L'observation de l'île de la Trinité (1958) : Une VRAIE PHOTO d'OVNI

 

L'observation de l'île de la Trinité (1958)

http://rr0.org/science/crypto/ufo/enquete/dossier/Trinidad/

http://ufologie.net/htm/trindade58f.htm

 

Un agrandissement amélioré de l'OVNI. Agrandissement
Un autres agrandissement amélioré de l'OVNI. Agrandissement
L'une des photographies par Almiro Barauna. Photograph
Une autre photographies par Almiro Barauna. Photograph

 

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Un cas photographique exceptionnel par l'incapacité à prouver un faux, le nombre et la qualité des témoins. Un débat subsiste toutefois sur ces derniers, difficiles à trouver hormis les proches du photographe.


L'Ile de la Trinité ou de Trinidad appartient au Brésil. Située à 20° 30' latitude sud et 29° 20’ longitude ouest au large de la côte brésilienne à près de 1 millier de km de Rio de Janeiro), c'est un rocher désert de l'Atlantique Sud ayant servi de base sous-marine américaine durant la 2nde guerre Mondiale.

Premières observations

Il sert maintenant d'observatoire météo, et une station océanographique (Posto Oceânico da Ilha da Trindade, ou POIT) s'y est développée suite à l'IGY. Le capitaine de corvette Carlos Alberto Ferreira Bacelar, responsable de ces installations sur l'île.

Par 2 fois, Bacelar a cependant vu un ovni au-dessus de l'île, notamment une fois au théodolite le 6 janvier 1958.

Quelques jours avant l'arrivée de Almirante Saldhana l'ovni a été photographié par un des témoins, un sergent de la Marine. L'homme prenait des photos sur l'île avec un appareil (box camera) lorsqu'il repéra l'ovni se déplaçant dans le ciel. Il prit un cliché avant qu'il ne disparaisse. Le négatif fut immédiatement demandé par le commandant Bacelar et le film fut développé le même jour.

L'image aurait montré un objet apparemment identique à celui sur les photographies de Barauna (nié par Bacelar) [1].

Arrivée de l'Almirante Saldanha

Le 14 Janvier, le voilier hydrographe brésilien Almirante Saldanha mouille aux abord de l'île pour effectuer des mesures et relevés dans le cadre de l'IGY.

 

Parmi les 300 personnes à bord se trouve une équipe civile de plongée sous-marine, invitée pour collecter des espèces rares de poissons non trouvées sur la côte. Parmi eux :

  • Almiro Baraúna, photographe professionnel doté de son Barasub, une boîte étanche qu'il a mis au point pour la photographie sous-marine
  • Amilar Vieira Filho, chef de l'équipe, avocat. Ami de Baraúna
  • José Teobaldo Viegas, moniteur du Club Aéronautique de Niteroi et capitaine de réserve de l'armée de l'air brésilienne (témoin). Industriel et ami de Baraúna
  • Mauro Andrade, cadre de la Banque de Londres d'Amérique du Sud.
  • Aloísio, employé municipal au district fédéral

Cible radar


Le 15 janvier, vers 12 h, le radar du navire détecte une cible radar non identifiée. Pensant à un défaut du radar, l'homme de quart effectue une vérification de l'appareillage, qui fonctionne normalement.

L'observation

Le 16 janvier, après avoir réalisé l'ensemble de leurs missions jusqu'en fin de matinée, l'équipe de plongée rentre sur l'Almirante Saldanha. Baraúna ne se sent pas très bien. Il a mal à la tête et a la nausée. Il s'allonge sur le pont.

Se trouve sur le pont, ainsi que :

  • Mauro Freitas
  • le capitaine-1er lieutenant Homero Ribeiro, dentiste du navire (témoin), attiré par l'agitation des témoins de l'observation
  • l'équipe de géologie venu faire des relevés topographiques de l'île :
  • José dos Santos Saldanha da Gama, commandant du navire
  • journalistes (témoins) dont :
    • un journaliste du Jornal do Brazil
    • Farias de Azevedo, photographe
  • Bacelar, commandant du poste océanographique de la Marine sur l'île
  • marins (témoins)
  • le lieutenant Homero Ribeiro (témoin d'après Baraúna)
  • Cdr. Paulo de Castro Moreira da Silva du Navy Hydrographic and Navigation Service

le géologue et ses 2 assistants ont quitté le navire et se sont rendus sur l'île.

