Apocalypse

 

Apocalypse

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Couverture de la Bible de la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs.

L’Apocalypse ou Apocalypse de Jean ou encore Livre de la révélation, également appelé Révélation de Jésus-Christ (en grec ancien : Αποκάλυψις Ιησού Χριστού, apokálupsis Iēsou Christoũ) suivant les premiers mots du texte[1], est le dernier livre du Nouveau Testament canonique[2].

L'œuvre a été composée vers la fin du Ier siècle[3] par un auteur judéo-chrétien nommé Jean qui résidait à Patmos au moment de l’écriture du texte, et que la tradition a identifié parfois à l'apôtre Jean fils de Zébédée ou à Jean le Presbytre. Une autre tradition, contestée dès son apparition au IIe siècle, estime que le même auteur aurait écrit l'évangile selon Jean.

Étymologiquement, le mot « apocalypse » est la transcription d’un terme grec (ἀποκάλυψις / apokálupsis) signifiant « dévoilement » ou, sous un aspect religieux, « révélation »[4] et appartient à un genre littéraire juif puis chrétien de type ésotérique — la littérature apocalyptique — qui présente une grande diversité mais qui a en commun un goût prononcé pour l'allégorie ainsi que pour le symbolisme[5] et dont l’Apocalypse de Jean constitue un modèle du genre[2].

Le texte, d'essence prophétique et dont l'auteur se réclame d'Ézéchiel, se présente ainsi comme une « révélation de Jésus-Christ » (Ap 1,1) qui dévoile à Jean « quel est le sens divin de son époque et comment le peuple de Dieu sera bientôt délivré »[6].

Sommaire

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Genre littéraire [modifier]

Le mot « apocalypse » est un terme qui s'est chargé au fil des siècles d'une série de connotations et de travestissements qui l'ont éloigné de son sens d'origine pour souvent évoquer une catastrophe massive et violente[4], et « devenu populaire pour de mauvaises raisons »[2]. Cette perception est notamment liée à la difficulté d'appréhender un genre littéraire déroutant[7] qui ne trouve pas de comparaison dans la littérature contemporaine[8].

La littérature apocalyptique constitue un genre littéraire ancien qui apparaît probablement à l'époque de l'exil à Babylone — au VIe siècle av. J.-C. — avec les textes d'Ézéchiel, de Joël et de Zacharie avant de s'épanouir avec Daniel (vers 165 av. J.-C.) qui sert de modèle à l’Apocalypse de Jean mais aussi aux apocalypses apocryphes juives et chrétiennes ou encore aux textes apocalyptiques de Paul de Tarse[9].

Dans les littératures juives et chrétiennes, le genre de ces écrits se définit par certaines relations entre leur forme, leur contenu et leur fonction sans qu'il appartiennent pour autant à un mouvement ou un milieu particuliers. Ils ne témoignent d'aucun courant théologique spécifique et peuvent véhiculer des idéologies très éloignées, voire opposées[4].

On peut cependant déceler comme terreau commun à ce genre prophétique une ossature narrative qui a pour fondement une vision-révélation divine transmise à un homme[1], généralement par l'entremise d'un être surnaturel[10], dans une représentation du monde caractérisée par la présentation de deux ordres de la réalité : celui de l'expérience humaine sensible et celui d'une réalité spirituelle invisible et inaccessible à l'expérience courante mais déterminant pour le destin humain[4]. La révélation elle-même procède d'une réalité transcendante qui propose à la fois une dimension temporelle, dans la mesure où elle propose un salut eschatologique, et spatiale, dans celle où elle annonce l'imminence d'un monde nouveau[1]. Trois traits apparaissent également caractéristiques de ce genre de littérature : premièrement, le voyant de l'apocalypse est un écrivain qui, à la différence d'un prophète, consigne ses visons dans un écrit ; deuxièmement, celui-ci est souvent pseudépigraphique ; enfin, l'auteur fait usage de chiffres, d'objet et de personnages symboliques, sans s'attacher à rendre cohérent ce symbolisme[11].

