La Planète Ummo

 

Ummo

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Ummo est le nom d'une planète hypothétique qui se trouverait à environ 14,4 années-lumière de la Terre, suivant les « révélations » faites par l'intermédiaire de divers courriers dactylographiés reçus à partir du milieu des années 1960 en grande majorité en Espagne mais également dans d'autres pays. Ces lettres auraient été écrites par des membres d'une civilisation extraterrestre, les « Ummites », se présentant comme les habitants de cette planète.

Il y a eu une certaine couverture médiatique, d'abord en Espagne, puis ensuite dans d'autres pays, comme en France, où le chercheur désormais retraité Jean-Pierre Petit a affirmé avoir décelé les signes d'une intelligence supérieure — extraterrestre — dans certains écrits ummites qu'il dit avoir reçu. L'origine de ces documents reçus par Jean-Pierre Petit fait cependant débat parmi les ufologues, certains y voyant des documents significativement différents des autres documents dits ummites.

L'existence de cette civilisation extraterrestre a été prise au sérieux par certains, mais l'hypothèse la plus simple est que cette histoire est un canular élaboré. Hypothèse qui a ensuite été renforcée par une personne se présentant comme l'auteur des lettres, José Luis Jordán Peña. Cette confession tardive n'a cependant pas convaincu tout le monde.

Sommaire

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Historique [modifier]

Les premières lettres recensées sont celles reçues en 1966 par Fernando Sesma, animateur d’une association espagnole ésotérique « les amis de l'espace » qui réunissait ses membres régulièrement dans un bar dénommé « La ballena allegre » (la baleine joyeuse) à Madrid, Espagne. De nombreux autres destinataires en recevront par la suite dans plusieurs pays, jusqu'en 2004 en France. Parmi les destinataires, on trouve Jean-Pierre Petit, chercheur français au CNRS.

Actuellement plus de 200 lettres (211 semble-t-il) représentant environ 1300 pages de rapports ont été répertoriées. Cependant, si on en croit une lettre de 1988, il devrait y avoir quelques 3850 pages ; les copies ayant été envoyées à de nombreuses personnes, le total serait de 160 000 pages. La dernière lettre répertoriée, considérée comme provenant de la « source », semble être la lettre référencée « NR-20 » du 17 mars 2004 par ummo-sciences, et traite de logique.

Contenu des lettres [modifier]

Des lettres (D57-1 à D57-5) racontent l’arrivée sur Terre entre Dignes et La Javie, le 28 mars 1950 d’un petit groupe de scientifiques ummites chargés d'étudier notre biosphère, l'atmosphère terrestre, ainsi que notre culture à la suite de la découverte « accidentelle » de notre planète par la réception sur Ummo (en 1948) d'un message télégraphique émis entre le 4 et le 8 février 1934 en morse lors d'essais scientifiques par un navire norvégien au large de Terre-Neuve ayant abouti à la première mission d'exploration de la Terre.

Des lettres décrivent également en détail les données scientifiques de leur système planétaire, tel que la gravité, la période de rotation, les dimensions de leur planète, des informations sur leur étoile, etc. Ils expliquent que leur civilisation est plus ancienne que la nôtre, qu'ils possèdent une technologie plus avancée que la nôtre, et que leur morale leur interdit de perturber notre évolution sociale.

Certaines lettres racontent l'étonnement des « Ummites » devant notre société multiculturelle, leur étonnement devant les différents systèmes politiques, la multitude des langues et le désordre social qui règne au sein de notre planète. Plusieurs lettres expliquent les motivations de leur venue et de l’écriture des lettres.

Une quinzaine de lettres décrivent les conditions de vie sur leur planète, avec de nombreuses illustrations : ils nomment la société « réseau social » et expliquent l'importance de ce « réseau », où chaque homme est un « noeud », et où chaque relation correspond à un « arc ». Ils présentent ainsi leur vie quotidienne, leurs habitats, l’utilisation des odeurs, leur réseau de ravitaillement, leur cuisine, le travail, la famille, le jeu, leurs méthodes de déplacement, le sexe dans le couple d’« Ummo », l’éducation, la psychologie, le mariage, les arts, le concept de Dieu, leur histoire, les différentes étapes de gouvernement qu'ils ont connues, et la découverte d’autres planètes habitées. De nombreuses lettres décrivent leur système politique actuel qu'ils considèrent comme socialiste. Le socialisme terrien serait l'ancêtre archaïque de leur socialisme ummite.