Peu après 12 h, d'autres membres de l'équipe s'apprêtent à monter sur un bateau à moteur pour rejoindre l'île. Baraúna se trouve à la poupe du navire, en train de photographier la remontée de ce dernier, quand il entend Heho un disque ! Le capitaine Viegas, sur le pont, ainsi que plusieurs scientifiques et membres de l'équipage, viennent de voir un objet en forme de Saturne arriver de l'Est. Viegas court chercher Baraúna qui est dans l'entrepont, et lui dit de prendre son appareil pour venir photographier un disque volant : Apporte l'appareil, apporte l'appareil. Plus tard Baraúna racontera : J'ai pris le Roleiflex près de moi (malheureusement le Leica avec téléobjectif était loin, dans la cabine). Tous montrent dans le ciel un objet brillant qui s'approche.

Baraúna raconte :

Cela m'a prit près de 30 s pour voir l'object. Sa lueur semblait ou ressemblait aux rayons du Soleil sur un pare-prise. Je l'ai alors remarqué se détachant sur le fond nuageux. J'ai pris les 3 premières photos. A ce moment, envoyant une lumière à haute vitesse le disque a disparu derrière le Pic Desejado. 2 s plus tard, cependant, il est réapparu volant horizontalement et très bas. Il s'est arrêté environ 5 s au-dessus de la ligne d'horizon et a disparu à nouveau. J'étais si excité que j'ai raté les photos suivantes.

 

Celui-ci prend son appareil, saute sur le pont, et parvient à prendre plusieurs clichés. A la hauteur du pic, l'objet fait un virage brutal et repart en direction Est-Nord-Est. 6 photos sont prises. Le photographe Farias de Azevedo plus éloigné (...) n'est pas arrivé à temps pour prendre des photos [3].

Maura Andrade lui, n'a rien vu : Je n'ai pas été témoin de l'observation car j'étais à l'intérieur du navire, pas sur le pont[4].

Paulo Moreira da Silva, lui, a vu : L'objet vu dans le ciel de Trindade n'était pas un ballon météo ni un missile guidé américain [ni un avion, ni une mouette][5]

L'observation n'a pas duré plus de 14 secondes. Durant celle-ci, tous les appareils électriques du navire étaient hors service, les ampoules électriques ont faibli, et la radio n'avait plus de signal.

Egalement à bord mais pas sur le pont, Bacelar, déclarera : Je n'ai pas été témoin de l'événement car j'étais dans ma cabine à ce moment-là[6]. Il dira : J'ai été appelé sur le pont immédiatement après l'événement. Le fait causa une excitation naturelle et la la course des gens vers le pont du navire, attirés par les cris de ceux qui voyaient l'objet.

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En tout, 48 personnes auraient vu l'objet [7] (Lorenzen parlera de 150) en 2 groupes (proue, poupe). Une grande émotion est constatée chez eux, y compris Baraúna, les civils et les membres de l'équipage, certains tremblant encore, et ayant du mal à se remettre.

Développement

Le capitaine demande Barauna s'il a pu photographier l'objet. Barauna dit avoir pris des photos, mais sans savoir s'il a pu enregistrer la présence de l'ovni. On demande si Barauna peut développer le film à bord, le navire disposant d'un labo photo, mais qui n'a pas servi depuis longtemps. Barauna y trouve divers produits chimiques plus vraiment utilisables, mais aussi du méthanol et de la sulfite. Il décide alors de développer les photos, remplaçant l'acide acétique par du vinaigre. Il doit aussi réparer le bac de révélation [8].

