Science-fiction - Partie 1

 

Science-fiction

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La science-fiction (abrégé en SF) est un genre narratif (principalement littéraire et cinématographique) structuré par des hypothèses sur ce que pourrait être le futur et/ou les univers inconnus (planètes éloignées, mondes parallèles, etc.), en partant des connaissances actuelles (scientifiques, technologiques, ethnologiques, etc.). Il se distingue du fantastique, genre qui inclut une dimension inexplicable, et de la fantasy, qui parle de mondes magiques.

Amazing Stories, premier magazine de science-fiction américain
Amazing Stories, premier magazine de science-fiction américain
Revues de science-fiction espagnoles
Revues de science-fiction espagnoles

Sommaire

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Étymologie et origine [modifier]

Histoire du mot [modifier]

Le terme français « science-fiction » a pour origine le terme anglais «science fiction» qui est apparu pour la première fois en 1851 sous la plume de William Wilson dans un essai intitulé : A Little Earnest Book Upon A Great Old Subject.[1] Mais il ne s'agit que d'un usage isolé.

En janvier 1927, on trouve dans les colonnes du courrier de Amazing Stories la phrase suivante :

« Remember that Jules Verne was a sort of Shakespeare in science fiction. »[2]

L'attribution semble toutefois incertaine : un certain T. O. Sloane ou Hugo Gernsback ?

Ce n'est pourtant qu'en 1929, suite à l'éditorial d'Hugo Gernsback[réf. nécessaire] dans le premier numéro du pulp magazine intitulé Science Wonder Stories, que le terme commence à s'imposer en Amérique du Nord, aussi bien dans les milieux professionnels que chez les lecteurs, remplaçant de facto d'autres vocables alors en usage dans la presse spécialisée comme « scientific romance » ou « scientifiction ».

Dans son essai intitulé On Writing of Speculative Fiction, publié en 1947 dans Of worlds beyond, l'auteur américain Robert A. Heinlein tenta d'imposer un nouveau concept, « speculative fiction »,[3] pour se démarquer des récits de fantasy qui paraissaient encore à l'époque sous l'étiquette générale de science fiction. Si le néologisme de Robert A. Heinlein connut un grand succès jusque dans les années 1960, le terme de science fiction s'est toujours maintenu comme le concept de référence.

Histoire du mot en France [modifier]

Couverture du n°270 (juin 1976) illustrée par Philippe Legendre-Kvater
Couverture du n°270 (juin 1976) illustrée par Philippe Legendre-Kvater

En France, le terme de science-fiction s'impose à partir des années 1950[4] avec pour synonyme et concurrent direct le mot anticipation.

Si le mot anglais original s'écrit science fiction, le mot français s'orthographie avec un tiret : science-fiction. L'abréviation française S.F. est devenue courante à partir des années 1970[4].

Définitions et fonctionnement de la science-fiction [modifier]

Une représentation répandue que l'on trouve dans les dictionnaires[5] dépeint la science-fiction comme un genre narratif qui met en scène des univers où se déroulent des faits impossibles ou non avérés en l’état actuel de la civilisation, des techniques ou de la science, et qui correspondent généralement à des découvertes scientifiques et techniques à venir.

Cette description générale recouvre cependant de nombreux sous-genres, comme la hard science-fiction, qui propose des conjectures plus ou moins rigoureuses à partir des connaissances scientifiques actuelles, les uchronies, qui narrent ce qui se serait passé si un élément du passé avait été différent, le cyberpunk, branché sur les réseaux, le space opera, la speculative fiction, le planet opera, le policier/science-fiction et bien d’autres (voir l'article Thèmes et genres de la science-fiction).

Cette diversité de la science-fiction rend sa définition difficile. Mais, bien qu'il n'existe pas de consensus à propos d'une définition de la science-fiction (presque tous les écrivains ont donné leur propre définition[6]), on admet généralement que certains mécanismes narratifs caractéristiques doivent être présents dans une œuvre pour que l'on puisse la classer dans ce genre. Ainsi, The Cambridge Companion to Science Fiction[7] propose-t-il une synthèse de ces caractéristiques par la formulation de plusieurs réquisits dont l'absence semblerait interdire de parler de science-fiction.

L'expérience de pensée : le récit de science-fiction est toujours un que se passe-t-il si... ? C'est une fiction spéculative qui place les idées au même plan que les personnages.