Textes apocalyptiques [modifier]

Plusieurs écrits pseudépigraphes sont également des apocalypses : Apocalypse grecque de Baruch, Apocalypse syriaque de Baruch, Apocalypse d'Abraham, Apocalypse de Moïse, Apocalypse d'Élie[12], Apocalypse de Noé[13] ou encore l'Apocalypse d'Esdras[14].

De nombreux apocryphes se réclament du genre ou en portent le nom : Apocalypse de Pierre, Apocalypse de Jacques, Apocalypse de Paul, Apocalypse d'Étienne… Si l’Apocalypse de Jean est, d'une façon formelle, la seule apocalypse reconnue dans le Nouveau Testament, des passages entiers de celui-ci, relèvent du même genre : le discours eschatologique de Jésus, dans Matthieu (24-25), dans Marc (13) et dans Luc (21,5-36), certains passages des épîtres de Paul de Tarse (2 Th 1,6-12 ; 2,3-12) ou de saint Pierre (2 P 3,10).

Auteur et datation [modifier]

Le quatrième Ange sonne de la trompette (Apocalypse VIII), enluminure sur parchemin, vers 950-955.

Auteur [modifier]

L'auteur de l'Apocalypse est inconnu. À quatre reprises dans le texte, le voyant s'attribue le nom de « Jean », qui est un prénom très fréquent dans les écrits néotestamentaires[15]. Celui-ci se décrit comme exilé forcé sur l'île de Patmos « à cause de la Parole de Dieu et du témoignage de Jésus »[16], dans ce qui pourrait s'apparenter à l'idée contemporaine de « délit d'opinion »[17].

Attributions traditionnelles [modifier]

Vers le milieu du IIe siècle, Justin de Naplouse[18] est le premier à identifier l'auteur à Jean fils de Zébédée, l'un des apôtres de Jésus de Nazareth, suivi un peu plus tard par Irénée de Lyon qui attribue également l'évangile et les lettres johanniques à l'apôtre[19]. Papias d'Hiérapolis attribue quant à lui ce livre à Jean le Presbytre (ou Jean l'Ancien), qui serait un disciple de Jean l'apôtre, devenu responsable de la communauté d'Éphèse à la fin du Ier siècle. Mais déjà au IIIe siècle, Denys d'Alexandrie procède à une analyse textuelle qui lui fait conclure que l'Apocalypse n'a pas été rédigée par l’auteur de l'évangile johannique ou des trois premières épîtres qu'il attribue à l'apôtre Jean. Il attribue le texte apocalyptique, suivant Papias, à Jean le Presbytre qui distingue ce dernier de Jean, l'un des Douze[15]. Au IVe siècle, en se fondant sur Papias, Polycarpe de Smyrne et Denys, Eusèbe de Césarée attribue à son tour le texte à Jean le Presbytre[5].

L’attribution traditionnelle apostolique, la plus partagée parmi les auteurs ecclésiastiques du monde antique[20], contribue à l'acceptation de canonicité du texte. Mais cette canonicité s'est faite difficilement, notamment en Orient où l'utilisation du texte par des groupes sectaires comme les adeptes du montanisme l'a rendu suspect.

Ainsi, la confusion règne dans la tradition car la tradition johannique d’Éphèse — cœur anatolien de celle-ci — a vu se télescoper les deux « Jean » — l'apôtre et l'auteur de l'Apocalypse[21].

Recherche contemporaine [modifier]

L'analyse exégétique contemporaine s'oppose à la tradition[22] car rien ne permet d'identifier Jean de Patmos à l'apôtre ; avant tout, l'auteur ne revendique jamais ce titre et exprime que pour lui le groupe des apôtres appartient au passé[23]. De la même manière, il n'utilise pas davantage le titre d'« Ancien » (Presbytre)[1].

L'auteur a vraisemblablement été un personnage important des communautés judéo-chrétiennes d'Asie Mineure aux sept Églises[24] desquelles il s'adresse et dont le texte peut laisser penser qu'il était un prophète itinérant[19].