1 h après l'observation, Baraúna développe donc la pellicule de l'appareil devant Bacelar et d'autres officiers. Toujours accompagné de Bacelar, il y entre en short et maillot de corps pour éviter toute possibilité de fraude, accompagné de Viegas, qui tient une lampe électrique sur laquelle est appliquée un cellophane vert. Les chances de brûler les photographies sont grandes : Barauna ne prend pas le temps de réguler le diaphragme de la machine avant de battre et le film est exposé à trop de lumière. A côté d'eux, Bacelar et d'autres militaires, attendant avec anxiété, certains avec une loupe, prêts à examiner les détails [9]. Le développement prend 10 mn.

Les négatifs sont alors montrés aux membres de l'équipage, à commencer par Bacelar. Quand Barauna semble déçu et dit ne rien voir, Bacelar lui montre l'ovni. Les autres témoins reconnaissent aussi l'objet sur les photos comme celui qu'il ont vu en vol. Cependant les photos 4 et 5 ne montrent que la mer et l'île avec l'horizon (Baraúna déclarera avoir été bousculé et que l'objet allait trop vite).

Retour

Le navire quitte Trindade. Au souper, le commandant du navire révèle a Barauna que 3 autres observations ont été faites récemment sur l'île, dont une où Bacelar a été témoin direct. En particulier, il lui indique qu'il ne pourra divulguer les photos qu'après avoir déposé auprès de la Marine.

Le navire arrive à Vitória (état de Espirito Santo), où il doit rester 2 jours. Baraúna demande alors l'autorisation de rentrer toute de suite en bus, avec son équipe. Autorisation accordée, à condition de ne rien divulguer de l'affaire avant la fin de l'enquête que va mener la Marine. A l'aube, ils sont déjà de retour à Niterói (Rio de Janeiro).

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Baraúna qui a conservé les négatifs s'essaie à une manipulation pour amoindrir leur surexposition. Cette opération de "lavage" peut être dangereuse pour les négatifs, et Baraúna commence par la photo où l'objet est le plus éloigné, un peu au-dessus de l'horizon. Le résultat est positif et l'image a gagné en clarté. Il applique alors la technique sur les autres photos, puis sort des aggrandissements [10].

Le 21 janvier, le navire repart pour l'IGY et rentre à Rio de Janeiro.

Analyses photographiques

2 jours après l'arrivée de l'Almirante Saldanha à Rio, Bacelar arrive chez Baraúna. Il veut voir les aggrandissements faits à partir des négatifs et demande s'il peut les transmettre aux autorités navales. 2 jours plus tard, les négatifs sont retournés avec remerciements.

On demande également à Baraúna de se présenter au Ministère de la Marine, à Rio, dès que possible. Là-bas il est interrogé de 8 h à 16 h, et on lui demande à nouveau à voir les négatifs : à partir de celui de la 3ème photo - le meilleur - ils appliquent une technique permettant de produire une image en 3 dimensions, permettant ainsi de déterminer la distance entre l'objet photographié et le photographe. L'étude est faite en présence de Baraúna et celui-ci est informé du résultat : l'objet aurait été à une distance de 14 km du navire [11].

Barauna sera rappelé à nouveau au Ministère. Là, les négatifs lui sont confisqués, et Baraúna remarque que, à leur retour, les bords ont été abîmés. En fait la Marine les a envoyés pour analyse au service photogramétrique du journal Cruzeiro do Sul, où ont été faites des études sur la texture et le grain du film. Aucun signe de trucage n'est décelé. La marine entend un total de 48 témoins, dont des marins, aides, sergents, 3 officiers et l'amiral Pablo Moreira Da Silva. Lors d'une réunion où Barauna est présent, un grand nombre de photos sont déposées sur la table, venant d'autres pays, appartenant à la Marine, mélangées à celles prises par Barauna. Les témoins, y compris Moreira Da Silva, sont invités à identifier les photos de l'observation de Trindade parmis toutes. Tous les identifient, sauf un des marins qui désigne une photographie prise par la Marine argentine dans la Baie de Blanca. Barauna peut voir à l'occasion une des photographies prises à Trindade auparavant, par un sergent.

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Le 27 Janvier, Bacelar est convoqué au Haut Commandement de la Marine pour faire son rapport sur l'incident.

Le 6 f évrier, le contre-amiral Luiz Felippe Pinto da Luz, sous-directeur du renseignement de la Marine brésilienne, envoie un mémo (qui sera communiqué à l'APRO en octobre 1964) au Vice-Chef du Haut Commandement de la Marine.