La distanciation cognitive : le lecteur doit être embarqué dans un monde inhabituel. Philip K. Dick a décrit cet aspect :

« C’est notre monde disloqué par un certain genre d’effort mental de l’auteur, c’est notre monde transformé en ce qu’il n’est pas ou pas encore. Ce monde doit se distinguer au moins d’une façon de celui qui nous est donné, et cette façon doit être suffisante pour permettre des événements qui ne peuvent se produire dans notre société - ou dans aucune société connue présente ou passée. Il doit y avoir une idée cohérente impliquée dans cette dislocation ; c’est-à-dire que la dislocation doit être conceptuelle, et non simplement triviale ou étrange - c’est là l’essence de la science-fiction, une dislocation conceptuelle dans la société en sorte qu’une nouvelle société est produite dans l’esprit de l’auteur, couchée sur le papier, et à partir du papier elle produit un choc convulsif dans l’esprit du lecteur, le choc produit par un trouble de la reconnaissance. Il sait qu’il ne lit pas un texte sur le monde véritable. »[8]

L'activité de compréhension du lecteur : elle fait suite à la distanciation. Le lecteur doit reconstruire un monde imaginaire à partir de connaissances qui ne relèvent ni du merveilleux ni du religieux, mais de théories ou de spéculations scientifiques, même s'il s'agit de connaissances qui violent les principes de nos connaissances actuelles. Ce monde inhabituel n'étant pas donné d'un coup, le lecteur doit se servir pour cela d'élements fournis par l'auteur (objets techniques spécifiques, indices de structures sociales particulières, etc.).

Les références à un bagage culturel commun : le vocabulaire et les thèmes de la science-fiction font parties d'une culture familière au lecteur qui lui permet de s'y reconnaître. On peut comprendre ainsi la définition donnée par Norman Spinrad : « La science fiction, c’est tout ce que les éditeurs publient sous ce nom. ». Un autre écrivain SF connu nous dit : « On dira que c'est de la science fiction lorsque ceux qui lisent de la science fiction disent que c'est de la science fiction. »[réf. nécessaire]

Sous-genres de la science-fiction [modifier]

Article détaillé : Genres de science-fiction.

Hard science-fiction [modifier]

Couverture du Galaxie n°140, par Philippe Legendre-Kvater (janvier 1976)
Couverture du Galaxie n°140, par Philippe Legendre-Kvater (janvier 1976)
Article détaillé : Hard science-fiction.

La hard science fiction, ou « hard SF », se caractérise par une attention particulière à tous les détails du récit qui concernent les sciences et les techniques, comme la physique, l'astrophysique et la chimie. L'expression fut utilisée pour la première fois en 1957 par P. Schuyler Miller dans un compte-rendu de Islands of Space de John W. Campbell, publié dans la revue Astounding Science Fiction.[9] Ce genre est représenté par exemple par les œuvres de Arthur C. Clarke et de Greg Egan.

Voyage dans le temps [modifier]

Article détaillé : Voyage dans le temps.

Le voyage dans le temps peut être un genre à part entière, ou l'un des thèmes d'une œuvre. Ce genre affronte les problèmes liés aux paradoxes temporels, comme le paradoxe du grand-père, mais peut amener à des réflexions sur certains événements historiques lorsque, par exemple, un personnage créé l'histoire qu'il voulait en fait observer, comme dans Voici l'homme de Michael Moorcock. Le classique du genre est La Machine à explorer le temps de H. G. Wells.

Uchronie [modifier]

Article détaillé : Uchronie .

L’uchronie prend comme point de départ une situation historique existante et en modifie l’issue pour ensuite imaginer les différentes conséquences possibles.

Cyberpunk [modifier]

Article détaillé : Cyberpunk.

Le Cyberpunk est sous-genre de la science-fiction décrivant un monde anti-utopique et dont l'origine remonte au début des années 1980.

Space opera [modifier]

Article détaillé : Space opera.

Les récits de space opera ont pour caractéristique commune de se dérouler à une échelle interplanétaire.

Histoire de la science-fiction [modifier]

L'histoire officielle [modifier]

L'histoire de la science-fiction fait l'objet d'une version officielle, qui se ramène en général à des étapes standards : précurseurs, fondateurs, âge d'or, renouveau et diversification. Cette histoire officielle est une simplication qui reflète mal la complexité du genre.[10] Elle peut également occulter le fait que de nombreux aspects de l'histoire de ce genre (comme les raisons sociales, économiques, culturelles de son développement dans tel pays) n'ont pas fait, ou très peu, l'objet d'études approfondies. Les études de la science-fiction en tant que littérature à part entière sont également peu nombreuses.

Les « précurseurs » [modifier]

De même que par un débat sans fin on tente de définir la science-fiction, ses « historiens » ne sont pas toujours d'accord sur les origines du genre, et c'est un poncif de l'histoire officielle de la science-fiction de rechercher dans les écrits les plus anciens les origines de ce genre. Ainsi, pour certains, cela commence très tôt avec les mythes et les religions. Plus prosaïquement, on peut considérer L'Histoire véritable, de Lucien de Samosate, comme le premier ouvrage relevant du genre.[réf. nécessaire] Ses voyages extraordinaires auront une très longue postérité. Mais cette archéologie se heurte à une objection :

« L'erreur de tout historien de la science-fiction est de négliger qu'il ne peut y avoir de science-fiction (même baptisée "anticipation scientifique") tant qu'il n'y a pas de sciences, et même de sciences appliquée. »[11]

D'autres, c'est le cas de Brian Aldiss dans son essai Trillion Year Spree, considèrent que le premier roman de science-fiction n'est autre que le roman Frankenstein de Mary Shelley. C'est du moins le premier ouvrage dans lequel un auteur prétend créer une histoire fantastique qui ne relève pas de la pure fantaisie ou du surnaturel : "The event on which this fiction is founded has been supposed, by Dr. Darwin, and some of the physiological writers of Germany, as not of impossible occurrence."

