Paradoxe de Fermi - Pourquoi n'avons nous pas trouvé d'extraterrestres ?

Paradoxe de Fermi

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Une représentation graphique du message d'Arecibo, première tentative humaine pour communiquer avec des civilisations extra-terrestres

Le paradoxe de Fermi s'intéresse à la question de savoir pourquoi nous n'avons jusqu'à présent trouvé aucune trace de civilisations extra-terrestres alors que le Soleil est plus jeune que beaucoup d'étoiles situées dans notre galaxie. Des civilisations plus avancées auraient dû apparaitre parmi ces systèmes solaires plus âgés et laisser des traces visibles depuis la Terre au moins au niveau des ondes radio. Plusieurs hypothèses ont été formulées pour expliquer ce paradoxe : caractère unique de la civilisation humaine, processus rapide d'autodestruction de toute civilisation avancée, etc.

Sommaire

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Le problème[modifier]

Sommes-nous la seule civilisation intelligente et technologiquement avancée de l'Univers ? C'est la question que se pose Enrico Fermi le 20 mai 1950, dans la cafétéria du Laboratoire national de Los Alamos, au cours d'une conversation informelle avec ses collègues comme Edward Teller. Il commente un dessin humoristique paru dans le New Yorker où le dessinateur, pour expliquer de mystérieux vols de poubelles qui venaient de se produire à New York, représente sur leur planète des extraterrestres tirant hors d'une soucoupe volante les poubelles. Fermi examine le cas d'une civilisation intéressée à la conquête de la Galaxie (quels qu'en soient les buts), et dotée de moyens techniques raisonnables, à la portée de la civilisation humaine de l'époque (Fermi étant le père de l'énergie nucléaire civile) : voyage intersidéral à une vitesse nettement inférieure à la vitesse de la lumière et colonisation d'une nouvelle planète pour la transformer en nouvelle base de départ, chaque cycle prenant quelques centaines ou milliers d'années et permettant d'avancer, par bonds successifs, plus loin dans l'espace de quelques dizaines d'années-lumière.

Sachant que la Voie lactée fait environ 50 000 années-lumière de rayon, une vitesse globale du front de colonisation de 1 % de la vitesse de la lumière suffit à la coloniser entièrement en quelques millions d'années, ce qui est très peu par rapport à l'âge de la galaxie et au temps qu'il a fallu à la vie terrestre pour évoluer jusqu'à la civilisation humaine actuelle. Si des civilisations extraterrestres existent (l'équation de Drake tente de quantifier leur nombre en faisant intervenir de nombreuses variables par ailleurs toutes inconnues sauf une), la logique serait donc que ce phénomène se soit déjà produit, et même éventuellement plusieurs fois. Le paradoxe, c'est que nous n'en observons aucune trace.

Enrico Fermi demande : « si les extraterrestres existent, où sont-ils donc ? ». Pourquoi n'avons-nous vu aucune trace d'une vie intelligente extraterrestre, par exemple des sondes, des vaisseaux ou des transmissions radios ?

Cette interrogation suite à un entretien informel en 1950 n'est mentionnée qu'en 1962 dans un court article de Carl Sagan mais il n'y donne pas suite. En 1975, l'astrophysicien Michael H. Hart redécouvre les arguments de Fermi. Il soutient que le voyage interstellaire est possible à une civilisation technologiquement avancée et que sa migration doit gagner toute la galaxie en quelques millions d'années. Ce laps de temps étant faible comparé à l'âge de la Voie Lactée, Hart conclut que l'absence de colonisation de la Terre signifie qu'il n'y a aucun extraterrestre[1]. Cet article relance le débat dans la communauté scientifique et c'est à cette occasion que Carl Sagan baptise le « Paradoxe de Fermi » en 1976[2].