Une partie des lettres relève de la philosophie. Les thèmes philosophiques abordés comprennent la morale, l’indéterminisme, le libre arbitre de l’être humain, la condition humaine, la finalité de l’être, l’âme et l’inconscient collectif. De nombreuses lettres décrivent également leur point de vue sur notre société et traitent de quelques problèmes qu'« ils » y identifient, comme l’avortement, l’oppression de la femme par l’homme, ou encore les lacunes de nos systèmes éducatifs et politiques. Le concept de Dieu est souvent présent, et plusieurs lettres y sont entièrement consacrées. Leur spiritualité aurait des similitudes avec la religion catholique : les lettres font référence à un messie, UMMOWOA, dont la vie extrêmement similaire à celle de Jésus de Nazareth, qui aurait été l'élément découvert sur la Terre ayant le plus étonné les ummites.

De nombreux sujets scientifiques sont abordés en détail, notamment le concept de l’espace, avec des considérations sur les « plis de l’espace », le « cosmos décadimensionnel », l’« anticosmos », le « cosmos gémellaire », la théorie du champ unifié (les IBOZOO UU, qui représentent pour eux la véritable structure de l'espace physique), la biologie et la théorie d'une évolution « organisée » (les bases biogénétiques du cosmos), et le concept du temps. D'autres lettres développent la « logique tétravalente ».

Parmi les affirmations sur des sujets scientifiques formulés au long des différents rapports on trouve en particulier :

  • La présence de 86 paires d’atomes de krypton en extrémité des chaines d’ADN de tous les êtres vivants. Le krypton, gaz rare, est peu abondant sur Terre, et ne se combine pas avec d'autres atomes dans les conditions habituelles de température et de pression (comme tous les autres gaz de la colonne de droite du tableau périodique), mais peut néanmoins être « encagé » dans des chaines protéiniques.
  • la découverte sur Mars de végétaux unicellulaires et pluricellulaires simples.
  • la fréquence des impulsions d’activation des centres nerveux situés dans le plexus choroïdien de 10368 Hz.
  • etc.

D’autres sujets scientifiques plus isolés sont aussi abordés, comme la technologie spatiale, l’électrophotographie, les moteurs, l'informatique et la métrologie (altimètres et gravimètres de « leur planète »).

Les informations parfois contradictoires concernant la distance entre la Terre et IUMMA (nom donné à l'étoile autour de laquelle orbiterait UMMO) sont souvent mises en avant par les sceptiques. Une lettre (D41-1, probablement reçue le 14 janvier 1966[1]) évalue la distance entre les foyers respectifs des systèmes stellaires à 3,68502 al le 4 janvier 1955. Une autre lettre datée du 18 Mars 1966 (D32)[2] précise que l'étoile autour de laquelle graviterait UMMO est peut-être WOLF 424 (Extrait: « Nous ne sommes pas sûrs qu'il s'agisse de la même étoile, même si les caractéristiques et la position enregistrées par quelques observatoires terrestres coïncident d'une manière surprenante avec nos propres données »). Or cette distance coïncide avec celle mesurée par le laboratoire de Yerkes en 1938 (3,6 à 3,8 al) pour WOLF 424, bien que Yerkes avait rectifié à 14,4 al dès 1952. Certains sceptiques considèrent cela comme une erreur de recherche du faussaire.

En fait, des lettres postérieures précisent que la distance de l'ordre de 3,68 al est la distance « réelle » tandis que celle de l'ordre de 14 al est celle qu'on trouve en allant d'un foyer à l'autre en se cantonnant à l'espace tridimensionnel (la seule distance ayant un sens pour les astronomes terriens). L'ordre des lettres étant assez controversé, il est même possible qu'au moins une lettre précisant la dualité des distances soit antérieure à celle indiquant la distance de 3,68.[3]

À noter que les distances sont toujours données avec plus de chiffres significatifs que les instruments de mesure terriens ne pourraient en donner. La distance "réelle" donnée est toujours de l'ordre de 3,68, mais les chiffres suivants varient. Les explications des lettres précisent en effet que si la distance apparente entre les deux étoiles est fixe, la distance réelle est fonction de phénomènes gravitationnels. La lettre D21 précise même que l'espace dans lequel les distances "réelles" se parcourent est décadimensionnel.[4][5]

