Exemples [modifier]

(De bons exemples devraient inclure un point de divergence précis, comme la mort précoce d’un personnage historique, et analyser les conséquences bien après cela).

Clin d'œil et mise en abîme [modifier]

Clin d'œil au lecteur [modifier]

Ce que nous appelons clin d’œil au lecteur de la part d’un auteur uchroniste, c’est quand celui-ci fait des références implicites à notre monde dans son livre. C’est un procédé très répandu, mais il ne faut pas le prendre pour autre chose que ce qu’il est, un moyen de faire sourire le lecteur car, en effet, ces clins d’œil et ce à quoi ils font référence ne sont pas significatifs dans l’Histoire uchronique.

A tout seigneur, tout honneur : dans la toute première uchronie (Napoléon et la conquête du monde, 1812-1832 de Louis Geoffroy), on trouve déjà un clin d'œil au lecteur.

Regagnant l’Europe par la mer, au retour de la campagne d’Océanie (après avoir conquis l’Asie et l’Afrique), et avant de doubler le cap de Ténérife qui, sculpté sous la direction de David, représente désormais son effigie haute de 10000 pieds, l’Empereur passe au large de Sainte-Hélène. Laissons Geoffroy raconter ce qu’il s’y passa :

« L’amiral Duperré, commandant le vaisseau, vint prendre les ordres de l’Empereur, et lui demanda quand il faudrait aborder.

- Jamais !, répondit ou plutôt cria Napoléon.

Tous étaient pétrifiés d’étonnement et presque de terreur.

- Que le vaisseau s’éloigne au plus tôt de l’île, sans y aborder.

Il fut obéi. Le vaisseau, se dirigeant vers l’occident, traversa comme une indignation la mer, et s’éloigna rapidement de l’île. Cependant, l’empereur parut dominer cette émotion incomprise. Monté sur le pont, et le télescope dirigé vers Sainte-Hélène, il la contemplait avec une sombre attention que personne n’avait encore osé interrompre, lorsque le vieux Dolomieux, qui, ne voyant partout que la science et ses effets, s’imaginait aussi que l’attention de l’empereur était toute minéralogique, dit :

- Mais cette terre n’est véritablement que le produit de plus de vingt volcans qui s’y sont éteints.

- Je les lui referai, dit l’empereur.

[…]

Un an plus tard, on put comprendre le sens et le but de ces paroles, mais pas leur motif, lorsque, à son retour en Europe, l’empereur, ayant envoyé une escadre à Sainte-Hélène, fit transporter à bord des vaisseaux tous les habitants et toutes leurs richesses. L’île, ainsi dépeuplée, fut minée dans tous les sens, remplie dans ses plus grandes profondeurs de volcans factices et puissants qui rassemblaient en eux tout ce que la physique la plus nouvelle avait pu réunir de forces en gaz comprimés, en vapeurs terribles, en poudres destructives et, quand tout eut été disposé, alors l’escadre s’éloigna en mer, à plus de cinquante lieues de cette île infernale. L’explosion de toutes ses mines éclata avec un retentissement épouvantable et tel qu’à cette distance les vaisseaux l’entendirent et en furent émus, et que la mer, soulevée par ces désordres immenses, prolongea jusqu’à eux un reste encore terrible d’agitation et de tempête.

Les vaisseaux retournèrent, aussitôt après l’explosion, sur les espaces où Sainte-Hélène avait existé ; mais ce ne fut que pour assister aux derniers écroulements de quelques restes calcinés qui semblaient n’être demeurés jusque-là que pour constater leur agonie et leur mort à la face de leurs bourreaux. Enfin, ces fragments furent enlevés par la mer le 5 mai 1827. Tout fut consommé, et, l’Océan ayant labouré des ses vagues furieuses la place où l’île avait existé, il n’en resta plus aucun vestige, et les navires purent désormais traverser sans danger cet espace où, depuis la création, la terre avait jusqu’alors incessamment régné.