Réponses possibles au paradoxe[modifier]

Les réponses proposées à ce paradoxe sont nombreuses. Elles peuvent être classées en quatre grandes catégories  :

  1. Il n'existe pas d'autre civilisations (ou entités) extra-terrestres.
  2. Elles existent mais nous ne pouvons pas les observer.
  3. La communication est impossible pour des raisons techniques.
  4. Le paradoxe de Fermi est erroné, les alternatives proposées sont incomplètes et l'explication réside dans une hypothèse non envisagée.

Ces grands types d'hypothèses se divisent elles-mêmes en plusieurs variantes :

  • La civilisation sur Terre est le résultat d'une conjonction de phénomènes uniques ou très rares à l'échelle de la galaxie.
  • Les civilisations avancées sont vouées à une autodestruction rapide.
  • Les distances dans l'espace et le temps entre système solaires habités sont telles que nous ne pouvons communiquer.
  • Du fait de limitations physiques, la colonisation de la galaxie est une impossibilité; il n'y a pas d'expansion possible d'une civilisation.
  • Les écoutes radio effectuées depuis la Terre reposent sur des hypothèses erronées : gamme d'ondes, portion du ciel observé.
  • Les civilisations n'utilisent la technologie des ondes radio que durant une période relativement courte.

Les civilisations extra-terrestres n'existent pas[modifier]

La vie ne s'est développée que sur la Terre[modifier]

La probabilité qu'une forme de vie avancée puisse se développer ailleurs dans l'univers serait beaucoup plus faible qu'estimée initialement. Ce pourrait être parce que les facteurs permettant de développer la vie sont très nombreux (partant de la présence des éléments chimiques structurant la vie et d'une source d'énergie allant jusqu'à la présence d'une planète géante telle que Jupiter aspirant les astéroïdes qui, autrement, détruiraient trop rapidement la vie en train de se former, ou celle de la Lune empêchant l'orbite de la Terre d'être instable[3]...). Ce pourrait être aussi parce que, même ces facteurs réunis, les probabilités que les éléments chimiques se combinent pour former de la matière vivante sont si faibles que cet événement ne s'est produit qu'une fois dans toute l'histoire de l'univers, c'est, entre autres, pour tenter de trancher cette question que l'on recherche activement des traces de vie sur Mars et que l'on envisage d'en faire autant sur Europe (satellite de Jupiter), seul autre corps du système solaire, en dehors de la Terre, à posséder de l'eau liquide (avec très probablement aussi Encelade, un satellite de Saturne).

Le principe anthropique semble conforter cet argument : pourquoi observerions-nous un univers de cette taille si la vie avait pu apparaître dans un univers plus petit et donc (sans doute) moins improbable ? Objection possible : notre présence n'arrête pas pour autant l'actuelle expansion de l'Univers. Que pourrait penser une possible civilisation (ne connaissant pas notre existence) dans 4 milliards d'années dans un univers encore plus grand ? Les hommes n'étant plus vivants tomberaient sûrement dans l'anonymat, ce qui pose bien sûr un problème pour les religions anthropocentristes. Réponse possible : l'univers serait plus étendu, mais pas plus grand au sens où il ne contiendrait pas plus de matière après son expansion qu'avant, et donc pas plus de probabilité de donner la vie (voire moins en raison de la réduction du nombre d'étoiles par épuisement de l'hydrogène et de l'extinction des plus anciennes).

La vie n'évolue pas nécessairement vers l'intelligence[modifier]

L'anthropocentrisme humain tend à considérer le processus évolutif comme un processus linéaire amenant inexorablement vers sa niche écologique : une forme de vie intelligente (et d'autres ajouteront « qui peut vivre en harmonie sans vouloir s'entre-tuer »). L'intelligence fait partie des nombreux mécanismes d'adaptation permettant à des espèces de survivre, mais n'est pas pour autant le seul. Les cafards, les rats, les fourmis, les bactéries peuvent survivre dans de bien pires conditions. L'intelligence nous a bien réussi sur notre planète, qui possédait ses conditions spécifiques, mais chaque planète pouvant héberger la vie peut fort bien avoir des espèces dominantes ayant suivi d'autres voies ; d'ailleurs, même sur Terre, les dinosaures ont dominé pendant pratiquement 200 millions d'années sans évoluer vers une espèce capable de développer une civilisation technique.[réf. nécessaire]

La vie intelligente est vouée à l'autodestruction avant d'essaimer[modifier]

Il y a au moins trois raisons qui peuvent soutenir cette hypothèse.