Le 13 Février une lettre du Chef du Haut Commandement de la Marine au Directeur Général pour l'Hydrographie et la Navigation sur les Phénomènes observés au-dessus de l'Ile de Trindade (Recommandations à ce sujet).

Après analyses exhaustives des négatifs et positifs, par le laboratoire du service d'aérophotogrammétrie de la Marine, et par le service photogramétrique du journal Cruzeiro do Sul, les photos sont déclarées authentiques et le Président du Brésil les cautionne de son approbation.

Fontes

Le 14 février Olavo Fontès visite le Ministère de la Marine, où on lui montre les 4 photos de Baraúna ainsi qu'une autre. Il ne réalise pas à ce moment que la 5ème image a été prise à Trindade peu avant l'arrivée de Baraúna par un autre photographe, le sergent télégraphe de la Marine. D'après Fontès l'objet semble être le même que celui photographié par Baraúna.

La presse


Baraúna vend l'exclusivité des photos aux Diários Associados. Le 20 février, il fait également parvenir 4 copies au Président Juscelino mais, au palais, un journaliste du Correio da Manhã obtient les photos et fait la révélation le lendemain. Il vend les photos aux Diários Associados et O Jornal les publie, le même jour que le Correio da Manhã. Par la suite l'Agência Meridional les distribue dans le monde entier, et elles sont publiées dans tous les périodiques tels que Life, Time, et même en Russie. Mais le Diário de Noticias et la Tribuna da Imprensa, qui n'ont pas accès aux photos, vont prendre position contre Baraúna.

Le 21 Février paraîssent donc les premiers articles sur l'affaire, jusqu'alors tût par l'armée brésilienne.

  • Les vues prises, ainsi que leur histoire, font la première page du Correio da Manhã de Rio de Janeiro : La Marine a photographié un disque volant au-dessus de Trindade - La Marine Militaire brésilienne a photographié, le 16 Janvier, un disque volant au-dessus de l'île de Trindade. Dans un effort journalistique, le Correio da Manha publie ici certaines des photos prises à l'occasion, depuis le navire-école Almirante Saldanha qui était là-bas pour le compte du Service Hydrographique de la Marine en coopération avec les travaux de l'Année Géophysique Internationale (IGY). Ce sont les premières photos d'un disque volant à apparaître sous un sceau officiel. Elles furent prises par le photographe et cinegrafiste Almiro Barauna, attaché à la Marine. Dans toutes les épreuves ont peut voir le disque clairement. Il était supposé être posé sur le pic de Trindade et décolla verticalement à une vitesse incroyable et évolua pendant quelques minutes. Les officiers et marins virent le disque à l'oeil nu et réalisèrent qu'il avait deux bombements - un au-dessus et un en-dessous. Depuis l'aéroport Auriphebo Simões envoie la coupure de presse commentée au CSI.
  • un article dans le 0 Diário de São Paulo
  • un autre article dans le Fôlha da Manhñ


Aprenant l'affaire comme tout le monde par la presse, un certain Sunderland, officier naval de l'ambassade américaine, demande les photos au gouvernement brésilien.

Paulo Moreira da Silva déclare : Je ne peux encore livrer mes conclusions, car les données sont actuellement en cours d'analyse dans le cadre d'une évaluation secrète du Ministère de la Marine. Je peux dire, cependant, que l'objet n'était pas un ballon météorologique — car celui que nous avions lancé ce jour-là fut lâché à 9:00, 2 heures avant l'apparition de l'objet dans le ciel. Ce ballon fut suivi jusqu'à son explosion à l'altitude normale. De plus, alors que l'objet était entouré d'une lueur verdâtre, notre ballon était lui de couleur rouge. Egalement ce n'était pas un missile des U. S., parce que l'Ile de Trindade est loin de la route de ces fusées; elles sont lancées de Floride en direction de l'Ile de l'Ascension [14]. Il déclarera par la suite avoir vu l'objet lui-même, ainsi que de nombreuses personnes à la responsabilité reconnue sur le navire. Plusieurs officiers sur le navire vérifièrent l'image de l'objet sur les négatifs... excluant ainsi toute possibilité d'un trucage photographique. da Silva conclut : Les photos sont auhentiques [15]

L'amiral Antonio Maria de Carvalho déclare aux journalistes :

Je ne peux rien déclarer sur le sujet. Il n'y a rien de concret et positif m'autorisant à faire une déclaration. Il serait prématuré et je serais même puéril si je faisais des déclarations, puisque je n'ai pas d'éléments me permettant de faire un jugement correct [16].