Quoi donc avait motivé cette condamnation à mort d’une île par un homme ? Était-ce caprice, souvenir, horreur, crainte superstitieuse ? Qui le sait ? »[2]

On sait, en tout cas, que le 5 mai est la date anniversaire de la mort de Napoléon à Sainte-Hélène, date choisie par Geoffroy pour être celle de la mort de Sainte-Hélène dans son livre.

Le lecteur sait pertinemment pourquoi cette petite île fait peur à l’Empereur, comprend les raisons qui poussent celui-ci à la détruire. Par contre, il s’interroge sur ces motivations car, dans le monde uchronique, Sainte-Hélène, ne devrait rien évoquer de particulier pour Napoléon.

Dans Parij[3] d’Eric Faye, le roman fourmille de clins d’œil. En effet, Paris y subit le sort qu’a connu Berlin, avec une séparation en deux zones, une sous influence soviétique, l’autre américaine. L’auteur multiplie les comparaisons de manière implicite entre le Paris de son livre et le Berlin de notre monde. Toutefois, dans le monde uchronique de Parij, Berlin n’est en aucun cas une ville coupée en deux, mais une ville « normale » du bloc de l’est.

Il faut toutefois signaler un corollaire à ce clin d’œil, que peut constituer une mise en abyme uchronique.

Mise en abyme [modifier]

Liste d'œuvres uchroniques [modifier]

En littérature, les œuvres sont classées par ordre alphabétique des noms d'auteur. Pour les autres catégories d'œuvres, selon l'ordre alphabétique des titres.

Littérature : écrivain d’uchronie [modifier]

Auteurs francophones [modifier]

  • Thierry Ardisson, Louis XX. Contre-enquête sur la monarchie : Toute une partie de l’ouvrage est consacrée à une uchronie. Qui dirigerait aujourd’hui la France si, en 1870, le comte de Chambord avait été acclamé roi de France, et était monté sur le trône sous le nom de Henri V ?
  • Pierre Bameul, La Saga d’Arne Marsson et Le Choix des Destins, deux romans à suivre : vers l’an 1000 les Vikings ont pris la tête de l’Empire aztèque permettant ainsi aux Aztèques de conquérir l’Europe quelques générations plus tard.
  • Roger Caillois, Ponce Pilate, roman : et si Ponce Pilate avait gracié le Christ ?
  • André Costa, L’Appel du 17 juin, roman : le 17 juin 1940, le maréchal Pétain appelle la France à continuer la guerre face à l’invasion allemande.
  • Jacqueline Dauxois et Vladimir Volkoff, Alexandra : Lénine est assassiné avant la Révolution russe qui n’a donc pas lieu. La Russie capitaliste et ultra-libérale devient la super-puissance mondiale.
  • Jean Dutourd, Le Feld-Maréchal von Bonaparte, essai : et si Bonaparte avait fait carrière dans les rangs autrichiens, la Corse n’ayant pas été achetée par la France ?