En se fondant sur l'analyse exégétique et textuelle, il est vraisemblable que sa langue soit l'araméen voire l'hébreu, ce qui rend possible la thèse des chercheurs qui en font un prophète apocalyptique judéo-chrétien qui aurait fui la Palestine à la suite de la révolte juive des années 60 et se serait réfugié en Asie Mineure — peut-être à Éphèse — avant de s'exiler sur l'île de Patmos, peut-être sous la pression de ce que la tradition chrétienne appelle « persécution de Domitien » mais dont la réalité est largement mise en question par les historiens[25].

Les relations de cet auteur avec la tradition et l'école johanniques sont débattues. Mais une majorité de chercheurs incline à ne pas associer Jean de Patmos aux courants johanniques, même si des contacts ont pu avoir lieu[26].

Datation [modifier]

La majorité de l'exégèse actuelle s'accorde pour dater la rédaction de l'Apocalypse vers 95, en tout cas sous le règne de l'empereur romain Domitien, entre les années 86 et 96[17]. Ce dernier a développé le culte impérial significativement, particulièrement en Asie Mineure ainsi que semble en attester le récit apocalyptique[27], qui a pu disconvenir à la foi des chrétiens eux-mêmes suspects aux yeux de l'empereur probablement hostile à un groupe entrainant ses sujets vers le culte exclusif d'un Dieu aniconique[28].

Une autre datation plus ancienne est parfois proposée, faisant remonter cette rédaction au règne de Néron, mort en 68, se référant notamment à la tradition des persécutions néroniennes de chrétiens évoquée dans la vision apocalyptique. Mais ce dernier, dont la réputation était telle chez les chrétiens qu'il représentait l'Antéchrist[17], semble plutôt avoir inspiré le parallèle avec Domitien ; néanmoins les activités antichrétiennes du premier ne semblent pas avoir dépassé le cadre de Rome tandis que les tracasseries ou harcèlements de Domitien envers les chrétiens — refusant vraisemblablement pour certains de s'associer aux cultes publics — semblent s'être plus largement déployées, notamment en Asie Mineure et en Palestine[28]. Les traditions chrétiennes ultérieures, influencées par de plus importantes persécutions, ont pu amplifier les exactions contre les chrétiens et rendre les deux empereurs également coupables[29].

Localisation [modifier]

Localisation des sept cités et de l'île de Patmos, en Asie Mineure.

Justin de Naplouse affirme que l'apôtre Jean — qui pour lui est l'auteur du texte — est revenu à Éphèse après sa détention à Patmos et qu'il y a vécu jusqu'au début du règne de Trajan, soit l'an 98. Certains pensent que le texte fut écrit en l'an 95, époque où l'empereur Domitien lança de nombreuses persécutions contre les chrétiens. Jean aurait été exilé à Patmos par mesure d'intimidation et aurait écrit ce livre sans aide. En comparaison des autres écrits de Jean (l'évangile selon Jean et les épîtres de Jean) où il aurait été aidé, la pauvreté du style de l'Apocalypse confirmerait cette version. Le style d'écriture reste tout de même proche entre le livre de l'Apocalypse et l'évangile selon Jean. C'est en particulier le cas pour le mot sêméion (« signe », Ap 12,1) retrouvé douze fois dans son évangile[30]. En 397, le concile de Laodicée admit cette hypothèse comme étant la plus vraisemblable. Selon une autre hypothèse, certains commentateurs comme Wetscoot, Lightfoot ou William Salmon, ont pensé que Néron était responsable de l'emprisonnement de Jean dans l'île de Patmos. L'Apocalypse aurait été rédigée pendant son règne et avant la chute de Jérusalem, vers l'an 70, période que proposaient également Clément d'Alexandrie, Origène et Jérôme.

La théologie orthodoxe a pris parti dans ce débat lorsque les moines orthodoxes de Patmos ont solennellement fêté le dix-neuvième centenaire de la rédaction de l'Apocalypse en 1995.

Canonicité [modifier]

La vision de saint Jean à Patmos, Les Très Riches Heures du duc de Berry, musée Condé, Chantilly, ms.65, f.17.

