: de science-fiction réalisé par les frères Andy et Larry Wachowski

 

Matrix

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Matrix
Titre original The Matrix
Réalisation frères Wachowski
Acteur(s) Keanu Reeves
Laurence Fishburne
Carrie-Anne Moss
Hugo Weaving
Joe Pantoliano
Gloria Foster
Musique Don Davis
Producteur(s) Joel Silver
Budget 63 000 000 USD
Format Super 35mm
VistaVision
(2,35:1)
DTS
Dolby Digital
SDDS
Durée 2 heures 16 minutes
(136 minutes)
Sortie États-Unis Canada : 31 mars 1999

Australie : 9 avril 1999
Royaume-Uni : 11 juin 1999
France : 23 juin 1999

Matrix[1] ou La Matrice[2] (The Matrix en version originale) est un film de science-fiction réalisé par les frères Andy et Larry Wachowski et sorti en 1999. Inspiré du livre le Neuromancien, il est le premier volet d'une trilogie qui se poursuivra avec les films Matrix Reloaded et Matrix Revolutions.

Sommaire

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Synopsis [modifier]

« On n'est pas le meilleur quand on le croit, mais quand on le sait... »
    — Morpheus

Thomas A. Anderson, un jeune informaticien connu dans le monde du piratage sous le pseudonyme de Néo (anagramme de (The) One en anglais, ce qui veut dire l'Élu ; mais aussi de Noé : personnage biblique destiné par Dieu à sauver l'humanité de ses propres pêchés, ainsi que le mot latin Neo signifiant "nouveau"), est contacté via son ordinateur par ce qu’il pense être un groupe de pirates informatiques. Ils lui font découvrir que le monde dans lequel il vit n’est qu’un monde virtuel dans lequel les êtres humains sont gardés sous contrôle.

Morpheus, le chef des survivants qui contacte Néo, pense que celui-ci est l’Élu qui peut libérer les hommes du joug des machines et prendre le contrôle de la matrice.

Le film raconte la découverte par Néo de ses talents à grand renfort d’effets spéciaux novateurs, comme ce qu’on appelle couramment depuis : l’effet Matrix ou le bullet time, mais qui a en fait été inventé avant. Il s'agit d'un plan fixe filmé par plusieurs caméras disposées circulairement, donnant l’impression que le sujet est figé et qu’une caméra tourne autour de lui.

Commentaire [modifier]

Technique [modifier]

Ce film fut présenté au grand public comme une véritable révolution. Il l’était, sur le plan esthétique, par son emploi intensif d’une technique de tournage (technique antérieure mais assez peu utilisée auparavant) : le bullet time, effet de « caméra mobile » (en fait une série d'appareils photo disposés en cercle) autour d’un sujet en mouvement ralenti. Cette technique fut utilisée par Michel Gondry dans une publicité pour Smirnoff en 1997, la première utilisation au cinéma fut sans doute dans l'adaptation de la série télévisée Perdus dans l'espace (Lost in Space) de Stephen Hopkins (1998). De nombreux éléments graphiques ont été repris de Ghost in the Shell de Mamoru Oshii, notamment le générique.

Sur le fond, cependant, aucun des éléments pris séparément n’est proprement révolutionnaire. La manière de filmer est très inspirée du cinéma de Hong-Kong et de John Woo, les thèmes sont des classiques du cyberpunk, avec des éléments de Tron (Steven Lisberger, 1982) et de Terminator (James Cameron, 1984) pour le thème central (les machines dominant le monde dans le futur).