  • Eric Faye, Parij. La contre-offensive des Ardennes par l’armée allemande fonctionne mieux que dans la véritable histoire. Le front occidental recule, la percée soviétique continuant, elle, sans encombre. La jonction des armées alliées au lieu de se faire en Allemagne se fait en France, et Paris connaît le sort qu’a connu Berlin, coupé en 2.
  • Louis Napoléon Geoffroy-Château, Napoléon et la conquête du monde, 1812-1832 : Napoléon ne connaît pas la Berezina et remporte la campagne de Russie. Il fait ensuite tomber l’Angleterre, l’Empire ottoman et... le monde entier.
  • Johan Héliot, la Lune seule le sait, roman : une civilisation extraterrestre s’allie à Napoléon III, lui offrant l’accès à des technologies inconnues qui lui permettent de conquérir la Lune et une partie du Monde.
  • Johan Héliot, la Lune n’est pas pour nous, roman (suite de La Lune seule le sait) : l’Allemagne a remporté la Grande Guerre et s’est emparée de la technologie extraterrestre détenue par les Français. Dans les années 1930, l’Allemagne que dirige Adolf Hitler domine une grande partie du Monde.
  • Guy Konopnicki, Les Cent jours - 5 mai-4 août 2002 : et si Jean-Marie Le Pen avait été élu en 2002 ? Il aurait tenu ses promesses électorales : préférence nationale, sortie de l’Europe, retour du Franc, rétablissement de la peine de mort… Son mandat ne durera finalement que cent jours, se terminant par une insurrection populaire et par l’incendie du Palais-Bourbon.
  • Jean Mazarin, L’Histoire détournée (1984), cet auteur prolifique de la collection Anticipation aux Editions Fleuve Noir, donne ici à lire une uchronie où le IIIe Reich perdure. Mazarin reprend l’idée de Norman Spinrad dans Réve de fer, et son livre abrite l’ouvrage de John Stuart Grimsby, écrit en 1995, L’Aigle et le soleil, sous-titré Les prémices de la Troisième Guerre mondiale (10-12 avril 1989).
  • Régis Messac, Voyage en Uchronie (1936), nouvelle (propos d’un utopien) : Nous sommes en 1936, ou 1938, l’Allemagne a gagné la guerre de 1914. Les "profiteurs", qu’ils fussent politiciens, journalistes ou marchands de sardines, purent gagner Londres à la faveur de la retraite de l’armée anglaise. Une fédération des états européens a vu le jour…
  • Charles Renouvier, Uchronie (l’utopie dans l’histoire) : esquisse historique apocryphe du développement de la civilisation européenne tel qu’il n’a pas été, tel qu’il aurait pu être…
  • Nicolas Saudray, Les Oranges de Yalta, roman : et si le Japon, au lieu d’attaquer les États-Unis en 1941, avait attaqué l’Union soviétique en même temps que l’Allemagne ?
  • Éric-Emmanuel Schmitt, La Part de l'autre, roman : Hitler est entré aux Beaux-Arts de Vienne.
  • Roland C. Wagner, H.P.L. (1890-1991), nouvelle : Howard Philips Lovecraft s’est fait opérer avant que son cancer ne ronge ses intestins et il vit jusqu’à 101 ans — ce qui lui permet, entre autres, de collaborer avec Philip K. Dick et de se disputer avec Robert Heinlein.