L'admission de l'Apocalypse dans le canon des livres reçus fut assez difficile. Certains, comme le prêtre romain Caïus, au début du IIIe siècle, rejetaient l'Apocalypse, car ils la soupçonnaient de favoriser le millénarisme. L'évêque Denys d'Alexandrie contestait son authenticité johannique pour des raisons stylistiques. L'Église de Syrie l'ignorait. Ce qui n'empêchait pas saint Athanase, évêque d'Alexandrie, de la reconnaître pleinement dans sa 39e lettre pascale (367).

En Occident, elle fut définitivement acceptée par le décret du pape Damase, en 382, confirmé par les conciles d'Hippone (393) et de Carthage (397), avec tous les autres écrits du Nouveau Testament. Dans l'Église d'Orient, son admission dans le canon est discutée jusqu'au Xe siècle.

Eschatologie [modifier]

Article détaillé : Eschatologie chrétienne.

Plusieurs autres textes de la Bible parlent de la fin des temps. Au début du chapitre 24 de l'évangile de Matthieu, Jésus est interrogé sur le moment et les signes de son avènement et de la fin du monde. Le Livre de Daniel, présente lui aussi des prophéties ayant trait à la fin des temps. Plusieurs théologiens protestants dont Charles Auguste Auberlen[31] font le rapprochement. Le prophète Isaïe évoque lui aussi de nouveaux cieux et une nouvelle terre, comme dans les derniers chapitres de l'Apocalypse.

Les trompettes sont un thème important de l'eschatologie[32]. Les trompettes de Jericho[33] qui annoncent la conquête de la terre promise par Josué sont parfois mises en parallèle avec les trompettes de l'Apocalypse qui annoncent la seconde venue de Jésus.

Résumé [modifier]

Les chapitres 1-3 contiennent l'introduction du livre et les lettres aux sept Églises d'Asie. Les chapitres 4-5 sont le compte rendu de visions reçues par l'auteur montrant la majesté et la puissance de la justice de Dieu et du Christ. Aux chapitres 6-9, 11, Jean raconte avoir vu un livre scellé de sept sceaux, sceaux représentant mille années de l'histoire temporelle de la terre. Ces chapitres traitent avant tout des événements contenus dans le septième sceau (voir Ap 8-9, 11:1-15).

Le chapitre 10 parle d'un livre avalé par Jean. Le chapitre 12 rapporte la vision du mal qui commença dans le ciel lorsque Lucifer se rebella et fut chassé. La guerre qui commença là-bas continue à faire rage sur la Terre. Aux chapitres 13, 17-19, Jean décrit les royaumes terrestres pervers dominés par Lucifer et leur sort, ainsi que la destruction finale du mal. Les chapitres 14-16 décrivent la justice des saints au milieu du mal, juste avant la seconde venue du Christ. Enfin, les chapitres 20-22 décrivent le millénium, la création d'une deuxième terre et la nouvelle Jérusalem.

Plan suivant le contenu [modifier]

L'Agneau sur le Mont Sion (Apocalypse XIV). Enluminure sur parchemin

Ce plan a été proposé par Raymond E. Brown dans son ouvrage Que sait-on du Nouveau Testament ?[3].

A. Prologue : 1,1-3
B. Lettres aux sept Églises : 1,4-3,22
  • Formule d'ouverture avec louange, promesse et réponse divine (1,4-8)
  • Vision inaugurale (1,9-20)
  • Sept lettres (2,1-3,22)
C. Première partie de l'expérience de révélation : 4,1-11,19
  • Vision de la cour céleste : l'Unique sur le trône et l'Agneau (4,1-5,14)
  • Sept sceaux (6,1-8,1)
  • Sept trompettes (8,2-11,19)
D. Deuxième partie de l'expérience de révélation : 12,1-22,5
  • Visions du dragon, des Bêtes et de l'Agneau (12,1-14,20)
  • Sept fléaux des sept coupes (15,1-16,21)
E. Épilogue avec bénédiction de conclusion : 22,6-21

Interprétations [modifier]

Interprétations générales [modifier]