Lorsqu'on lui demande si une commission a été désignée pour étudier le sujet il répond :

Il n'y a pas de telle commission. Il y a un groupe de scientifiques associé au "Saldanha da Gama", effectuant des recherches pour l'IGY et ils travaillent depuis plus d'un an. Leurs études ne concernent que l'océanographie. [17].

Le commandant Tales Barty du cabinet du président, au sujet des nouvelles selon lesquelles le président ait vu les photos :

Je ne sais rien à ce sujet, mais étant donné les gorges chaudes que s'en fait la presse il est possible que le Cabinet, concernant la nouvelle selon laquelle le président ait vu quelque chose soit vraie [18].

Le Capitaine du "Saldanha da Gama" dira Il est étrange que le fait ait été communiqué à la presse. Je n'ai rien à dire sur l'événement. Seul le chef d'Etat-Major peut faire des déclarations [19]. Poussé de donner son opinion sur les photos, il indique Je vous avoue sincèrement que je n'ai pas encore vu les photos. Je ne peut rien dire de plus [20].

Le 24 Février, le Ministre de la Marine, l'amiral Alves Camera, déclare à l'UP qu'il ne croyait pas aux soucoupes volantes auparavant, mais qu'après la preuve photographique de Barauna il a été convaincu.

Le 25 Février, l'attaché naval des US reçoit les photos qu'il a demandé.

Le même jour, l'agence UP de Rio achète le récit et les photos, s'assure que le ministère de la Marine brésilien atteste bien de leur authenticité, et les diffuse internationalement [21].

Le 27 Février, Sérgio Magalhães, un député du Parlement Fédéral Brésilien, demande des informations à la Chambre. En toute réponse est montrée la couverture d'un rapport secret de la Marine sur l'ïle de Trindade, indiquant que le contenu ne peut être révélé [22].

Magalhães écrira une lettre de plainte au Ministère de la Marine pour leur incapacité à produire les déclarations des témoins :

Pour la première fois dans l'histoire des soucoupes volantes, le phénomène est vu par un grand nombre de personnes appartenant à une force militaire, ce qui donne à ces photographies un cachet officiel. Des menaces pour la sécurité nationale demandent une plus grandes action et attention officielles.

En fait ce n'est que le 3 Mars que Antonio Maria de Carvalho, Amiral de la Flotte et chef du Haut Commandement de la Marine brésilienne, communique au Ministre de la Marine le rapport sur les observations rédigé par le Département du Renseignement.

Baraúna est interviewé par le journaliste João Martins et ses déclarations sont publiées dans le magazine brésilien 0 Cruzeiro le 8 Mars.

Enquêtes

Marine US

Le 11 Mars, l'officier naval qui rend compte de l'affaire dans un rapport qui n'épargne pas le gouvernement brésilien ni ses militaires.

En 1960, les infos de Fontes paraissent dans le bulletin de l'APRO.

Menzel

Howard Menzel défend la thèse d'un canular[23], mettant en avant le fait qu'en 1953, Baraúna avait déjà réalisé un faux. En fait ce faux était déclaré dans l'article de Baraúna, visant à contester l'authenticité des photographies de Barra da Tijuca en montrant comment on pouvait réaliser des photos équivalentes [24]. Menzel mais aussi d'autres [25], ne se priveront pas de ce fait pour discréditer Baraúna, en ignorant apparemment les témoignages visuels de 48 personnes.