Si les partisans de l'origine extraterrestre se satisfont de l'explication par un espace à plus de trois dimensions, les sceptiques trouvent suspecte la coïncidence entre la mesure ummite de la distance dans l'univers pluridimensionnel et la distance erronée antérieure à 1952. Une autre lettre (D36, de juin 1966) précise que nos instruments sont gênés par un nuage de poussières cosmiques à 3,682 parsec, coïncidence également suspecte aux yeux des sceptiques, car on retrouve ce chiffre de 3,68 (et l'usage du parsec comme unité est très rare dans ces lettres).

À titre d'exemple [modifier]

Voici à titre d’exemple l’introduction de la première lettre envoyée à Mr Manuel Campo en 1967, dont l’original est en espagnol.

Monsieur,

Nous sommes conscients de la transcendance de ce que nous allons vous dire. Nous sommes conscients qu‘une affirmation de ce type n’est d’habitude formulée que par un farceur, un perturbé mental aux idées délirantes, ou par quelque journaliste ou publicitaire, afin d’exploiter l’information à son propre profit.

Quand une nouvelle sort du cadre normal de vraisemblance, et qu’il manque des moyens ou des éléments de jugement pour vérifier sa réalité, tout esprit équilibré et intelligent à le droit, et doit adopter une attitude sceptique ou de méfiance. « On ne doit pas accepter le simple témoignage encore moins, comme dans le cas présent, quand son origine est inconnue et donc suspecte de supercherie ».

Quand à nous, il est évident que ce que nous allons dire est certain. Mais nous ne pouvons vous demander en toute logique de croire une information aussi fantastique. « Nous admettons qu’à votre place nous réagirions de la même façon ».

Par contre, l’attitude de celui qui tolère « A PRIORI » une quelconque version est admissible, si ensuite il analyse soigneusement et sans passion afin de rechercher la vérité. En fait tous les chercheurs de la planète TERRE ont suivi ce critère.

Si des concepts qui HIER semblaient fantastiques et absurdes n’avaient pas été analysés par les spécialistes compétents, seriez-vous à l’heure actuelle au même stade culturel que connaît la Terre?

Mais si de tels concepts sont faux, si de telles versions sont frauduleuses, et s’il s’agit uniquement d’impostures habiles, LA VÉRITÉ doit se faire jour en démasquant le farceur, le paranoïaque ou l’imposteur qui prétend les faire passer sous l’étiquette des SCIENTIFIQUES.

Nous avons suffisamment étudié votre Histoire pour remarquer l’immense nombre de faux prophètes, d‘esprits paranoïaques, qui à leur profit exploitèrent la crédulité ingénue des scientifiques de bonne foi.

Nous avons vu comment la Science a dû lutter contre les formes nébuleuses de superstition, d’astrologie, de théosophie, de spiritisme et de radiesthésie. Et même si elles avaient quelques principes valables et susceptibles d’être étudiés, dans l’ensemble elles présentèrent une accumulation d’affirmations gratuites, de raisonnements analogiques absurdes, de pétitions de principes totalement inacceptables pour un esprit équilibré.

Ces dernières années, à cause de l’apparition dans l’atmosphère terrestre des U.F.O., O.V.N.I. ou SOUCOUPES VOLANTES, la fantaisie des Hommes de la Terre a augmenté avec la multiplication dans la presse de fausses nouvelles concernant ces phénomènes et, ce qui est plus grave, l’apparition dans de nombreux pays d’individus (…) qui juraient avoir eu des relations avec des être originaires d’autres planètes.

Ces sujets, et la crédulité initiale des masses qui acceptaient ces versions absurdes, ont discrédité totalement les études sérieuses qui étaient l’œuvre de départements techniques officiels de certains gouvernements.

Conscients donc que de telles versions ont créé un climat logique de méfiance, il n’est pas étonnant que se produise une répétition de ce petit conte populaire de la Terre concernant le berger et le loup. Pour ces raisons nous sommes parfaitement conscients du fait que nous n’allons pas être crus en ce qui concerne la révélation que nous vous exposons maintenant.