Le langage hautement symbolique de ce livre a ouvert la voie à de très nombreuses interprétations, qui diffèrent selon les sensibilités et les époques. Cependant cinq grands courants sont en général retrouvés. Le premier courant inclut la thèse idéaliste, qui voit l'Apocalypse comme un combat entre les forces du bien et celles du mal. Tout est affaire de symbole. Parmi les adeptes de cette interprétation, Clément d'Alexandrie et Origène (IIIe siècle) peuvent être notés. Le deuxième inclut la thèse prétériste (praeter : avant), qui considère l'Apocalypse comme un livre d'histoire y retrouvant des événements comparables à ceux survenus durant la guerre de Judée (Ier siècle). Le troisième, la thèse présentiste ou historique, fait le rapprochement de l'actualité et des événements décrits dans le texte. De nombreuses personnalités illustres ont soutenu cette vision, comme Wycliffe, Luther, Joseph Mede ou encore Isaac Newton. Le quatrième, thèse futuriste, voit dans ce livre une peinture des événements à venir, une prophétie. Cette dernière conception donne lieu à de multiples interprétations, visant à rattacher les symboles à des événements du présent. Enfin, le cinquième, la thèse mystagogique, la plus permanente dans l'exégèse, qui voit dans ce livre une description de l'Église elle-même, dans sa liturgie, en tant que Jérusalem céleste. À ce titre, ce qui y est dévoilé correspond aussi aux aspects de l'Église terrestre qui n'est que son reflet en perpétuel devenir (sa liturgie, ses sacrements, ses temps - y compris ses derniers).

Le nombre de la Bête [modifier]

Article détaillé : Nombre de la Bête.

Un « nombre de la Bête » figure dans le texte au chapitre 13, verset 18. Ce nombre est « six cent soixante-six » ou, en chiffres arabes, « 666 », quoique quelques manuscrits comportent le nombre « six cent seize » ou « 616 »[34] ou encore « 665 ».

Cette marque relevant de la spéculation littéraire chiffrée commune au genre littéraire apocalyptique doit permettre d'identifier la Bête de l'Apocalypse - sans qu'il soit précisé laquelle - dans une symbolique, déjà présente dans le livre de Daniel, qui représente un pouvoir politique[35]. Ce nombre de la Bête a donné lieu à nombre d'interprétations à travers les siècles.

Millénarisme [modifier]

William Blake : Le Dragon rouge et la femme enveloppée de soleil (Ap. 12)
Article détaillé : Millénarisme.

Le millénium est le terme employé pour désigner le règne de mille ans de Jésus-Christ sur Terre décrit dans le chapitre 20 de l'Apocalypse. Il existe plusieurs conceptions du millénium, qui peuvent être globalement classé en trois catégories.

Les prémillénaristes, ou millénaristes conçoivent le millénium littéralement : le règne de 1 000 ans du Messie sur terre. Le retour de Jésus-Christ, qui met fin au règne des deux bêtes et du faux prophète, amène le début du millénium. Selon certains, l'Église serait enlevée dans un premier temps, puis accompagnerait la parousie, débutant ainsi le millénium. Après ce millénaire auraient lieu la disparition de la terre devant Dieu et le Jugement dernier.

Les postmillénaristes pensent que le retour de Jésus-Christ se fera après les mille ans de règne. Ils assimilent le millenium avec le règne de l'Église catholique. Les mille ans, et la première résurrection d'Ap 20,1-6 correspondraient à une victoire provisoire de l'Église du Christ après la chute annoncée de l'Empire romain (cf. Ap 18,21). En somme un temps de chrétienté, avant un retour offensif de l'esprit du mal (cf. Ap 20,7). La thèse de Gaston Georgel (Les quatre âges de l'Humanité) s'inscrirait dans cette perspective qui situe le millénium comme étant compris entre l'édit de Milan (phonétiquement 1 000 ans) en 313 et la destruction de l'ordre des Templiers en 1313. Cette thèse fondée sur les travaux d'un ecclésiastique, Mgr Decouvoux, fait du millénium l'âge d'or du christianisme, comme prélude au déchaînement de Satan vers la fin d'un cycle. Les amillénaristes refusent la pensée d'un règne de Jésus-Christ sur Terre. Ils assimilent le millénium au règne éternel (Ch. 21 et 22) et appliquent les prophéties concernant le rétablissement d'Israël à l'Église.