La première est que l'intelligence est directement liée à l'agressivité[réf. nécessaire], et qu'elle en rend les effets de plus en plus graves. À l'extrême, elle peut s'auto-exterminer, et avec elle une bonne partie des formes vivantes de la planète. C'est le scénario brutal.

La seconde est que la vie animale est régulée et motivée par des systèmes émotionnels (douleur, angoisse, plaisir, etc.), que l'intelligence permet de modifier, court-circuiter. Si on donne à un rat la possibilité d'auto-stimuler ses centres nerveux associés au plaisir, il le fait, et il en meurt. Les drogués donnent un autre exemple similaire, et la façon dont les émotions naturellement associées à la reproduction (plaisir sexuel, émotions familiales) sont maintenant court-circuitées et obtenues sans reproduction (avec chute de la natalité sous le seuil de maintien de la population, dès que les techniques adéquates sont disponibles) est également très éclairante. Inversement, l'intelligence peut donner une angoisse existentielle face à une réalité vertigineuse, conduisant au suicide individuel. La perspective de voir une espèce intelligente disparaître « de bonheur » ou « d'angoisse » n'a rien d'inimaginable. C'est le scénario de la disparition en douceur.

La troisième est que sur le chemin des avancées technologiques menant à l'essaimage, il s'en trouve au moins une qui soit incontournable mais mène immanquablement à la perte. Par exemple une dont toute expérimentation a un résultat cataclysmique (vitrification de la planète), ou une très utilisée mais aux effets délétères découverts trop tard (dommages irréversibles sur l'environnement ou l'espèce). Dans ce cas nous serions voués, nous aussi, à provoquer notre perte.

Dans tous les cas, la vie intelligente peut disparaître avant de se diffuser ou de laisser des traces visibles. Sans aller jusqu'à l'extinction, elle peut aussi se retrouver suffisamment rare pour que chaque individu ait déjà assez à faire pour découvrir seulement la planète, et pour que les ressources importantes nécessaires à un voyage ou un signal spatial ne soient plus disponibles.

Les civilisations extra-terrestres existent, mais il leur est impossible de nous contacter[modifier]

Limitations dues à la physique[modifier]

Il se peut que l'expansion de l'univers jointe à des questions de lenteur de la lumière et de bilan énergétique interdise de façon durable des voyages suivis à l'extérieur d'un système solaire. Rappelons toutefois la remarque d'Arthur C. Clarke : « Lorsque nous sommes en orbite basse, nous sommes déjà énergétiquement à mi-chemin de n'importe quel autre point de la galaxie ». Reste la question de la limitation de vitesse à c, et de l'énergie nécessaire pour atteindre des vitesses qui en soient proches.

La récente découverte (1998) d'une accélération de l'expansion de l'univers donne un poids nouveau à cette hypothèse.

Communication impossible[modifier]

Il se peut également que les civilisations extraterrestres soient différentes de nous à un point où nous n'aurions pas la possibilité de communiquer. Parmi les raisons possibles à une telle impossibilité, on peut citer :