Nous répétons que notre objectif principal n’est pas d’être crus, sans l’apport d’autres preuves que ces documents que nous allons vous envoyer. Ceci ne veut pas dire qu’ils ne constituent pas de véritables arguments et preuves de notre identité, comme nous l’avons déjà fait aux États-Unis, Angleterre et ici même en Espagne avec une autre personne. En fait d’autres pays nous connaissent aussi. L’Australie, l’Allemagne et l’Union Soviétique sont en train de recevoir en ce moment nos rapports, qui sont destinés à d’éminents Hommes de Science. Et tout en reconnaissant qu’un grand nombre d’entre eux ont déchiré nos lettres en croyant logiquement qu’elles étaient l’œuvre de farceurs ou de perturbés mentaux, dans certains cas, l’écrasante collection de données scientifiques véritables que nous avons soumise a fini par convaincre de nombreuses personnes qu’au fond il y avait, pourrions-nous dire, quelque fond de vérité.

Avec ces gens, les relations ont continué, et si tous étaient réticents ou méfiants, ils ont finalement mesuré objectivement l‘étrange situation sans écarter du tout l’hypothèse de notre « supposée » identité.

Pour cela nous vous demandons de lire soigneusement ce que nous allons vous dire : si vous le faites au début par simple curiosité cela n’a pas d’importance, et si vous écartiez totalement l’idoinéité de nos affirmations apparemment fantastiques; nous ne sommes pas assez ingénus pour attendre d’être crus.

De plus, il y a une seconde raison qui peut vous paraître paradoxale et que nous vous expliquerons le moment opportun. Nous ne désirons pas que les masses prennent conscience de notre existence. Et nous avons de puissants motifs qui justifient notre attitude.

Jusqu’à maintenant et sauf en de rares occasions, nos contacts se sont réduits à des Hommes de Science (des purs chercheurs et quelques ingénieurs) à qui nous avons apporté des éléments sur la physique, la biologie et la psychologie, éléments qui étaient intéressants pour eux, ainsi que quelques procédés techniques d’applications industrielles qui, comme par exemple dans un cas concret (…) furent acceptés et brevetés avec surprise en croyant qu’ils provenaient de quelque scientifique excentrique et original.

Il y a donc des raisons qui nous poussent à nous présenter à vous, faisant partie de ce groupe réduit de personnes qui, avec plus ou moins de formation intellectuelle, s’est préoccupé dans tout le monde de ce problème des U.F.O..

Hypothèses sur les auteurs [modifier]

De nombreuses hypothèses sur les auteurs ont été émises:

  • Les ummites.
  • Les services d’espionnage : le KGB (thèse de Velasco) ou la CIA. Leurs motivations et objectifs resteraient obscurs.
  • Une ou plusieurs sectes mais les rapports ne font nullement appel à des manifestations de culte ou de vénération, ni d'appel financier.
  • José Luis Jordán Peña (qui aurait initié le phénomène, avant d'être imité par la suite par d'autres auteurs).

Les organisations de sceptiques considèrent que des lettres tapées à la machine et envoyées par la poste ne peuvent être en aucun cas considérées comme des preuves en faveurs de l'HET. Le consensus parmi les auteurs travaillant dans le cadre du modèle sociopsychologique du phénomène ovni est que les lettres sont des contrefaçons plus ou moins élaborées. De leur côté, les sceptiques émettent l'hypothèse que José Luis Jordán Peña est à l'origine des premières lettres[6] et que les faussaires ultérieurs se sont basés sur celles-ci comme modèle afin d'étendre le mythe[7]. Le sceptique ayant le plus travaillé sur l'affaire Ummo en français est Dominique Caudron.

Pour d'autres auteurs, défendant l'hypothèse extraterrestre, certaines informations contenues dans les lettres sont en avance sur les connaissances scientifiques terrestres. Parmi eux, Jean-Pierre Petit prétend qu'il a fait des avancées dans le domaine de la propulsion MHD à partir d'informations contenues dans les textes (bien que la MHD ne soit jamais citée dans les lettres ummites).

