Les Réplicants

 

Réplicant

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Cet article concerne les réplicants dans le film Blade Runner. Pour film du même nom, voir Replicant.

Un réplicant (anglais: replicant) est un être créé avec des améliorations génétiques dans le film Blade Runner de Ridley Scott sorti en 1982. Le film est inspiré du roman Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? écrit par Philip K. Dick en 1966. Ce terme est repris dans tous les travaux fondés sur le film, c'est-à-dire dans une série de romans de K.W. Jeter, dans un jeu-vidéo éponyme édité en 1997 et parfois même dans les rééditions du livre de Dick.

À l'instar de 2001 : l'odyssée de l'espace de Stanley Kubrick, la vision des réplicants décrite dans le film est devenue une référence dans le développement de l'intelligence artificielle[1] avec un questionnement sur le sens de la condition humaine.

« Androïde: [ãdroid] n. m. Automate humanoïde. Voir « Robot ».
1. Les premiers modèles étaient utilisés pour accomplir certaines tâches dangereuses ou déplaisantes pour les humains.
2. Deuxième génération bio-générée comportant des relais électroniques et des cerveaux positroniques[2]. Utilisés dans l'espace pour l'exploration de sites inhospitaliers.
3. Troisième génération synthogénétique. Voir « réplicant ». »
    — « Le Grand Robert », Nouvelle édition internationale (2012).[3]

« Réplicant : [replika] n. m. Automate androïde créé à partir de cultures de chair et de peau., grâce à des transferts énogénétiques spécifiques. Capable de pensée autogénérée. Facultés parapsychologiques. Destiné à être utiliser pour l'émigration. »
    — « Le Grand Robert », Nouvelle édition internationale (2012).[3]

En pratique, les réplicants sont plus proches de clones que de robots.[4]


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Le concept [modifier]

En 2019, dans un Los Angeles d'une Terre viciée à cause de guerres radioactives qui ont anéanti la quasi-totalité de la faune et de la flore de la planète, les différents gouvernements terriens encouragent très fortement l'exil vers Mars qui est en cours de colonisation[5]. Pour favoriser les départs, ceux-ci offrent gracieusement un réplicant à toutes les personnes qui partent pour Mars.

Entre objet et esclave [modifier]

Ils sont plus ou moins considérés comme des esclaves modernes, une sorte de classe inférieure presque antagoniste à la manière de Metropolis de Fritz Lang. Les premières versions, c’est-à-dire antérieures à la troisième génération synthogénétique, étaient utilisés dans les travaux pénibles ou dangereux, comme objets de plaisirs, dans les forces armées[6] ou pour l'exploration de sites inhospitaliers[5].

Après une révolte sanglante de réplicants dans une colonie martienne, ces derniers sont bannis de la Terre. Toutefois, certains réussissent à la regagner. Des unités spécialisées, appelées Blade Runner, sont là pour faire respecter la loi aux contrevenants androïdes. Ils ont donc l'autorisation de tuer n'importe quel réplicant en situation irrégulière. On n'appelle pas cela un meurtre mais un « retrait ».

« Les réplicants sont comme n'importe quelle autre machine - ils sont soit un bienfait, soit un risque. S'ils sont un bienfait, ils ne sont pas mon problème. »
    — Rick Deckard, Blade Runner

Plusieurs séries de réplicants existent. Les réplicants de la nouvelle série 6 des « Nexus » (X-3-S-M), créés génétiquement par la Tyrell Corporation[7], sont pratiquement identiques à un être humain adulte[8], mais avec une force et une agilité supérieure, l'intelligence dépendant quant à elle du modèle. Les usines de production de la firme se trouvent sur Mars.

Au début du film, aucun Blade Runner n'a jamais eu encore à traquer un de ces nouveaux modèles « Nexus 6 ».

« Quelle expérience de vivre dans la peur, n'est-ce pas ? Voilà ce que c'est d'être un esclave. »
    — Roy Baty, Blade Runner

Les différences avec les êtres humains [modifier]

Article détaillé : Voight-Kampff.