Quant à la notion de la vie dans un monde de simulacre électronique, elle est présente, outre dans Tron, dans un film sorti juste après Matrix : Passé virtuel (The 13th Floor), inspiré par le livre-culte de Daniel F. Galouye Simulacron 3, ainsi que dans un film sorti simultanément, eXistenZ de David Cronenberg. La notion même d’univers mental géré par ordinateur est apparue dans le roman Ubik de Philip K. Dick paru en 1969, ainsi que dans Neuromancien de William Gibson en 1984. On peut également citer le projet Lifehouse écrit par Pete Townshend, auteur des Who. De plus la référence dans l'histoire de la pilule rouge vient du roman et du film de Paul Verhoeven, Total Recall, où la prise de celle-ci signifie l'acceptation psychologique d'un retour à la réalité pour le héros de l'histoire.

Enfin, une rumeur prétend que Dark City, sorti un an avant Matrix, a été une source d'inspiration pour ce dernier et certains sites ont pris le plaisir de les lister. En réalité, l'inspiration a plutôt prit le sens inverse puisque la version définitive du scénario de Matrix a été achetée en 1994 par la Warner Bros, coiffant au poteau plusieurs majors...dont New Line, productrice de Dark City, qui n'allait pas tarder à demander quelque réécritures pour Dark City (une nouvelle version sera livrée par David Goyer). Voilà qui explique les similitudes de certains évènements ou idées. Pour ce qui est des similitudes de décors, c'est tout simplement que pour des raisons de budget, Matrix a réutilisé certains des décors de Dark City (les deux films ont été tournés dans le même studio). Rajoutons que la simple proximité des dates de sortie suffit à réfuter toute thèse de copiage, Dark City n'étant sorti qu'un mois avant le début du tournage de Matrix. Dans ces conditions, difficile de croire que les frères Wachowski, alors en pleine pré-production d'un tournage qui s'annonçait compliqué, aient pu ne serait-ce qu'envisager d'ajouter des éléments à leur scénario qui était alors bouclé depuis plus de trois ans.

Interprétations [modifier]

Des articles de presse ont souligné lors de sa sortie la récupération par Matrix de concepts ou mots existants déjà préchargés de sens et sur lesquelles il se greffe : Morpheus (Morphée n’est-il pas le dieu des rêves, donc de la réalité imaginée ?), le lapin blanc de Lewis Carroll, notion d’éveil inspirée du bouddhisme, la Bible (messianisme avec l'élu, les noms Nebuchadnezzar et Zion sont les transcriptions phonétiques anglaises de Nabuchodonosor et Sion, Trinity et la sainte Trinité)… Il peut être aussi considéré comme une reprise adaptée au monde moderne du concept hindouiste de la mâyâ et de l'allégorie de la caverne de Platon, où le monde que nous voyons ne reflète que les ombres du réel (thème largement utilisé dans le cinéma, qui est après tout lui-même une « caverne de projection » ; voir mise en abyme). Le film a d'ailleurs suscité un livre de philosophie regroupant plusieurs contributions : Matrix, machine philosophique (éditions Ellipses, 2003).

Le désir de rechercher une explication d'ensemble a engendré une profusion d'hypothèses, aucune n'ayant jamais été confirmée ni démentie par les frères Wachowski. L'une d'entre elles en fait une synthèse rassemblant des visions philosophiques dues entre autres à Berkeley et Descartes. Le court-métrage The philosophy of the Matrix en a été tiré. Une autre interprétation voit dans Matrix une parabole d'inspiration marxiste où les individus soumis à une illusion permanente et considérés uniquement comme source d'énergie par les maîtres de la planète symbolisent le prolétariat. Une troisième y voit une vision tiers-mondiste en arguant du fait que les agents sont toujours des blancs habillés uniformément à l'occidentale, alors que les autres personnages reflètent, surtout à partir du deuxième film, la diversité des populations de la planète. Une quatrième y voit une théorie développée par des sources ufologiques ou par Robert Monroe, Valdamar Valerian (Matrix, 1988), ainsi que Laura Knight-Jadczyk (Ces mondes qui nous gouvernent), qui expliquent que toute forme de vie terrestre est une source d'énergie pour des entités d'une dimension supérieure compénétrant la nôtre, source qui de ce fait, doit être tenue sous contrôle. Etc.