Auteurs non-francophones [modifier]

  • Poul Anderson, Opération chaos (1971) : si les mathématiques non euclidiennes avaient été développées à la place de celles qui fondent notre univers et notre raisonnement, la sorcellerie serait la règle et la lutte contre les forces des Ténèbres se déroulerait au grand jour.
  • Poul Anderson, La Patrouille du temps (Time Patrol, 1960), recueil de nouvelles : un groupe de spationautes anglo-saxons est chargé de patrouiller dans le passé (jusqu’à la préhistoire) pour enquêter sur des anomalies perturbatrices de l’histoire "normale" et, éventuellement empêcher les événements amenant des changements dans une trame historique favorable aux pays anglo-saxons.
  • Stephen Baxter, Les Vaisseaux du temps, roman : dans cette suite au roman La Machine à explorer le temps de H.G. Wells, les nazis remontent dans le passé pour modifier le cours de l’histoire ; parallèlement, les descendants des Morlocks tentent de repousser les limites les plus extrêmes de l’exploration temporelle.
  • Stephen Baxter, Voyage, roman : Kennedy a survécu à l’attentat, et par sa popularité, a obligé le président Nixon à une surenchère dans la conquête spatiale et à abandonner la Navette spatiale au profit d’un voyage vers Mars.
  • John Baxter, Alternate Luftwaffe et Trägerflotten, recueils de nouvelles. L’auteur australien, ancien de la RAAF, nous propose une histoire alternative de la force aérienne allemande pendant la Seconde guerre mondiale. Une démarche à rapprocher de celle du spécialiste de l’aéronautique Mike Spick qui a signé Luftwaffe victorious.
  • Ray Bradbury, Un coup de tonnerre, nouvelle : au cours d’une partie de chasse préhistorique réalisée grâce à une machine à voyager dans le temps, un papillon est écrasé par erreur. Lors de leur retour, les personnages découvrent un monde qui n’est pas modifié dans ses structures profondes, mais dans des détails d’importance.
  • Fredric Brown, L'univers en Folie, roman : le directeur d'une revue de science-fiction est projeté par le crash d'une fusée dans un monde parallèle quasi-similaire au nôtre. Un évènement scientifique survenu en 1903 y a permis à l'homme de voyager très vite dans l'espace (le roman date de 1967 mais se déroule en 1954), et a occasionné de nombreux changements dans la société. Intéressant roman, qui postule qu'il existe une infinité de mondes parallèles uchroniques.
  • Winston Churchill, Si Lee avait gagné la bataille de Gettysburg, essai : Sa victoire à Gettysburg permet à Lee de prendre Washington ; puis en abolissant lui-même l’esclavage il permet au Sud de s’allier à l’Angleterre de Gladstone et de l’emporter. Le continent américain devient ainsi une poudrière qui évite la guerre totale de justesse.
  • Lyon Sprague de Camp, dans De peur que les ténèbres, un américain plongé par hasard dans le passé (an 535 après J.C.) essaye de protéger le royaume italien des invasions barbares grâce à des inventions anachroniques.
  • Philip K. Dick, Le Maître du Haut Château, roman : et si le nazisme avait triomphé ? Prix Hugo 1963.
  • Keith Roberts, Pavane, roman : et si l’Invincible Armada avait vaincu la flotte anglaise ?
  • Brendan DuBois, Résurrection Day, roman : la crise des missiles de Cuba a dégénéré en guerre nucléaire ; dix ans plus tard les États-Unis se redressent à peine et sont devenus une dictature militaire. Voir le site du livre. Non traduit en Français.
  • William Gibson et Bruce Sterling, La Machine à différences, roman : Et si au XIXe siècle, le mathématicien Charles Babbage avait réussi à construire les machines à différences, ces « ordinateurs à vapeur » qu’il avait inventés ?
  • Robert Harris, Fatherland, roman : une enquête policière dans Berlin en 1964, dix-huit ans après que les nazis ont gagné la guerre.
  • Roy Lewis, La véritable histoire du dernier roi socialiste, roman : les révolutions de 1848 ont accouché de monarchies socialistes et luddites.
  • Paul J. McAuley, Les conjurés de Florence, roman : Raphaël a été assassiné et Léonard De Vinci a inventé la photographie.
  • Kim Stanley Robinson, Chroniques des années noires, roman : la conquête du monde par la Chine et l’islam suite à la peste noire qui tua 99% de la population européenne au début du XVe siècle.
  • Philip Roth, Le complot contre l'Amérique, Franklin Delano Roosevelt n’a pas remporté les élections en 1941. Charles Lindbergh devient président des États-Unis et signe un traité de non-agression avec l’Allemagne nazie.
  • Sarban, pseudonyme de John William Wall, Le Son du Cor, un monde où les nazis, victorieux de la Seconde Guerre mondiale, s’adonnent à des jeux macabres et cruels, comme la chasse à courre sur des gibiers humains.
  • Robert Silverberg, Roma Æterna, roman : les juifs n’ont pas réussi à fuir l’Égypte et l’Empire romain a survécu.
  • Robert Silverberg, La Porte des mondes, roman : la peste noire a tué beaucoup plus d’Européens, les Turcs ont conquis tout le continent, les empires américains et africains se sont développés.
  • Orson Scott Card, Les chroniques d’Alvin le faiseur, roman : au début du XIXe siècle, la révolution anglaise maintenue a envoyé tous les sorciers et sorcières du royaume en Amérique et le roi à Charleston ; La Rédemption de Christophe Colomb, roman : le navigateur refait le chemin en sens inverse avec une armée d’Indiens bien équipés.
  • Michael Swanwick, Jack Faust, roman : pendant le Moyen Âge, le docteur Faust connaît toutes les nouvelles technologies du futur et tente de les adapter à un monde encore plein de superstitions et d’obscurantisme.
  • Norman Spinrad, Rêve de fer, dans lequel, un obscur auteur d'heroic fantasy, nommé Adolf Hitler, atteint un certain succès avec son roman le Seigneur du Swastika. Description dans la préface et dans la postface, de la double jaquette du livre, d’un monde n’ayant pas vécu la deuxième guerre mondiale.