Œuvres inspirées par le livre biblique [modifier]

Tenture de l'Apocalypse. Angers
Tympan de la cathédrale Saint-Lazare d'Autun, représentant Le Jugement dernier

L'importance de l'Apocalypse dans le christianisme occidental a rendu ce thème très présent dans les beaux-arts, notamment au Moyen Âge et à la Renaissance. Il est moins systématiquement utilisé dans l'orthodoxie, même si elle connait de très belles représentations du Jugement dernier. La musique religieuse a également abondamment traité le sujet. Pour des raisons opposées (la présence du péché et l'occurrence de la damnation), la thématique apocalyptique a également un certain succès dans le hard-rock et le metal.

Beaux-arts [modifier]

Musique [modifier]

  • Une partie du texte des messes de Requiem se réfère au Jugement dernier et à l'Apocalypse (Dies Irae en particulier)
  • Pierre Henry en a donné une interprétation musicale.
  • Bob Marley se réfère abondamment à l'Apocalypse dans ses chansons, notamment dans son célèbre Redemption Song et dans Natural Mystic (où il évoque notamment les trompettes).
  • L'album 666 des Aphrodite's Child.
  • Le groupe Heavy Metal Iron Maiden a composé une chanson intitulée The number of the beast dans laquelle il fait référence à l'Apocalypse, en commençant par exemple par citer deux extraits de ce livre biblique[39].
  • Le groupe de métal gothique progressif Saviour Machine a réalisé une trilogie Legend Part I, II, III mettant en musique le livre de l'Apocalypse. Un quatrième disque serait en finalisation[réf. souhaitée]. Saviour Machine est un groupe californien étiqueté White Metal style, composé d'artistes chrétiens[40].
  • The Rivers of Belief, troisième et dernier extrait du mouvement Back to the Rivers of Belief de l'album MCMXC a.D., d'Enigma, y fait référence (avec le sample d'un titre de l'album 666, des Aphrodite's Child), tout comme l'album.

Cinéma et télévision [modifier]

Autres [modifier]

Notes et références [modifier]