Menzel insistera aussi sur le fait que Baraúna et certains des témoins faisait partie de la même équipe d'exploration sous-marine, suggérant une complicité possible. Cette thèse ignorant le fait que de nombreux témoins ne faisaient de cette équipe repose sur un récit différent des événements - provenant d'amis astronomes de Menzel à Rio de Janeiro n'ayant pas personnellement enquêté sur l'affaire - selon lequel seul Baraúna et 2 ou 3 personnes auraient témoigné de l'observation.

Révélations à l'APRO

En Octobre 1964 arrive au Q.-G. de l'APRO une grosse enveloppe, envoyée par un ancien officier de la Marine Brésilienne, ne vivant alors plus au Brésil. Elle contient les 4 photographies de Barauna, ainsi que la correspondance échangée entre divers officiers de la Marine brésilienne au sujet de l'incident. Dans une lettre, l'officier demande à Lorenzen d'utiliser de toute manière possible le rapport, les photographies et tout le matériel pour éclaircir toute la confusion et les erreurs d'interprétation existant sur ces photographies. Il dit avoir lu leur livre et les complimente, y compris sur leur traitement de ce cas. Il leur demande enfin de protéger tant que possible son anonymat, ce que les Lorenzen vont faire. Une dernière requête est qu'une copie soit faite et envoyée au NICAP. Lorenzen vérifie le contenu du rapport avec les fichiers de l'APRO, et conclue à son authenticité. Elle contact également Richard Hall du NICAP pour s'assurer qu'il a bien reçu les photos. Celles-ci sont reçues en Décembre, envoyées d'un pays encore différent de celui de l'envoi à l'APRO. Pour diffuser au maximum ces informations, Lorenzen écrit un long article relatant l'histoire dans son ensemble, et l'envoie au magazine Fate, qui en publie une version tronquée pour ses 100000 lecteurs en Mars 1965.

Blue Book

Le dossier de Blue Book sur cette affaire contient autre chose : une dépèche du bureau de l'UP à Rio de Janeiro, datée du 25 Février, selon laquelle le Ministère brésilien de la Marine confirme la réalité de l'observation d'ovni des photos.

Les photos sont classées comme "supercheries" par Blue Book, ce qui fait réagir Coral Lorenzen et Richard Hall qui écrivent des lettres demandant sur quelle base ce jugement a été fait. Lorenzen reçoit une réponse qu'un officier sénior de l'ONI du 10 Octobre 1960 déclarant que la Marine US n'a fait aucune évaluation d'informations sur les ovnis provenant du Brésil.

En Octobre 1971, un magazine argentin publie le rapport (identique à celui reçu par l'APRO), sous la plume de Jorge O. Pineda, expliquant :

L'observation d'un Objet Volant Non Identifié depuis l'"Admiral Saldanha", navire-école de l'armée brésilienne, le 16 Janvier 1958, constitue un cas unique quand à la documentation officielle qui pourrait porter l'intitulé "Confidentiel" ou "Top Secret". Sa diffusion est le fait d'un ancien officier de la Marine militaire du Brésil, dont le nom ne peut être révélé, pour des raisons évidentes. Quelle que soit la manière dont il a été obtenu, il n'admet pas la violation du secret.

GSW (1978)

En 1978 le GSW et des spécialistes examinent les photos de Baraúna à l'aide moyens informatiques. Ils concluent que les photographies ne montrent pas d'avion ni de ballon expérimental, et déterminent que l'objet photographié fait plus de 50 pieds de diamètre, à une distance considérable du photographe et, d'après la densitométrie numérique, émet une réflexion métallique.

Interview (1983)

Le 20 avril 1983, à l'occasion du Second Congrès International d'Ufologie, Leo Sprinkle, Virgilio Sanchez-Ocejo, Cynthia Hind, et Irene Granchi participent à un dîner organisé où ils ont l'occasion d'interviewer Baraúna :