  • des différences considérables d'échelle, y compris par exemple d'échelle de temps ;
  • des différences dans la façon de penser, à un point rendant toute communication non seulement inintéressante pour les deux parties mais également structurellement impossible (par exemple, il nous serait extrêmement difficile de communiquer avec une intelligence collective telle qu'une fourmilière) ;
  • une différence fondamentale d'essence (on pourrait imaginer par exemple une civilisation extraterrestre ne pouvant communiquer hors d'un substrat particulier, par exemple liquide) ;
  • pour ses télécommunications, une civilisation extra-terrestre n'utilise peut-être pas les ondes radio, mais une autre technologie qui nous est inconnue, auquel cas nos tentatives de contact comme SETI, ainsi que les leurs, s'avéreraient vaines ;
  • De façon plus simple, il se peut que les civilisations technologiques avancées soient multiples, mais que la distance moyenne qui les sépare les unes des autres fasse que le temps de communication entre elles, effectué à la vitesse de la lumière, soit supérieur à la durée de vie moyenne d'une civilisation. Ainsi, par exemple, si chaque civilisation est distante de l'autre d'une distance de 5 000 années-lumière, elle ne peut communiquer avec sa voisine si sa propre durée de vie (limitée par exemple par l'autodestruction nucléaire, ou l'épuisement de ses ressources naturelles lié à une incapacité de colonisation planétaire) est inférieure à 10 000 ans, temps nécessaire pour un échange simple (émission d'un message puis réception de la réponse). C'est notamment l'objet d'une communication de février 2009 sur Arxiv[4] qui suggère que s'il y avait moins de 200 civilisations intelligentes réparties de façon uniforme dans notre galaxie, elles passeraient indéfiniment inaperçues les unes des autres.

Autre type de civilisations[modifier]

Il est possible qu'une autre civilisation ne soit pas technique, soit par manque de matériaux, soit par manque de moyen de manipulation (comme les dauphins), soit du fait de l'inutilité de la technique (comme l'esclavage antique qui a empêché le développement du machinisme).

Sur une planète constamment entourée de nuages (à l'image de Vénus mais sans sa température élevée) une civilisation peut très bien se développer dans l'ignorance de l'existence du reste de l'univers, que ces nuages soient physiques ou figurés (tels ceux par exemple de quelque obscurantisme religieux, politique ou « philosophique »).

Les civilisations extra-terrestres existent, ont développé la technologie pour nous visiter, mais ne l'ont pas fait[modifier]

« La preuve qu'il y a des êtres intelligents ailleurs que sur Terre est qu'ils n'ont jamais essayé de nous contacter. »
Bill Watterson dans Calvin et Hobbes

Démotivation[modifier]

On peut considérer que, soit par hasard, soit pour des raisons éthiques, aucune des civilisations qui seraient apparues n'aurait souhaité s'étendre partout dans la galaxie, laissant à de nouvelles formes de vie le temps de se développer.

Ils peuvent également estimer que la probabilité d'une autre vie intelligente sur une autre planète est faible et ne nécessite pas une recherche sur le long terme.

Enfin, l'application du paradoxe de l'abondance, si leur société se trouvait avoir résolu la question du besoin et si leur psychisme avait une similitude avec le nôtre, peut avoir créé chez eux une importante passivité en éliminant toute recherche intellectuelle.

Blocage structurel[modifier]

Nous entreprenons des projets pour en obtenir une satisfaction. Sans doute une société suffisamment avancée scientifiquement peut-elle facilement assurer cette satisfaction sans passer par les intermédiaires de la conception et de la réalisation de projets, ce qui conduit à la disparition de tout projet. Un tel état représente même un possible point fixe (attracteur) d'un processus de civilisation, et la Chine entre le XVe et le XVIIe siècle, figée dans sa parfaite stabilité d'institutions, en montre une probable réalisation sur notre planète même.

En effet, après les campagnes maritimes de l'amiral Zheng He qui ont exploré l'Océan Indien avec des navires beaucoup plus grands que les caravelles qui se répandront après lui de par le monde, la Chine se referme, persuadée que le monde périphérique n'a rien à lui apporter.

Les éventuels extraterrestres pourraient donc fort bien adopter une attitude de cocooning faisant qu'ils se passent très bien de nous et des complications d'un voyage pour venir nous voir.