Cinéma [modifier]

  • 2009 : Lost Memories : un assassinat commis en 1909 change le cours de l’histoire : 100 ans plus tard, la Corée est restée japonaise…
  • L’Effet papillon : un jeune homme manipule le passé, mais réalise très vite que les conséquences sont imprévisibles…
  • Jean-Philippe : et si Johnny Hallyday n’avait pas pu assister une de ses premières auditions et était resté inconnu du grand public…
  • Pile & face : et si Helen était montée dans le métro ? Elle y aurait rencontré un charmant jeune homme, plein d’esprit : James. En arrivant chez elle, elle aurait surpris son fiancé au lit avec une femme. Elle aurait aussitôt rompu, et pris un nouveau départ dans sa vie … Et si Helen avait raté le métro ? Elle aurait été agressée dans la rue par un voleur à la tire, et serait rentrée chez elle pour se faire réconforter par son fiancé, alors que celui-ci sortait à peine des bras de sa maîtresse. Et la vie aurait continué…
  • Fréquence interdite : John Sullivan (Jim Caviezel), inspecteur de police, est toujours hanté par la mort de son père, pompier, survenue lors d’un spectaculaire incendie en 1969. Par une nuit illuminée d’aurore boréale et d'éclairs magnétiques, John met en marche une ancienne radio et croit entendre la voix d’un homme. Bouleversé, il reconnaît son père. Par-delà la mort et le temps, les deux hommes se parlent. Mais tout miracle a un prix et l’enchaînement des événements va s’en trouver modifié. Face à l'étrange vague de meurtres qui se déclenche, père et fils vont se battre, chacun dans sa dimension.
  • Un jour sans fin : de Harold Ramis, avec Bill Murray. Journaliste météo à la télévision, Phil Connors part comme chaque année à Punxsutawney faire son reportage sur le "Groundhog Day" ("Jour de la marmotte"). Une tempête l'empêchant de quitter la ville, il se voit contraint d'y passer une nuit de plus. Le lendemain, il constate que tout se déroule exactement comme la veille et qu'il est condamné à revivre indéfiniment cette journée du 2 février... Film qui sur-exploite de façon comique la notion de "point de divergence". Coincé dans ce 2 février, le héros en explore toutes les possibilités, jusqu'à (presque) en maîtriser tout le déroulement.
  • Nimitz, retour vers l'enfer, (Final Countdown en version originale). Le porte-avions nucléaire USS Nimitz en manœuvres dans le Pacifique traverse un orage rond, une sorte de tempête électromagnétique, qui le propulse dans le temps à la veille de l’attaque japonaise sur Pearl Harbor. Fort d’une technologie en avance de 40 ans et de la connaissance des événements à venir, le pacha Mat Yelland (Kirk Douglas) et son bras droit, le capitaine de l’aéronavale Richard T. Owens (James Farentino), décident d’intervenir. Seul un civil David Lasky (Martin Sheen) du département de la défense, embarqué à bord comme simple observateur sur ordre du mystérieux M. Tideman, les met en garde contre toute modification de l’Histoire qui pourrait avoir des conséquences dramatiques et imprévisibles…
  • Le film 1984 de Michael Radford offre un exemple très intéressant d’uchronie. Le roman dont il est adapté, écrit par George Orwell en 1949, est une œuvre d'anticipation imaginant comment serait le monde quelque 35 ans plus tard: un univers totalitaire. Mais le film ne peut être classé dans la catégorie "anticipation", car il a justement été tourné en 1984, année où l’action est censée se dérouler. Il met en scène une dictature similaire à celle évoquée dans le roman, ce qui fait de ce film une uchronie imaginant comment serait le monde des années 1980 si des régimes totalitaires étaient parvenus à le contrôler entièrement.