En raison de leur similitude physique avec les êtres humains[9], un réplicant ne peut être détecté que par son manque d'empathie aux questions posées dans le test de Voight-Kampff. Les policiers doivent être prudents pour éviter toute erreur sur la personne.

Pour repérer les réplicants, le Blade Runner se concentre sur les différences qui existent entre eux et les humains. Voici les trois principales :

  • Les réplicants ne sont pas sensibles à la vie animale (à laquelle les humains sont très attachés, d'autant plus que les véritables animaux sont devenus excessivement rares au moment où se passe l'action[10]) et ne ressentent rien lorsqu'un animal est mis à mort ;
  • Les réplicants n'ont aucune forme d'empathie entre eux et envers les autres. Ainsi, ils ne feront rien pour aider l'un des leurs et se résignent souvent quand un Blade Runner les attrape ;
  • Les réplicants ont une moelle osseuse différente de celle des humains, du fait qu'elle a été créée génétiquement, ce qui permet une vérification après un « retrait ».

Autre différence présente dans le film mais qui dépend de la version du montage, les yeux des réplicants brillent lorsqu'ils sont troublés[11].

Une durée de vie limitée [modifier]

Les réplicants sont créés avec un processus génétique de détérioration cellulaire qui provoque leur mort au bout d'un temps défini à l'avance. Ils « naissent » donc directement avec la corpulence d'un être humain adulte et ne servent que quelques années.

Les objets n'ont aucun droit [modifier]

Tout le monde ne pense pas que les réplicants devraient être considérés comme de simples objets. Certains militent pour que les réplicants aient les mêmes droits que les êtres humains. D'un autre côté, les syndicats protestent face à la substitution des réplicants aux travailleurs dans les usines. Pour les médias, les hommes politiques et l'Église, il ne s'agit que d'objets.[12]

Rick Deckard, protagoniste principal du film, ne partage pas cet avis. Il donna sa démission de la police suite à la sortie des « Nexus 3 », qu'il trouvait déjà « trop doux » et « trop humains » pour être considérés comme des objets[12].

Différents niveaux de conception [modifier]

Outre leur modèle, l'intellect et le physique des réplicants dépendent aussi d'un niveau choisi à leur conception. Probablement pour des raisons de coûts, il est important que les compétences des réplicants soient en corrélation directe avec l'activité qui leur est destinée. Il semble que les niveaux s'échelonnent de « A » à « C », « A » étant le niveau le plus élevé et « B » semblant le niveau comparable aux êtres humains normaux[13].

Un niveau physique « A », comme sur Roy Batty, permet de supporter, pour une courte durée, des températures allant de -200° à +600°[14], [12], malgré une biologie similaire à l'Homme. Il ne doivent pas cependant être considéré comme des « super Hommes » mais comme « le meilleur des Hommes »[15].

Une identification par numéro de série [modifier]

Chaque réplicant est désigné par un prénom (et plus rarement un nom) et un numéro de série. Ce dernier offre des informations précieuses quant à l'androïde.

Dans le film, Leon est immatriculé sous le numéro « N6MAC41717 », Roy Batty « N6MAA10816 », Pris « N6FAB21416 » et Zhora « N6FAB61216 »[13].

Par exemple, le code d'identification de Pris, « N6FAB21416 », signifie N6 pour la série « Nexus 6 », F pour son genre, A pour son niveau physique et B pour son niveau d'intelligence. Les chiffres suivants indiquent le temps de vie prévu avant désactivation, ici 2 pour le nombre de mois, 14 pour le nombre de jours et 16 pour le nombre d'années[13].

Des souvenirs artificiels [modifier]

Les réplicants développent des « obsessions étranges » quand ils « utilisent » leurs réponses émotives programmées. Leur manque d'expérience et leur immaturité émotionnelle leur posent de gros problèmes. En effet, ils doivent apprendre à réagir comme un être humain malgré leurs quelques années d'espérance de vie.