Le débat sur notre propre Terre concernant l'exploration spatiale (coûts importants, retombées hypothétiques…) reflète déjà cette préoccupation.

Les civilisations extra-terrestres existent et nous ont visités, mais ne signalent pas leur présence[modifier]

Absence d'intérêt pour notre planète ou notre espèce[modifier]

D'éventuels extraterrestres, même s’ils sont passés sur la planète, ne lui ont peut-être pas trouvé d'intérêt, et ont continué leur chemin (ou se sont abstenus de toute visite, compte tenu des informations collectées par leurs capteurs). Une civilisation capable de se déplacer entre systèmes solaires de la galaxie ne doit pas avoir de difficultés à s'approvisionner dans des endroits plus riches ou plus pratiques pour elle, ou tout simplement pour synthétiser la matière utile (au lieu de la transporter d'une planète à une autre, au prix d'efforts et surtout d'un délai exorbitant). Tout ce que nous aurions une chance de voir serait de temps à autres quelques routards galactiques égarés.

Même s'ils se sont aperçus de notre présence les extraterrestres n'ont peut-être pas plus de choses à nous dire que nous n'en avons à dire aux chimpanzés ou aux fourmis. Pire : ils pourraient nous juger impossibles à éduquer et ne pas souhaiter perdre leur temps avec nous.

On peut imaginer enfin que les extraterrestres, s'ils sont passés, l'ont fait avant même l'apparition de notre espèce (ou en tout cas, avant que les premiers humanoïdes ne montrent des signes remarquables d'intelligence), et n'ont pas laissé de traces identifiables lors de leur passage: c'est l'Hypothèse du rendez-vous manqué.

Hypothèse du zoo[modifier]

Article détaillé : hypothèse du zoo.

Des extraterrestres existeraient bien et s'intéresseraient à notre espèce. Ils pourraient le faire de la même façon que nous nous intéressons aux animaux dans des réserves naturelles, par curiosité scientifique et en cherchant à interagir le moins possible avec eux. Les animaux d'un parc naturel ne savent jamais qu'ils sont dans un parc naturel. Et nous ne consacrons pas de ressources à essayer d'enseigner les équations différentielles à des bonobos sauvages, nous préférons les laisser vivre de façon traditionnelle. Un développement de cette hypothèse est celle de la quarantaine galactique, une ou plusieurs civilisations extraterrestres attendraient que l'humanité arrive à un certain niveau technologique ou évite l'autodestruction avant de prendre contact avec elle.

Hypothèse de l'apartheid cosmique[modifier]

L’hypothèse du zoo pourrait aussi n’être qu’une première étape dans le cadre d’une hypothèse plus globale d’un apartheid cosmique [1]. Au lieu de laisser les primates vivre de façon traditionnelle, l’homme lui-même pourrait aussi choisir demain de les guider ainsi dans une évolution contrôlée destinée à faire naître une nouvelle espèce intelligente semblable à l’espèce humaine, dans des réserves terrestres, ou mieux encore, extraterrestres [2]. Ce thème de la provolution est illustré par des ouvrages de fiction tel que le Cycle de l'Élévation de David Brin.

S’il était seul dans l’univers, la vie intelligente serait ainsi mieux préservée, et l’homme ferait déjà par là œuvre utile. Les moyens dont il dispose actuellement lui permettraient cette entreprise. Sans parler des retombées technologiques considérables de la terraformation d’une planète, les connaissances pouvant être acquises en cette occasion dans le seul domaine des sciences de la vie (conscience, connaissance du cerveau, etc …) pourraient prochainement inciter l’homme à se lancer dans un tel projet cosmique.