  1. a, b, c et d Elian Cuvillier, « Apocalypse de Jean », dans Daniel Marguerat (dir.), Introduction au Nouveau Testament : Son histoire, son écriture, sa théologie, éd. Labor et Fides, 2004, p. 387.
  2. a, b et c Raymond E. Brown, Que sait-on du Nouveau Testament ?, éd. Bayard, 2011, p. 830.
  3. a et b Raymond E. Brown, op. cit., p. 831.
  4. a, b, c et d Frédéric Amsler et Enrico Norelli, « Qu'est-ce qu'une apocalypse », dans Religions et Histoire n° 34, juillet-août 2010, p. 20.
  5. a et b Paulin Poucouta, « L'Apocalypse johannique », dans Michel Quesnel et Paul Gruson (dirs.), La Bible et sa culture, éd. Desclée de Brouwere, 2001, vol. II, p. 461.
  6. Raymond E. Brown, op. cit., p. 837.
  7. Paulin Poucouta, op. cit., p. 455.
  8. Raymond E. Brown, op. cit., p. 832.
  9. Paulin Poucouta, op. cit., p. 456.
  10. Raymond E. Brown, op. cit., p. 833.
  11. Paul Mattei, Le christianisme antique de Jésus à Constantin, éd. Armand Colin, 2008, p. 28.
  12. La Bible, Écrits intertestamentaires, Gallimard, 1987
  13. Albert-Marie Denis, Introduction aux pseudépigraphes grecs d'Ancien Testament, vol. 1, 1970, p. 17.
  14. Livre biblique pseudépigraphe attribué au scribe israélite Esdras et écrit au Ier siècle.
  15. a et b Raymond E. Brown, op. cit., p. 859.
  16. Ap 1. 9 [archive].
  17. a, b et c Elian Cuvillier, op. cit., p. 395.
  18. Justin de Naplouse, Dialogue, 81,4.
  19. a et b Elian Cuvillier, op. cit., p. 394.
  20. Ainsi qu'en témoignent le Fragment de Muratori, Clément d'Alexandrie, Tertullien, Hippolyte de Rome ou encore Victorius.
  21. Simon Claude Mimouni et Pierre Maraval, Le christianisme des origines à Constantin, éd. Nouvelle Clio/Presses universitaires de France, 2006, p. 216.
  22. Marcel Simon, André Benoit, Le judaïsme et le christianisme ancien, Presses universitaires de France, coll. « Nouvelle Clio », Paris, 1998 (ISBN 2-13-045723-1), p. 226.
  23. Ap 18. 20 [archive] et Ap 21. 14 [archive].
  24. Éphèse, Smyrne, Pergame, Thyatire, Sardes, Philadelphie et Laodicée.
  25. Raymond E. Brown, op. cit., p. 835.
  26. Raymond E. Brown, op. cit., p. 860.
  27. Ap 2. 13 [archive] et Ap 13 [archive].
  28. a et b Raymond E. Brown, op. cit., p. 864.
  29. Raymond E. Brown, op. cit., p. 865.
  30. Jn 2,11.23 ; 3,2 ; 4,48.54 ; 6,14.30 ; 7,31 ; 9,16 ; 11,47 ; 12,37 et 20,30.
  31. L'Apocalypse de Jean et Le Livre de Daniel considérés dans leurs rapports réciproques [archive]
  32. Introduction aux Sept Trompettes [archive]
  33. Les remparts de Jéricho s'effondrent [archive]
  34. papyrus 115 (en) des Papyri d'Oxyrhynque
  35. l'empire grec des successeurs d'Alexandre chez Daniel, chapitre VII et l'Empire romain dans l'Apocalypse ; cf André Paul, article "La Bête de l'Apocalypse", in Encyclopædia Universalis, 2010
  36. site officiel de la commune de Saint-Chef et ses fresques [archive]
  37. Un doute subsiste en ce qui concerne l'épigraphe : GISLEBERTVS HOC FECIT située au milieu du tympan. Voir Pierre Alain Mariaux, « Quelques hypothèses à propos de l’artiste roman », Médiévales, no 44, Paris, PUV, printemps 2003, p. 199-214.
  38. "Un signe grandiose apparut au ciel : une Femme ! le soleil l'enveloppe, la lune est sous ses pieds et douze étoiles couronnent sa tête." Apocalypse 12.
  39. http://www.maidenfrance.fr/dossiers/dossier_suite_204_104_the+number+of+the+beast.html [archive]
  40. http://www.seventhcircle.net/legend.htm [archive]
  41. Turville-Petre, G. Origins of Icelandic literature. Oxford : Clarendon Press, 1967. P. 60.
  42. Orchard, Andy. Cassell's dictionary of Norse myth and legend. London : Cassell, 2002. (Cassell reference). ISBN 0-304-36385-5.
  43. Simek, Rudolf. Lexikon der germanischen Mythologie. 3., völlig überarb. Auflage. Stuttgart : Kröner, 2006. (Kröners Taschenausgabe ; 368). ISBN 3-520-36803-X.
  44. The Poetic Edda. Ed. with translation, introd. and commentary by Ursula Dronke. 2, Mythological poems. Oxford : Clarendon press, 1997. P. 162. ISBN 0-19-811181-9.

