Géoglyphes de Nazca : Invocation d'xtraterrestres au Pérou ?

 

Géoglyphes de Nazca

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Image satellite d'une zone où des géoglyphes de Nazca sont visibles
Image satellite d'une zone où des géoglyphes de Nazca sont visibles

Découverts en 1926 au Pérou, les géoglyphes de Nazca sont de grandes figures tracées sur le sol, souvent figuratives, parfois longues de plusieurs kilomètres qui se trouvent dans le désert. Le sol sur lequel ils se dessinent est couvert de cailloux que l'oxyde de fer a colorés en gris. En les ôtant, les Nazcas ont fait apparaître un sol gypseux plus clair, découpant les contours de leurs images.

Ces géoglyphes sont le fait de la civilisation Nazca, une culture pré-incaïque du Sud du Pérou qui se développa entre 300 av. J.-C. et 800 de notre ère. Les lignes et géoglyphes de Nazca et de Pampas de Jumana sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1994.

Sommaire

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Description [modifier]

Des expériences d'archéologie expérimentale ont prouvé que la réalisation de géoglyphes à l'aide d'outils rudimentaires, comme des piquets et des cordes, afin de reproduire une version agrandie d'un dessin préalable, ne posait aucun problème particulier, et était sans aucun doute à la portée d'un peuple de bâtisseurs comme les Nazcas.

À partir de maquettes, les Nazcas réalisaient les ouvrages à grande échelle probablement à l'aide de procédés géométriques simples, tel le carroyage. On a retrouvé diverses poteries reprenant les mêmes motifs. Ces dessins se sont conservés grâce aux caractéristiques du sol, à la température de surface élevée, et à l'absence quasi-totale de précipitations dans le climat local du plateau.

Elles prennent la forme de singes, d'oiseaux-mouches et de condors où pullulent spirales et ellipses. Imprimés sur la surface de la Pampa, les dessins franchissent les ravins, escaladent les collines sans que leur forme ni la rectitude apparente des lignes en soient affectées. Ces tracés représentent les divinités animales du panthéon religieux des Nazcas.

Le microclimat permet la conservation des lignes, car :

  • le plateau est l'une des régions les plus sèches du monde (trente millimètres de pluie par an) ;
  • le sol sans végétation réchauffe fortement l'air (ce qui crée un coussin d'air qui, à son tour, protège les géoglyphes du vent) ;
  • enfin le gypse contenu dans le sol « colle » le sable et la poussière.

Sans sable, ni poussières pour recouvrir la plaine et avec peu de pluie ou de vent pour les éroder, les tracés restent intacts.

On a déjà dénombré plus de 350 dessins distincts.

Théories archéologiques [modifier]

Calendrier astronomique

D'après la mathématicienne allemande Maria Reiche, qui a consacré la majeure partie de sa vie à l'étude archéologique et à la préservation du site, les géoglyphes formeraient un immense calendrier astronomique, dont les lignes pointent vers des étoiles remarquables ou des constellations (Bibliographie-1).

Cette théorie a été contestée en 1968 par l'astrophysicien américain Gerald Hawkins, d'après les recherches qu'il réalisa en se basant sur des calculs informatiques. En reconstituant la carte du ciel telle qu'elle était à l'époque des Nazca, il démontre que 80% des géoglyphes n'ont aucune relation avec les constellations importantes, cependant ses recherches furent démolies à cause d'une erreur de méthodologie grave. Il avait reconstitué la carte du ciel en se basant sur celle de Stonehenge qui n'est pas dans le même hémisphère.

Un site rituel

Des archéologues ont réalisé des répliques à l'identique des figures de Nazca à l'aide de leurs étudiants dans un temps relativement court. Le but des figures était probablement de réaliser une procession de la communauté à l'intérieur du parcours que forme chacune des figures. C'est pour cette raison qu'elles sont d'une taille importante, afin que le parcours soit d'une longueur importante, et qu'une partie importante de la communauté puisse s'y tenir en même temps.

Les figures ont également été associées au chamanisme. La plupart de ces figures se trouvent près de sites préhistoriques d’art rupestre qui présentent des images similaires, mais à une plus petite échelle. Les chamans prenaient des substances hallucinogènes qui leur permettaient de voir leur animal-pouvoir, une pratique courante en Amérique du Sud et particulièrement en Amazonie. Certaines des drogues utilisées pendant les cérémonies rituelles donnent la sensation de voler dans les airs. Ce serait la raison pour laquelle les géoglyphes sont créés pour être vus du ciel.