Pour contrer ce problème, ils peuvent être dotés de souvenirs. Dans le film, Rachael semble être la seule « Nexus 6 » à avoir bénéficié de cette nouvelle technologie[16], c'est pourquoi Eldon Tyrell la considère comme un prototype expérimental.

Les souvenirs permettent, entre autres, de cacher à un réplicant sa vraie nature en lui offrant la possibilité de se remémorer son enfance. Les souvenirs peuvent être copiés de ceux d'un être humain pour plus de cohérence, ils sont donc bien réels mais n'appartiennent pas à l'humanoïde.

Peuvent-ils ressentir des émotions ? [modifier]

Les réplicants ont été programmés pour répondre émotionnellement à certaines situations dans le but d'interagir et de paraître comme un être humain normal. Il ne s'agit pas de « vraies émotions » et les réplicants ne les ressentent pas, mais plus d'une simulation de ce qu'aurait ressenti un être humain.

Cependant, quelques « Nexus 6 » ont développé leurs propres émotions et celles-la sont des « vraies émotions », comme le semblant d'empathie de Roy Batty pour Rick Deckard à la fin du film.

Bien évidemment, cela est aussi valable pour l'Amour visible dans la relation entre Rick Deckard et Rachael.

Des tatouages [modifier]

Dans la scène sur les toits du film, on peut apercevoir des traces bleues ressemblant à des tatouages sur le torse de Roy Batty. Il s'agit d'une idée selon laquelle ces « petits ronds » seraient des connecteurs pour équipements spatiaux, une sorte d'interface électronique ou informatique[17].

Cette idée fut abandonnée dans le script final malgré le maquillage visible dans cette scène[17].

La nourriture et l'alcool [modifier]

À l'instar des êtres humains, les réplicants ont besoin de se nourrir. Cela pousse certains réplicants en fuite, comme Zhora[18], à travailler pour se payer de la nourriture.

Une bouteille ressemblant à une bouteille de boisson alcoolisée est visible sur une des photographies de l'appartement de Leon traitée sur l'Esper[19]. Cela indiquerait que les réplicants pourrait supporter et apprécier l'alcool. De plus, dans la version du film, si Rick Deckard est considéré comme un réplicant, il semble très probable qu'il boive[19].

Reproduction [modifier]

Étant créés de manière artificielle et malgré leur biologie proche des « Hommes », les réplicants ne semblent pas capables de se reproduire. En effet, cela serait une perte d'argent considérable si chacun pouvait « élever » ses propres réplicants. Ils seraient de plus incapables de s'occuper de leurs enfants à cause de leur durée de vie limitée. Enfin, ils n'ont aucun droit et donc cela semble incompatible avec le fait d'avoir des enfants[19].

Ils n'ont donc pas de famille, et c'est pourquoi certains ont tendance à s'attacher par affection à leurs semblables afin de se créer un substitut de famille[20].

Origine du terme [modifier]

Dans le roman de Philip K. Dick Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? qui a inspiré le film, le terme utilisé est « androïde ». Cependant, le réalisateur Ridley Scott a souhaité une nouvelle appellation pour éviter tout préjugés. David Webb Peoples, qui avait pour charge de réécrire le scénario, a consulté sa fille qui étudiait la microbiologie et la biochimie. Elle lui suggéra le terme « répliquer » qui est le processus de reproduction des cellules pour le clonage. De cela, il tira l'appellation « réplicant » et l'inséra dans le scénario de Hampton Fancher[21].

Le message [modifier]

Pour une analyse plus fine des thèmes de Blade Runner, voir l'article principal Blade Runner.

La condition des « réplicants » permet, par analogie, d'interroger le spectateur sur le sens de la condition humaine et sur les critères qui définissent l'Homme. À travers les yeux de Rick Deckard, le film illustre comment les souvenirs, les désirs et les émotions liées à l'inconscient ainsi que la volonté de suivre sa conscience, parfois même en sortant des chemins établis, définissent l'humanité[22].