Parmi les précurseurs supposés ou réels, sont souvent cités :

Les « conjecteurs rationnels » [modifier]

Un train aérien. Illustration de La fin du monde de Camille Flammarion. 1911.
Un train aérien. Illustration de La fin du monde de Camille Flammarion. 1911.

L'histoire officielle de la science-fiction désignent deux pères fondateurs de la science-fiction moderne : Jules Verne (1828-1905) avec De la Terre à la Lune en 1865 ou 20 000 lieues sous les mers en 1870, et H.G. Wells (1866-1946) avec notamment La Machine à explorer le temps (1895), L'Homme invisible (1897) ou La Guerre des mondes (1898). Ces auteurs ne sont cependant que deux auteurs d'une époque qui voit fleurir de nombreux romans d'anticipation scientifique. Cette floraison est favorisée par l'alphabétisation de la fin du XIXe siècle et le développement d'une littérature populaire diffusée par des revues.

  • Edward Everett Hale (1822-1909), dont The Brick Moon (1869) et sa suite Life on the Brick Moon, mettent en scène le premier satellite artificiel ;
  • le capitaine Danrit (1855-1916), qui explora les thèmes du militarisme, de la guerre et du colonialisme à travers le roman d'anticipation : La Guerre de demain (1888-1893), La Guerre au XXe siècle : L'invasion noire (1894);
  • les frères Boex (1856-1940, 1859-1948), qui écrivirent ensemble sous le pseudonyme J.-H. Rosny jusqu'en 1919 (avant de poursuivre leur œuvre séparément sous les noms de J.-H. Rosny aîné et J.-H. Rosny jeune). Ensemble, ils ont livré Les Xipéhuz (1887) et La Mort de la Terre (1910). En 1925, J.-H. Rosny aîné crée le terme astronaute dans son roman Les Navigateurs de l'infini ;
  • Edgar Rice Burroughs (1875-1950) et son héros John Carter dans le Cycle de Mars.
  • Maurice Renard
  • Gustave Le Rouge

L'âge d'or [modifier]

Si la science-fiction a vu le jour en Europe et s’est bien développée en France, en Angleterre et en Allemagne, ce sont les États-Unis, entre 1920 et 1950, qui donneront au genre son âge d'or. Ce déplacement de l'Europe aux États-Unis peut s'expliquer par plusieurs facteurs : d'une part, la presse populaire en Europe est plus exposée à la censure liée aux publications pour la jeunesse ; d'autre part, la littérature, en France particulièrement, est fortement hiérarchisée entre une littérature distinguée et une littérature de masse.[12]

Un autre facteur est l'industrialisation de la presse, qui permet des publications bon marché et à gros tirage. C’est à ce moment que se multiplient les revues spécialisées de science-fiction qui suivent la tradition des pulps (revues populaires de faible qualité et très peu chères). Citons parmi les premières du genre Weird Tales, née en 1923 ; Amazing Stories, née en 1926 ; Wonder Stories, née en 1929 ; Astounding Stories, née en 1930. Aux États-Unis, plus de 30 revues existeront simultanément. L’édition sous forme de livres des textes de science-fiction est plus tardive, et se manifestera plus particulièrement après la Seconde Guerre Mondiale, avec le livre de poche, et dans des pays dont l'industrie favorise ce type de format aux détriments de la revue, comme la France. Elle précède de peu la disparition de nombreuses revues.

Ce support de parution a fortement marqué le genre. Le format et la périodicité ont fait que beaucoup de nouvelles et de courts romans (novellas) ont été écrits. Les œuvres longues n’étaient que le fait des auteurs les plus célèbres et paraissaient par épisodes, ce qui n’était pas sans conséquences sur le texte puisque les auteurs devaient s’y adapter.

De ces premiers magazines spécialisés ont émergé la plupart des principaux écrivains classiques de science-fiction : Howard Phillips Lovecraft, Isaac Asimov, Frank Herbert, Ray Bradbury, Arthur C. Clarke, Frederik Pohl, Robert A. Heinlein, Alfred Bester, A. E. van Vogt, Clifford Donald Simak, etc.

Si cette période voit apparaître les auteurs de référence, les productions habituelles n'en sont pas moins médiocres :

« [...] très vite les magazines se multiplient. Ils visent d'abord un public populaire et sacrifient la qualité littéraire ou même la vraisemblance à la recherche du sensationnel [...]. »[13]


09/05/2008
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