Références et allusions [modifier]

Les références à divers films, contes ou autres œuvres sont nombreuses dans Matrix. Une de ces allusions est évidemment celle à Alice au pays des merveilles. En effet, outre la référence directe du lapin blanc, les Frères Wachowski multiplient les indices menant à cette œuvre. Ainsi, quand Néo se "réveille" dans le monde réel, il tombe dans un tuyau interminable avant de tomber dans un lac souterrain de la même manière qu'Alice tombe dans l'interminable terrier vertical du lapin blanc. De plus dans la scène précédente Néo observe son reflet dans le miroir et passe sa main "à travers" ce miroir ; or le deuxième tome des aventures d'Alice s'intitule De l'autre côté du miroir. Une autre référence est celle reprenant un élément d'une œuvre très appréciée des réalisateurs : 1984 de George Orwell. En effet dans ce roman la salle de torture redoutée de tous est la salle 101. La chambre où Néo habite au début du film est numérotée 101, à la fin de Matrix, Néo meurt en voulant entrer dans l'appartement 303 (soit 3*101), dans Matrix Reloaded l'étage où réside le Mérovingien est l'étage 101, le code que Morpheus donne pour caractériser le Freeway. Ceci peut aussi s'expliquer par le fait que 101 reflète le code binaire du langage informatique.

101 désigne aussi dans l'enseignement aux États-Unis le cours d'initiation à quelque chose : Philosophy 101, Programming 101, English 101, etc. (module 01 de la 1ère année de cours).

Le terme matrice est récupéré de l'œuvre de William Gibson, ainsi que les allusions aux rastafaris et à la Cité de Sion.

Les épisodes du film détaillent les Arcanes majeurs du Tarot divinatoire[3].

Les caractères utilisés dans le générique, ainsi que pour représenter sur écran le fonctionnement de la Matrice, ressemblent fortement à ceux de Glozel, autre lieu mythique où il est également difficile de séparer le vrai du faux.

Fiche technique [modifier]

Distribution [modifier]

A noter que le rôle de l'Agent Smith fut proposé à l'acteur français Jean Reno, qui déclina pour tourner le film Godzilla.

Bande Originale [modifier]

Récompenses [modifier]

Autour de la production du film [modifier]

Lorsque le producteur Joel Silver est venu demander aux studios Warner de produire le premier volet de Matrix, ces derniers, n'ayant rien compris à l'histoire du film, n'ont accepté de le financer que sur la base d'un accord de distribution exclusive avec sa société de production Silver Pictures. De plus, Matrix étant dès le départ prévu comme une trilogie, ils acceptèrent d'envisager de produire deux suites pour la vidéo en cas de succès, n'imaginant pas que le film puisse rencontrer son public. Par la suite, le film devint l'un des plus gros succès de l'histoire et les producteurs de la Warner tenteront de faire croire (notamment par le biais d'un documentaire promo contenant des propos antidatés) qu'ils avaient entrevu le potentiel du film et l'ampleur du phénomène qui allait suivre.

Autour du film [modifier]

Le film est à l’origine d’une série de courts-métrages animés : Animatrix (2003).

Filmographie Matrix [modifier]

Produits dérivés [modifier]

Jeux vidéo [modifier]

Bandes dessinées [modifier]

L'univers de Matrix [modifier]

L'environnement [modifier]

Les personnages évoluent dans deux univers :

  • la Matrice : univers virtuel réaliste dans lequel les humains sont enfermés, cet univers modélise le monde actuel. Il a existé plusieurs versions de la matrice, qui se corrigent au fur et à mesure.
  • le monde réel : il s'agit de la Terre en ruine et sous une couche de nuages cachant définitivement le Soleil. Les machines ont pris le contrôle, et utilisent les êtres humains comme source d'énergie.

Pour les garder vivants et productifs, ils les branchent à "la matrice" pour leur donner une impression de liberté.