Des extra-terrestres beaucoup plus avancés pourraient avoir fait ce choix de nous guider du primate vers l’homme, intervenant par exemple avec des masques humains, par le biais des religions ("apparitions, miracles"), et par des moyens scientifiques et technologiques de télésurveillance et de contrôle que nous commençons à maîtriser. Cette assistance discrète en apartheid cosmique nous aurait permis de nous éveiller à la conscience sans nous transformer en « robots » par une présence trop dominante. Eux-mêmes issus d’une telle évolution, ils auraient formé une civilisation avant l’homme et seraient entre temps devenus des êtres artificiels. « Parents ou tuteurs cosmiques » de l’homme, ils attendraient naturellement de lui qu’il devienne à son tour "parent ou tuteur cosmique" en hominisant lui aussi d’autres primates. Nous leur apporterions par là la preuve d’une conscience réelle acquise et de la réussite de leur propre expérience d’hominisation de notre espèce. S’ils devaient se dévoiler, ils ne le feraient jamais avant une claire démonstration de l’homme à vouloir perpétuer la vie et l’intelligence. Cette hypothèse est apparentée à celle de la fiction La Sentinelle / 2001, l'odyssée de l'espace.

Hypothèse des « grands transparents »[modifier]

Cette hypothèse relève plus du réalisme fantastique à la mode dans les années 1960 que d'une véritable supposition scientifique : des extraterrestres existeraient, et auraient entrepris de nous aider discrètement à trouver notre propre voie ainsi qu'à nous corriger de nos éventuels dysfonctionnements. Nous sommes là à la limite des points de vue scientifique et religieux. L'idée a néanmoins été exploitée par la science-fiction via divers médias populaires (romans, films, BD, notamment le film récent The Adjustment Bureau d'après une nouvelle de Philip K. Dick). Hergé lui fait un clin d'œil par exemple sous les traits de Jacques Bergier dans Vol 714 pour Sydney.

Les civilisations extra-terrestres existent et nous visitent, les ovnis en sont une manifestation[modifier]

Les civilisations extra-terrestres existent et nous visitent, les ovnis en sont une manifestation : cette possibilité avait été évoquée durant la discussion entre Fermi et ses collègues, mais a été rejetée à cause de l'absence de preuves en faveur de l'hypothèse extraterrestre (à noter que cela remonte historiquement au tout début du phénomène).

Renversement du paradoxe : futurs possibles pour l'espèce humaine[modifier]

Pour chaque réponse possible au paradoxe de Fermi, on peut imaginer une évolution similaire de l'humanité terrestre, avec donc trois grandes formes d'avenir :

(en) Cet article de février 2007 explore les trois possibilités

Ce renversement de paradoxe n'est pas sans évoquer celui du principe anthropique.

Principe anthropique[modifier]

Le principe anthropique dans sa version dite faible explique la taille immense de l'univers (qui implique une très grande quantité d'énergie, et donc une très grande improbabilité d'apparition par rapport à un plus petit) par le fait que s'il avait été plus petit, la vie n'aurait pas eu la possibilité d'y apparaître. Il y a dans ces conditions une contradiction à vouloir supposer que nous serions dans un univers assez grand pour que la vie intelligente y soit apparue deux fois indépendamment. Nous aurions eu, dans ce cas, beaucoup plus de chance d'être seuls dans un univers deux fois plus petit.

Le principe anthropique faible constate que nous existons, et que cela implique que les paramètres fondamentaux de l'univers sont compatibles avec notre existence telle que nous la constatons (vie carbonée, etc.). Nous ne voyons pas d'extraterrestres et nous n'avons donc pas ajouté leur hypothèse aux faits de départ. En ce cas, les conditions probables pour que nous observions l'univers tel qu'il est sont les suivantes:

  • D'une part, la taille de l'univers doit être au moins suffisante pour nous faire apparaître. Et, compte tenu de la taille immense de l'univers, il est possible que la probabilité de l'événement soit très, très faible : plus l'univers est grand, plus le principe anthropique suggère donc au contraire que la vie consciente risque d'y être exceptionnelle, et non courante (Carl Sagan n'acceptait pas ce point de vue).
  • D'autre part, puisque nous n'avons aucun contact avec une autre civilisation, on peut raisonnablement supposer que notre univers est trop petit pour que la vie intelligente (et potentiellement mobile à l'échelle cosmique, encore que nous n'en soyons nous-mêmes qu'aux balbutiements) y soit apparue deux fois indépendamment.