En 1992, José Luis Jordán Peña a revendiqué devant des policiers les détails de la fraude qu'il aurait menée à bien pendant presque 30 ans : il voulait inspirer avec ce phonosymbolisme la fausseté de son contenu :

« UMMO » évoque la fumée [8]. J'ai choisi au hasard l'étoile Wolf-424. Puisque mon objectif réel n'était pas de développer un monde extraplanétaire crédible. [...] Je me souviens que je rédigeais les rapports les samedis et dimanches après-midi, et je profitais de mes voyages en France, en Angleterre, etc. ou ceux d'amis, pour envoyer depuis là-bas les lettres. [...] Nous utilisons la maquette accrochée à un fil de nylon très mince. Je me rappelle que nous utilisons une vitesse très rapide 1/1000 pour que la soucoupe et le fond de la photo sortent plus ou moins à la même focalisation, et que la soucoupe paraisse plus grande. Le plus incroyable, c'est que j'en suis arrivé à interviewer des gens qui disaient avoir vu la soucoupe, mais qui n'étaient pas payés par moi. [...] J'ai commencé à m'indigner en voyant que la secte Edelweis marquait au fer rouge des enfants innocents avec mon symbole. Et j'ai ensuite reçu une invitation anonyme de Cuba, pour assister à je ne sais quelle réunion ummite chez Farriols, donc j'ai décidé de cesser l'expérience qui avait duré 25 années. [...] Je me repens d'avoir créé une expérience, que je considère immorale, qui s'est retournée contre moi. »

Implication de Jean-Pierre Petit [modifier]

En 1974, Jean-Pierre Petit prend connaissance de l'existence de ces lettres. Dans son ouvrage Enquête sur les extraterrestres qui sont déjà parmi nous[9], il défend l'idée qu'il y a bien des extraterrestres qui vivent déjà sur notre planète. En 1991, il prétend dans son ouvrage Le mystère des Ummites: Une science venue d'une autre planète?[10], que les sujets scientifiques abordés dans les lettres Ummites sont totalement novateurs et l'ont directement inspiré dans ses recherches en cosmologie et en magnétohydrodynamique. Enfin, dans un ouvrage encore plus récent[11], Jean-Pierre Petit écrit qu'il a fait partie un temps des destinataires des lettres Ummites.

Néanmoins, certaines lettres que Jean-Pierre Petit dit avoir reçues n'ont jamais été vues par qui que ce soit, par exemple l'une dénommée NEF-93 et « signée » par « OAXIIBOO 6 fils de IRAA 3 » (lettre classée H28). Le site ummo-sciences.org est le théâtre d'un débat sur [1] la possibilité que les lettres soient des « faux de faux ». Dans un article scientifique de 1995, Petit remercie un « Professor Oaxiiboo F » pour son aide [12].

Analyse du langage ummite [modifier]

En juin 2003, « Jean Pollion » (pseudonyme) publie un livre intitulé Ummo, de vrais extraterrestres (éditions Aldane, Suisse) dans lequel il analyse le langage et la pensée ummites. Selon lui ce peuple se désigne lui-même par le vocable francisé « Oummain » en raison du terme « oum-mo » qui désigne leur planète. Ils sont connus en Espagne sous le nom d'« Ummitas » qui fut francisé en « Ummites ».

Certains ont trouvé l'affirmation de Pollion quelque peu étrange, « puisque les vocables ummites sont déjà traduits dans les lettres » ; il aurait donc « réussi à traduire quelque chose de déjà traduit.

L'ouvrage a eu un écho important dans la communauté ufologique, malgré les critiques que celui-ci a aussi suscité. M. Pollion prétend que chacun des 17 sons de base, représenté par une lettre d'un quelconque vocable ummo a un sens. Il forge la notion de « soncept » (un son = un concept) et estime que c'est la combinaison des lettres qui permet de découvrir le sens authentique du mot. Ce « langage » sans grammaire ne demanderait pas de dictionnaire pour être compris ou utilisé : dans chaque mot est comprise la définition fonctionnelle de ce que ce mot prétend désigner. D'après lui, c'est la volonté de trouver dans ces mots une logique « terrienne » de fonctionnement qui a empêché sa compréhension. Il estime un total de 1692 « vocables » (en incluant tous ceux qui n'ont pas une orthographe strictement identique) et plus de 500 expressions d'au moins deux vocables.

La lettre NR-19 adressée à André-Jacques Holbecq a été perçue comme illustrant le manque de fiabilité du « système idéophonémique » et comme une preuve qu'il ne s'agit que d'un artéfact projeté par Pollion sur les vocables ummites. Pollion identifie la NR-19 comme « authentique », et prétend que les mots de la lettre sont cohérents avec son système de traduction. Peu après, un faussaire anonyme revendique la paternité de la lettre [13].