Qu'elle a été la réaction du public ?
L'opinion était partagée ; 3 journaux m'ont attaqué, 6 m'ont soutenu. Mes ennemis ont profité de la situation ! Mais ça n'est pas sorti des journaux avant 30 jours.
Que s'est-il passé pendant ces 30 jours ?
La Marine faisait des tests sur les photographies. Je suis allé 3 fois aux services secrets de la Marine. La Marine a aussi envoyé les images à Kodak pour effectuer des tests chimiques.
Avez-vous les rapports des labos ?
La Marine les a gardés classés.
Quelqu'un a-t-il apporté une preuve apparemment solide contre vous ?
Il y a juste eut des accusations sans preuves.
Y'a-t-il eut une tentative quelconque de la Marine ou du gouvernment pour étouffer tout cela ?
Ils n'ont pas essayé de le dissimuler. Ils ne sont pas devenus "Watergatey" [un mot nouveau en Portugais]. J'ai eu un soutien total de la Marine.
La Marine a-t-elle pensé à un vaisseau spatial ou à un appareil fait de la main de l'homme ?
Il n'y a pas eu de tentative d'interprétation de ce que c'était... Ils en ont juste donné une description physique dans le rapport.
Sprinkle: — Après toutes ces années, comment vous sentez-vous par rapport à votre événement historique ?
Je me sens serein comme je l'ai toujours été. J'ai toujours été totalement confiant par rapport à l'observation..
Quand vous racontez cette histoire à vos petits-enfants le temps passant, qu'est-ce qui ressortira le plus clairement de votre esprit ?
La manière dont la Marine et l'équipage m'ont soutenu.
Comment était le temps ?
Il y avait des cirrus dans le ciel.
L'objet est-il jamais passé devant quelque chose ?
Il est passé devant des nuages mais pas devant la montagne parce qu'il était plus haut que la montagne. Mais à un moment il est passé derrière la montagne est revenu.
A quelle hauteur était-il au-dessus de l'eau ?
300 ou 400 pieds au-dessus du niveau de la mer.

Baraúna se souvient avoir utilisé une exposition 1/200 sec. à f/6, contrairement à sa première déclaration de 1/125 sec. à f/8. Il se souvient également que la Marine avait calculé que l'objet était à 14 km de distance au plus proche et que l'objet avait une taille apparente semblable à celle de la Lune (0,5 °). Cette distance semble surprenante, puisqu'un simple calcul montre qu'à une telle distance l'objet semblerait parcourir 48 ° dans le ciel en 1 mn et aurait une taille effective de 350 pieds.

Powell (1999)



A l'été 1999, dans un article [26], Martin J. Powell, en examinant les photos, envisage l'hypothèse d'une photo d'avion. Plus que l'hypothèse d'une méprise (l'île est trop éloignée de la terre la plus proche pour permettre un aller-retour d'un tel avion), c'est plus la possibilité d'un trucage photo que soulève Powell.

 

Selon sa thèse, Baraúna aurait fait des photos truquées, à partir de photos d'avions détournées. La photo n° 1 montrerait une mauvaise photographie d'avion (un Beechcraft modèle D50A Twin Bonanza, modèle 95 Travel Air, Super 18, un Piper PA-23 Apache ou un Cessna Model 310), et la photo n° 2 une version retournée de la première.

On peut se demander pourquoi Baraúna, s'il avait voulu faire croire à une soucoupe, ne se serait pas basé sur une photographie de maquette de soucoupe. Une réponse possible est qu'il ait souhaité s'assurer de fournir un cliché techniquement incontestable.

Cependant, même en excluant les difficultés de ce scénario (les autres témoins occulaires, le besoin pour Baraúna de cadrer dans un climat de panique de fausses photos préparées sur un paysage photographié en direct), cette thèse souffre d'au moins 2 handicaps

Comme l'indique le titre de son article, Powell ne propose que d'expliquer les photos 1 et 2. Les autres ne sont pas prises en charge par son explication, notamment la photo n° 3, qui est loin d'être équivoque, montrant une soucoupe quasi-caricaturale. Difficile de l'imaginer issue d'une photo d'avion. Il aurait donc fallu que Baraúna se base sur une image d'avion pour certains clichés, mais sur une image de soucoupe pour d'autres. Difficile de justifier une telle complexification.