Des humains rebelles ont formé une ville souterraine, Zion, les machines cherchent à y accéder par tous les moyens afin de la détruire. Zion fut l'ancienne cité des machines Zéro One, le nom de Zion vient de là. De plus, en anglais, Zion est l'écriture phonétique de Sion, nom qui désigne le mont Sion, sur lequel est bâtie Jérusalem ; par extension, Sion désigne Jérusalem. Il est également précisé dans Matrix Reloaded que Zion comporte environ 250 000 habitants.

Certains éléments laissent à penser que Zion ferait partie de la Matrice, et qu'il n'y aurait pas de véritable monde réel, les "humains" étant en fait des programmes ignorant leur vraie nature. Les films sont en effet parsemés de détails allant dans le sens de cette thèse sans toutefois faire de cette interprétation une vérité unique (ces points sont longuement développés sur le site http://www.matrix-happening.net).

L'univers de Matrix peut en effet être interprété d'une foule de façon différentes en fonction de la sensibilité de chacun sans qu'aucune ne soit plus vraie ou plus fausse qu'une autre, les réalisateurs ayant fait en sorte que chaque niveau de lecture soit plausible et cohérent.

Les Groupes [modifier]

Zion (Humains) [modifier]

  • Neo
  • Morpheus
  • Trinity

Flotte de Zion

Exilés [modifier]

Les exilés apparaissent dans les deux derniers volets de la trilogie "The Matrix Reloaded" & "The Matrix Revolutions". Ce sont des programmes de la matrice qui, une fois leur mission terminée, refusent la destruction et se cachent en son sein. Parmi eux sont à nommer l'agent Smith, le maître des clefs (the Keymaker), ou encore Sati, la petite fille rencontrée par Néo dans la station de métro. [Source: Matrix trilogie]

Les Machines [modifier]

  • Les Sentinelles : machines se promenant dans le monde réel afin de tuer toute forme de vie non-autorisée. Elles sont contrôlées par la Matrice. Elles font partie du programme Monde du Dessous de la Matrice, de manière à faire croire aux humains du Monde du Dessous la rivalité entre humains et machines.
  • Les APU : ce sont des machines pilotées par les humains dans le but de défendre Zion. Le chef des unités d'élite d'APU est le capitaine Mifune.

Les "Programmes" dans la Matrice [modifier]

  • Les Agents : ils se promènent librement dans la matrice pour en assurer la sécurité et lutter contre les humains piratant la matrice. On ne peut pas les tuer car ils intègrent les corps humains branchés sur la matrice en se téléchargeant "sur" eux; s'ils se font tuer, ils se téléchargent sur un autre corps, en laissant derrière eux le cadavre de leur hôte.
  • L'Oracle : programme très ancien ayant vu l'évolution de la matrice. Il sert de guide aux humains. Toujours très énigmatique, elle est protégée par Séraphin. C'est elle qui manipule tout le monde depuis le début, car, en tant que programme de la Matrice, il est de son devoir de la protéger de l'anomalie Néo.
  • Le Mérovingien : on pense que le Mérovingien fut créé peu après l'apparition de la Matrice. C'est un trafiquant d'informations très dangereux.
  • L'Homme du Train : il est au service du Mérovingien. Il gère la liaison entre le monde des Machines et le monde réel.
  • L'Architecte : concepteur de la Matrice. Il révèlera à Neo toute la machination de la Matrice (Monde du Dessus, du Dessous, les mensonges de l'Oracle...).
  • L'agent Smith: c'est un agent qui a échappé au contrôle des machines dans Matrix reloaded

Voir aussi [modifier]

Notes et références [modifier]

Liens internes [modifier]

Liens externes [modifier]

commons:Accueil

Wikimedia Commons propose des documents multimédia libres sur Matrix.


Série science-fiction
Cet article fait partie de la série
Littérature de science-fiction

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10/05/2008
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