Le mot indépendamment est important dans l'hypothèse. Dans le cas d'une panspermie, la donne serait bien entendu tout à fait changée.

Critique de l'anthropisme[modifier]

  • Ne pas voir d'extraterrestres n'implique pas qu'ils n'existent pas.
  • La grande taille de l'univers est un argument en faveur de l'existence de vie extraterrestre évoluée. Quelle que soit la probabilité d'apparition naturelle de vie intelligente comme la nôtre, dès lors qu'elle n'est pas nulle, l'apparition est très probable. En effet, il faut tenir compte de la multiplicité des occasions de se réaliser. Soit p la probabilité d'apparaître en une occasion, la probabilité d'apparaître au moins 1 fois en n occasions est 1-(1-p)n ; et pour n très grand cette valeur tend vers 1. Même si p est extrêmement petit, avec un nombre d'occasions suffisamment grand, l'événement se produira avec quasi certitude.

La probabilité d'existence d'au moins deux civilisations intelligentes comme la nôtre est de l'ordre du carré de cette probabilité très proche de 1 ; elle est donc elle aussi proche de 1. Dès qu'on admet que l'apparition de vie intelligente comme la nôtre est le fruit de processus naturels aléatoires, alors on doit admettre la possibilité de l'existence de multiples civilisations extra-terrestres.

  • La panspermie augmenterait la probabilité d'existence de vie extra-terrestre.

Les raisonnements supposent bien sûr que l'apparition de la vie sur Terre a suivi un processus aléatoire et non dirigé.

Dans les œuvres de fiction[modifier]

Dans Ultimate Extinction (comic book des éditions Marvel), Mr Fantastique note que Gah Lak Tus fournit une solution à la contradiction apparente entre l'équation de Drake et le paradoxe de Fermi : la Terre n'avait pas encore rencontré de civilisations extraterrestres parce qu'elles sont rendues rares par le comportement de prédation d'une d'entre elles.

Dans le roman Babel Minute Zero de Guy-Philippe Goldstein édité en 2007, le Pr. Ernst Alberich note qu'au moment où il discute du paradoxe, Enrico Fermi travaille à l'une de ses solutions, qu'il ne veut évoquer : la création de la bombe H. Piégée par la logique de la guerre qui l'anime depuis toujours, l'humanité se condamne à un destin d'auto-destruction - même si elle en a parfaitement conscience. Or, il en va de même pour toutes les autres espèces animales dans l'univers. Voilà pourquoi les étoiles demeurent silencieuses - reflet de notre destin imminent.

Dans son roman Espace, Stephen Baxter explique que toutes les espèces suffisamment évoluées n'ont ni le temps d'atteindre le type IV, ni la possibilité de se répandre dans l'univers car elles sont systématiquement éradiquées par l'explosion d'un pulsar proche. À l'échelle de l'univers, de telles explosions sont suffisamment fréquentes pour empêcher toute civilisation de se développer sur le long terme.

Notes et références[modifier]

  1. M.H. Hart, Quarterly Journal of the Royal Astronomical Society, 1975, p.128-135
  2. Alain Cirou, « Le paradoxe de Fermi [archive] », Ciel et Espace. Mis en ligne le 30 avril 2007, consulté le 23 juin 2010
  3. Travaux de Jacques Laskar
  4. http://arxivblog.com/?p=1167 [archive]

Voir aussi[modifier]

Articles connexes[modifier]

Liens externes[modifier]


Ce document provient de « http://fr.wikipedia.org/wiki/Paradoxe_de_Fermi ».


13/08/2011
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