Le travail de Pollion tend à vouloir démontrer que le fonctionnement du langage ummite n'a rien à voir avec la structure de toutes les langues terriennes, existantes ou même inventées.

Voici quelques mots du "langage" ummite présent dans les lettres :

  • OEMII - corps humanoïde (tant sur Terre que partout ailleurs)
  • WAAM - univers
  • OOYAGAA - Terre (littéralement "la planète du carré" en référence au code Morse qu'ils ont intercepté)
  • WOA - leur définition de dieu, ou plutôt "générateur d'âme"
  • BUAWAA - âme
  • UMMOWOA - messie d'Ummo (Jésus est donc notre OYAGAAWOA)
  • AIOOYA OEMII - l'homme existe
  • AIOOYA AMMIE WOA - dieu existe
  • AIOOYA AMMIE BUAWAA - l'âme existe

Voici deux exemples de traduction selon la "méthode Pollion":

BUAWUAA

Ce vocable apparait deux fois.

Exemple de définition de ce mot dans une lettre: « le BUAWUAA (Âme) n'est pas capable de traiter des données, de penser, d'élaborer de l'information, mais uniquement de CONSERVER, d'engrammer (greffée dans un WAAM sans "dimension") ».

Traduction de Pollion : Le segment BUA évoque « contributions (B) obligatoires, nécessaires (UA) », c'est-à-dire « contributions nécessaires ». Le segment WUAA exprime « variations, changements, évènements, nouveauté, information (W) obligatoire, nécessaire (UA), vérité, action, effectivité (A) », c'est-à-dire « les informations effectivement nécessaires ». Le vocable complet désigne « les informations effectivement nécessaires en contribution obligatoire ».

BUAUAA

Ce vocable apparaît onze fois.

Exemple de définition de ce mot dans une lettre: « Dans une première interprétation linguistique, le phénomène BUAUAA et l'entité ou facteur ontologique qu'il tente de représenter ou de codifier pourrait être traduit en langue de la TERRE comme: AME; ESPRIT; PSYCHÉ ou MOTEUR VITAL »,

Traduction de Pollion : La répétition du segment UA en UAUA invite à la lecture « plurielle de UA », qui exprime « obligatoire, nécessaire ». Le soncept B exprime « contribution, participation ». Le soncept A final exprime « vérité, action, effectivité ». Le vocable complet désigne « contributions effectivement obligatoires et multiples ».


En 2004, l’analyste Denocla publie sur son site un ouvrage «Oummo : Le premier langage extraterrestre décodé» qui présente les conclusions d’un travail d’analyse sémantique sur une base de données de 7503 entrées de vocables ummites.

Denocla, qui avait détecté la supercherie de la NR19, ainsi qu'un autre analyste, « NPrénom », contredisent complètement les prétentions du système idéophonémique de Pollion [14].

Denocla affirme que la structure des « mots » est nettement plus complexe que ce pensait Pollion. Les vocables présenteraient une structure hiérarchique imbriquée, basée sur des concepts strictement phonétiques.

Contrairement à Pollion, Denocla met au point une méthode systématique de décodage de la structure hiérarchique imbriquée qu’il pense avoir découverte.

A partir 7503 entrées de vocables, Denocla obtient 305 vocables phonétiques signifiants. Là où Pollion trouvait une polysémie due à « l’orthographe » de multiples « mots », l’analyste Denocla obtient un vocable unique.

Exemples de traduction selon la "méthode Denocla" :

On trouve dans les documents Oummains 25 ‘syntaxes’ ou ‘orthographes’ différentes : BUAAWA, BUAAWAA, BUAUAA, BUAUAAA, BUAUUAA, BUAWA, BUAWAA, BUAWAAA, BUAWUA, Buawuaa, BUAWUUA, BUAWWA, BUAWWAA, BUUAUA, BUUAUAA, BUUAUUA, BUUAUUA, BUUAUUAA, BUUAWA, BUUAWAA, BUUAWAAA, BUUAWUA, BUUAWUAA, BUUAWWA et BOUAWA en français.

Le phonème « bouawa » en langue française peut être transcrit par la forme syntaxique imbriquée : B[U[A[WA].