Annexes [modifier]

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Bibliographie [modifier]

  • John H. Alexander, L'Apocalypse verset par verset, La Maison de la Bible, Genève-Paris, 9e édition, 2001.
  • Hans Urs von Balthasar, L’Apocalypse, Éditions du Serviteur, 2000 (Court et dense commentaire).
  • E. Bernard Allo, Saint Jean, L'Apocalypse, éd. Large, 1933.
  • Georges Bordonove, Les quatre cavaliers, Julliard, 1962.
  • Ch. Brütsch, La clarté de l'Apocalypse, Commentaires bibliques, Labor et Fides, Genève, 1966.
  • Norman Cohn, The Pursuit of the Millennium, Fairlawn, N.J., Essential Books Inc., 1957 ; 2e éd. The pursuit of the millennium : revolutionary messianism in medieval and Reformation Europe and its bearing on modern totalitarian movements, New York, Harper, « Harper Torchbooks », 1961 ; 3e éd. revue et augmentée The pursuit of the millennium : revolutionary millenarians and mystical anarchists of the Middle Ages, Londres, Maurice Temple Smith Ltd., 1970 ; Londres, Paladin, 1970 ; New York, Oxford University Press, 1970 ;rééd. augmentée Oxford University Press, 1992 (ISBN 0195004566) ; Londres, Pimlico, 1993 (ISBN 0712656642), trad. (fr), Les fanatiques de l'Apocalypse. Courants millénaristes révolutionnaires du XIe au XVIe siècle, avec une postface sur le XXe siècle, traduit de l'anglais par Simone Clémendot avec la collaboration de Michel Fuchs et Paul Rosenberg, Paris, Julliard, « Dossiers des lettres nouvelles », [1962] ; revue et augmentée, Les Fanatiques de l'Apocalypse : millénaristes révolutionnaires et anarchistes mystiques au Moyen Âge, traduction revue par l'auteur et complétée par Maurice Angeno, Paris, Payot, « Bibliothèque historique », 1983 (ISBN 2228132101) ;
  • E. Cothenet, Le Message de l’Apocalypse, éd. Mame/Plon, 1995.
  • Alain Decaux, La révolution de la croix. Néron et les chrétiens.
  • E. Delebecque, L’Apocalypse de saint Jean, éd. Mame, 1992 (Commentaire grammatical et philologique).
  • Max Gallo, Les Romains, Tome 2 : Néron, le Règne de l'Antéchrist, Fayard, 2006. (L'auteur part de l'hypothèse que Néron serait bien l'Antéchrist, désigné par saint Paul et par saint Jean).
  • Gaston Georgel, Les quatre âges de l'Humanité.
  • Léon Herrmann, La Vision de Patmos, Bruxelles, coll. Latomus LXXVIII, 1965 (texte grec de l'Apocalypse, avec traduction française en regard).
  • A. Läpple, L'Apocalypse de Jean, éd. du Cerf, 1970.
  • Pierre Mourlon Beernaert, Agneau et Berger, le Christ de l'Apocalypse, coll. Connaître la Bible, n° 54, Bruxelles, Lumen Vitae, 2009, 80 p. (ISBN 978-2-87324-351-7).
  • Claire Patier, L'Esprit et l'épouse disent "Viens !" (Ap 22,17), coll. Connaître la Bible, n° 32, Bruxelles, Lumen Vitae, 2003, 80 p. (ISBN 2-87324-214-0).
  • Pierre Prigent, L'Apocalypse de saint Jean, éd. Labor et Fides, 2000.
  • Joël Rochette, Il nous a déliés de nos péchés. Lecture revigorante de l'Apocalypse de saint Jean, coll. Connaître la Bible, n° 44, Bruxelles, Lumen Vitae, 2006, 80 p. (ISBN 978-2-87324-292-3).
  • Y. Saout, Je n’ai pas écrit l’Apocalypse pour vous faire peur, éd. Bayard, 2000.
  • L'Apocalypse de saint Jean illustrée par la tapisserie d'Angers, Éditions Diane de Selliers, 2010.
  • Gilles Quispel, Le livre secret de l'Apocalypse, Albin Michel, 1981.
  • S. Chamchinov, 7(sept) Tonnerres, « Laboratoire du livre d’artiste », Dives-sur-mer, 2010 : extraits d’Apocalypse de Saint Jean (version Louis Segond), jeu typographique, xérographie, 7 sceaux (gravures en relief), 7 peintures fac-similées d'après les peintures de Serge Chamchinov, papier Japon-Simili 80g/m2, Buvard 110g/m², Himalaya 90g/m², format 305x305mm, tirage 12 exemplaires.

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11/06/2013
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