  • La trilogie Retour vers le futur de Robert Zemeckis met en scène des uchronies multiples en prenant pour postulat l’invention d’une machine à voyager dans le temps. Les points de divergences apparaissent à des moments et des situations clés de la famille McFly (la rencontre des parents, la mise à l'écart de l’ennemi de la famille) et plus précisément du héros (sa capacité de décision dans les moments critiques et face à un élément provocateur). La force des uchronies présentes dans cette saga n’est pas basée sur de grands faits historiques, mais sur les événements relatifs à une famille durant des époques marquantes (industriellement et culturellement), qui sont des tournants pour notre société actuelle, ce qui a sans doute laissé un plus grand champ de créativité pour l’auteur (notamment lors de dialogues mémorables, comportant des anachronismes non volontaires, faisant le pont entre une éducation moderne et un modèle de vie ancien) et ainsi une meilleure expression de son ouverture d’esprit, moteur de l’uchronie… On peut parler de première trilogie cinématographique uchronique.
  • Déjà vu : Doug Carlin (Denzel Washington) agent de l’ATF enquête sur l’explosion d’une bombe sur un ferry à la Nouvelle-Orléans. Il est alors recruté par une "unité de recherche spéciale" où il découvre que le gouvernement dispose de la capacité d’observer les événements qui se sont déroulés 4 jours et demi auparavant. En cherchant à s’envoyer un message de mise en garde à lui-même, il interfère dans le cours de l’Histoire… À noter une nouvelle fois la présence de Jim Caviezel (Fréquence interdite) dans une histoire de voyage temporel.
  • Monsieur Destinée  : Le personnage principal (James Belushi) se plaint de sa vie sans goût et réfléchit au moment de sa jeunesse qui a marqué un tournant décisif dans sa vie : il aurait pu devenir un grand champion de base-ball si un jour il n’avait pas cligné des yeux au mauvais moment et ainsi loupé la balle. Un soir, dans un bar perdu, un étrange barman lui offre de revenir en arrière et de réussir cette fois sa passe de balle... ce qui modifiera sa carrière et sa vie.
  • Punishment Park  : Film (tourné sous la forme d’un documentaire) américain de Peter Watkins, sorti en 1971, ou il développe les conséquences possibles d’une déclaration d’état d’urgence par le président des États-Unis pendant la guerre du Viêt Nam qui n’a, dans la réalité, jamais été décrétée. Le film met en scène de jeunes militants des droits civiques, féministes, objecteurs de conscience, communistes et anarchistes qui doivent, s’ils ne veulent pas être mis en prison, franchir un désert sur 85 km sans eau ni provisions tout en étant poursuivis par un escadron de policiers armés qui n’auront pour seul but que de les neutraliser, définitivement.

Séries télévisées [modifier]

  • Sliders : au cours de chaque épisode, un groupe passe de Terre parallèle en Terre parallèle; dans chacune, un élément de l’histoire a changé : l’URSS a conquis le monde, les États-Unis sont une monarchie, etc.
  • Sept jours pour agir : un astronaute ("chrononaute") américain revient sept jours en arrière grâce à une caspule temporelle pour régler tous les soucis de son gouvernement.
  • Code Quantum : dans un avenir proche, Sam Beckett, génial physicien, explore le temps malgré lui en prenant la place de différents protagonistes. Il répare les erreurs du passé avec l’aide de son ami holographique Al Calavicci et d’un ordinateur caractériel Ziggy. Sam Beckett se retrouve ainsi à croiser des personnages comme


07/10/2007
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Ces blogs de Sciences pourraient vous intéresser

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 327 autres membres