Références dans les documents :

D105 :« Dans une première interprétation linguistique le phonème BUAUAA et l’entité ou facteur ontologique qui tente de le représenter ou de le codifier pourrait se traduire dans la langue de la TERRE par : ÂME, ESPRIT, PSYCHÉ ou MOTEUR VITAL.

NR20 (français) : « notre BOUAWA (âme) »

Suivant la méthode de transcription : (B) L’interconnexion « a » [ (U) dépendance « a » [(A) déplacement « a » [(W) génération « a » (A) déplacement] On a donc pour BUAWA la traduction :

* L’interconnexion dépend du mouvement générateur

Plus simplement : Interconnexion génératrice qui évoque étonnament l'idée du "MOTEUR VITAL".

Autre exemple, suivant les indications des Oummains, la racine phonétique du phonème « ou »-« é »-« oi » désigne le concept : « UEWAA = véhicule, vaisseau »;

Nous avons donc les syntaxes suivantes :

  • FRA OUEWA
  • ESP UEWA
  • ESP UEUA
  • ITAL UEUAA
  • ESP UEWA
  • ESP UEWAA
  • ESP UEWUA
  • ESP OMWEA

La syntaxe OMWEA est une distorsion syntaxique due au fait que le phonème a été entendu et écrit « omwéa » au lieu de « ouwéa ». Compte tenu de la lettre D 84 en français, la syntaxe signifiante retenue est pour l’analyse de la structure imbriquée est U[E[WA].

La transcription suivant la méthode : (U) dépendance « a » [(E) concept « a » [(W) génération « a » (A) déplacement]

  • Dépend du (concept de la génération d’un déplacement)

Autrement dit : Véhicule

Notons que si ce vocable avait été construit par hasard avec les 17 concepts primaires, la probabilité d’obtenir cette combinaison est de :

1 / 17^5 = 1 / (1,4 x 10^6) = 1 / 1,4 millions


Notes et références [modifier]

  1. http://www.ummo-sciences.org/fr/D41-1.htm
  2. http://www.ummo-sciences.org/fr/D32.htm
  3. http://www.ummo-sciences.org/fr/D60.htm
  4. http://www.ummo-sciences.org/fr/D21.htm
  5. Ce qui coïncide d'ailleurs avec certaines théories des supercordes.
  6. OVNI présence, SPECIAL UMMO , n° 47, mai 1992
  7. Voir par exemple l'article critique sur l'affaire Ummo : Abrassart, J.-M. (2006). « l'affaire Ummo : Une révélation religieuse ? ». Les Mystères de l’Est, n°10, p. 87-93.
  8. Humo en espagnol
  9. J.P.Petit Enquête sur les extraterrestres qui sont déjà parmi nous (ISBN 2226055150)
  10. J.P.Petit, Le mystère des Ummites: Une science venue d'une autre planète?, (ISBN 2226078452)
  11. J.P.Petit, Ovnis et armes secrètes américaines : L'extraordinaire témoignage d'un scientifique, (ISBN 2253114944)
  12. Twin Universe Cosmology : (Astronomy and Space Science 226 : 273-307, 1995 ) : « The author thanks Professor Oaxiiboo F for useful suggestions and critic »
  13. http://www.jp-petit.com/science/UMMO/NR-19.htm (version archivée)
  14. http://www.ummo-sciences.org/activ/science/langue/index.htm

Bibliographie [modifier]

En Français

En espagnol

  • A la Búsqueda de un mecanismo evolutivo inteligente, Vicenç Solé i Ferré, 2003. (ISBN 84-933294-2-8)
  • UMMO informa a la Tierra, Antonio Ribera, Plaza & Janes, 1987. (ISBN 84-01-39025-7)
  • UMMO : la increible verdad, Antonio Ribera, Plaza & Janes, mai 1985. (ISBN 84-01-47201-6)
  • El pluricosmos, Juan Dominguez Montes, éditions Libreria Agora S.A., 1983. (ISBN 84-85698-14-2)
  • EL hombre, El cosmos y Dios, Rafael Farriols, D'Arbo Productions, S.L. Collection : La punta del Iceberg. (ISBN 84-605-8814-9)
  • Mirando a la lejania del universo, Père Enrique Lopez Guerrero, Plaza & Janes S.A., 1978

Liens internes [modifier]

Liens externes [modifier]

Récupérée de « http://fr.wikipedia.org/wiki/Ummo »


10/11/2007
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