Explication Argument Contre-argument
Trucage photo   Baraúna aurait aussi dû convaincre entre 3 et 100 autres personnes qu'un ovni est réellement passé devant eux.
Double exposition Une double exposition ajoute de la lumière à une photo, mais ne peut en retirer. Or l'objet est plus sombre que le fond.
Baraúna avait déjà effectué des trucages photo (lors de l'affaire de Barra da Tijuca). Ces trucages avaient été faits justement pour dénoncer des faux et présentés dans un reportage comme une démonstration de la possibilité de tels trucages, ce qui dénote au contraire le scepticisme a priori de Baraúna.
Les nuages ne correspondent pas entre les photos 2 et 3 [27].
  • La photo est tâchée à la jonction de ces photos.
  • Pourquoi prendre ces photos à des jours différents alors que cela serait difficile (mêmes ombres des rochers, même météo) et qu'on peut les prendre un même jour donné.
  Les seuls témoignages (écrits) ne proviennent que de 3 témoins alors que des dizaines auraient vu le phénomène
  • Les seuls témoins autorisés à parler étaient ces témoins civils. Tous les autres étaient militaires, auquel le commandant avait ordonné de ne pas parler.
  • Aucun des autres membres de l'équipage n'a jamais contesté ces témoignages.

Références :

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  1. Initialement un 4 mats baptisé en hommage à Luiz Filippe dos Santos Saldanha da Gama. Construit en Grande Bretagne suivant les spécifications du gouvernement brésilien, il effectuera divers voyages, formant les gardes de la Marine. En 1957 pour l'IGY, Pablo de Castro Moreira Da Silva obtient le soutien de l'UNESCO pour le transformer en navire de recherche océanographiques, supprimant ses mâts, ajoutant une superstructure centrale, et remplaçant son système de propulsion. Il part de Rio de Janeiro le 7 Février. Le 3 août il est incorporé dans la Direction de Hydrographie et de la Navigation (DHN). Il teste l'équipement à peine installé, des loges sont transformées en laboratoire. La plate-forme de tubes de torpilles est remplacée par des fillins de sonde, avec 5000 m de corde. Le 13 Décembre, c'est José, le descendant de Luiz Filippe, qui prend son commandement. homonyme du commandant de bord lors de l'observation). Il rentrera à Rio le 14 mars 1958, après 2000 jours de mer.
  1. Fontés
  2. O Cruzeiro, 8 Mars 1958 < Kentaro Mori et Brad Sparks
  3. Baraúna
  4. O Globo, 22 Février 1958
  5. O Jornal, 26 Février 1958 < Fontés, APRO Bulletin 1960.
  6. Fontés
  7. Interview de Barauna, cité par Aurélio Zaluar dans UFO OVNI Documento, article de Octobre/Décembre 1979
  8. Marco Petit
  9. Marco Petit
  10. Marco Petit
  11. Marco Petit
  12. Tim Printy, UFO over Trindade Island: Details overlooked or ignored, Juin 2004, d'après une carte de l'Hôtel de Ville de Victoria (Brésil)
  13. O Cruzeiro, 8 mars 1958 < Brad Sparks
  14. Diario da Noite, 22 février 1958
  15. O Jornal, 26 février 1958 < Fontès, APRO Bulletin 1960.
  16. "Fôlha da Manhñ" de Sao Paulo, 22 février 1958
  17. "Fôlha da Manhñ" de Sao Paulo, 22 février
  18. "Fôlha da Manhñ" de Sao Paulo, 22 février 1958
  19. "Fôlha da Manhñ" de Sao Paulo, 22 février 1958
  20. "Fôlha da Manhñ" de Sao Paulo, 22 f évrier 1958
  21. Clancarty 1966, pp. 46-47
  22. Aurélio Zaluar, UFO OVNI Documento, article de octobre/décembre 1979
  23. Menzel & Boyd 1963
  24. Story, Ronald D. Encyclopedia of UFOs, Doubleday, 1980, p. 41
  25. Michel Bougard, article dans STENDEK n° 26, décembre 1976, p. 14
  26. Powell, Martin J. "The Trindade Island UFO: A detailed study of Photos 1 and 2", Unopened Files, n° 11, été 1999
  27. Maillot
  28. Durrant 1973
  29. Hynek 1977
  30. [Pinvidic 1979, pp. 17-26]
  31. [Marco Petit]


13/11/2007
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