Les réplicants [modifier]

Du film [modifier]

Dans Blade Runner, les réplicants entrés illégalement sur Terre sont au nombre de six, tous de la série « Nexus 6 » : Roy Batty (interprété par Rutger Hauer) est un modèle destiné au combat pour le programme de défense des colonies, Pris (interprété par Daryl Hannah) est un « modèle de plaisir » pour le personnel militaire, Zhora (interprété par Joanna Cassidy) a été ré-entraîné pour accomplir des meurtres politiques, Leon (interprété par Brion James) est un modèle de combat, chargeur de munitions pour des applications liés à la fission nucléaire, Hodge a été tué dans un champ électrique en tentant de rentrer à la Tyrell Corporation et Mary, la 6e réplicant a été retirée du script pour raison budgétaire créant beaucoup de spéculations sur le fait que Rick Deckard soit le 6e réplicant avec de nouveaux souvenirs[23]. Les différentes versions du film ont elles aussi participé à cette ambigüité[23].

Rachael (interprété par Sean Young) est aussi une réplicant, il s'agit d'un prototype expérimental « Nexus 6 »[24] avec des souvenirs implantés de la nièce du Dr. Eldon Tyrell.

Deckard est-il un réplicant ? [modifier]

Articles détaillés : Deckard est-il un réplicant ? et La fin du film.

Dans le roman Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?, Rick Deckard est clairement identifié comme un humain. Cependant, le film est beaucoup plus ambigu sur ce sujet. En effet, selon la version du montage, Deckard apparaît plutôt comme un humain (version originale), ce qui était souhaité par la production pour anticipation de la réaction du public, ou plutôt comme un réplicant (version du réalisateur), ce qu'a reconnu Ridley Scott[25]. Cela étonna l'acteur principal Harrison Ford et même le scénariste Hampton Fancher, lequel indiqua qu'il n'avait pas écrit le rôle comme celui d'un réplicant[26].

Des romans [modifier]

Dans Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? de Philip K. Dick (1966), l'éboueur Max Polokov (qui est aussi le policier Sandor Kaladyi), la chanteuse d'opéra Luba Luft, l'officier de police Garland, le policier Phil Resch, Rachael Rosen (même personnage que la Rachael Tyrell du film) et les rénégats Roy Baty et Priss sont des réplicants.

Les personnages principaux sont aussi présents dans les livres de K.W. Jeter : Blade Runner 2: The Edge of Human (1995), Blade Runner 3: Replicant Night (1996) et Blade Runner 4: Eye and Talon (2000).

Du jeu-vidéo [modifier]

Article détaillé : Blade Runner (jeu vidéo).

Selon les actions du joueur, les personnages sont soit humain soit réplicant, c'est le cas de Roy McCoy, le protagoniste joué par le joueur, qui est un « Blade Runner » à la recherche d'un groupe de réplicant. Sadik, Dektora (danseuse exotique), Lucy et Gordo Frizz (comédien) dépendent aussi du joueur.

Clovis (qui dirige le groupe de réplicants), Zuben (cuisinier dans un restaurant chinois), les jumeaux Luther et Lance (anciens employés de la Tyrell Corporation) sont eux toujours réplicants.

Suivant le comportement du joueur le jeu se termine selon un des 7 scénarios possibles. [27]

Un thème récurrent de science-fiction [modifier]

L'androïde « Maria » de Metropolis a été une source d'inspiration pour le concept du « Réplicant ».
L'androïde « Maria » de Metropolis a été une source d'inspiration pour le concept du « Réplicant ».

Le « réplicant » est souvent utilisé dans la science-fiction, principalement sous forme de clin d'œil au film mais parfois loin de son message sur la condition humaine. Voici quelques exemples :

Bibliographie [modifier]

  • (fr) Philip K. Dick, Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?, 1968.
  • (en) Paul Sammon, Future Noir: The Making of Blade Runner (The Blade Runner Bible), Orion, 2004 (ISBN 0-7528-0740-4)
  • (fr) Archie Goodwin et Al Williamson, Blade Runner (version //

    13/11/2007
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