Encore plus simplement, ces dessins seraient destinés à des dieux habitant les cieux.

Cette théorie est accréditée par le fait que les motifs animaux sont les mêmes que ceux qu'on trouve dans le panthéon nazca, par exemple sur les céramiques. On peut noter aussi que la plupart des figures sont constituées d'une seule ligne ne se recoupant jamais.

Une zone artisanale de tisserands

Henri Stierlin a émis en 1984 l'idée que les lignes servaient à préparer les fils de trame et de chaîne des tissus mortuaires retrouvés dans les tombes de Nazca.[1] Ces tissus ont en effet la particularité d'être tissés de fils d'un seul tenant. Or pour préparer de manière artisanale de tels fils, il faut une ligne droite du double de la longueur pour permettre le tordage puis le repliage du fil sur lui-même. Ces lignes de travail se sont superposées de manière anarchique au fil des siècles.

Cependant, les pieux retrouvés sur le Grand Rectangle (300 pieux pour ce rectangle de 800 m de long et 100 m de large) semblent confirmer que ces dessins ont été tracés par simple carroyage : le dessin est quadrillé puis reporté à l'échelle sur le sol où l'on a pris soin de tirer des cordages qui reproduisent les carreaux.

Autres théories [modifier]

Théorie radiesthésiste

Les Nazcas avaient fortement développé l’irrigation pour pallier le manque d’eau chronique dans cette région aride en construisant des puits profonds de plusieurs mètres reliés par un réseau d’aqueducs souterrains. Les figures et lignes serviraient de repères pour retrouver les résurgences et sources alimentant ce réseau.[2]

Théorie ufologique

Dans Chariots of the Gods, Erich von Däniken a proposé en 1968 une théorie ufologique. Les figures de Nazca seraient soit une piste d'atterrissage pour les vaisseaux spatiaux extraterrestres, soit un message réalisé par la population locale qui leur serait destiné. Elle fait partie de la théorie des Anciens Astronautes.

Théorie électrosismique

Selon une théorie[3], des conducteurs sous forme de fines feuilles de cuivre ou d'or auraient été étendus sur le terrain. Ces conducteurs auraient pu être utilisés comme des antennes pour écouter les ondes très basses fréquences produites par les séismes. Cette hypothèse s'appuie sur une théorie encore controversée nommée « SES » (pour Seismic Electric Signals).

Les traces de Nazca aujourd'hui observées seraient en fait la marque de l'emplacement où auraient été déposés ces conducteurs, mais aussi des nombreux tests qui auraient été effectués afin de trouver des positions adéquates, dans l'axe des champs électromagnétiques.

Cela pourrait signifier que ce site servait à protéger la vie en tant qu'oracle permettant de communiquer avec les dieux de la montagne. Un tel culte semble en effet avoir été identifié : Johan Reinhard, qui avait détaillé diverses traditions antiques, avait une théorie selon laquelle les dieux de la montagne prenaient la forme d'aigles ou de condors, figures présentes sur le site.

D'où un double intérêt, à la fois protecteur mais aussi probablement magique et rituélique.

Galerie de photos [modifier]

Anecdotes [modifier]

Ce site apparaît dans le jeu Illusion of Time, présent sur Super Nintendo, chaque dessin représente alors une constellation. Dans le jeu vidéo L'Héritage du Temps, on peut voir des géoglyphes en contrebas des montagnes de la ville d'Eldorado, inspirés des lignes de Nazca. La série animée Les mystérieuses citées d'or reprennent un des glyphe dans sa fonction de piste d'aterrissage.

Voir aussi [modifier]

Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]

Sources [modifier]

  1. Henri Stierlin, Nazca, la clé du mystère, Albin Michel, 2000. ISBN 2226018646
  2. (en) David Johnson, The Water Lines of Nazca, lien entre irrigation et géoglyphes.
  3. Michaël Vaillant, Théorie électrosismique, lien entre sismicité et lignes de Nazca.

Bibliographie [modifier]

commons:Accueil

Wikimedia Commons propose des documents multimédia libres sur le site de Nazca.

  • (de) (en) (es) Maria Reiche, Geheimnis der Wüste/Mystery on the desert/Secreto de la pampa - Nazca, Peru 1968, Selbstverlag Maria Reiche.
  • (en) David Johnson, Donald Proulx et Stephen B. Mabee, The Correlation Between Geoglyphs and Subterranean Water Resources in the Rio Grande de Nasca Drainage, p. 307–332, Andean Archaeology II, chap. 10, Kluwer Academic/Plenum Publishers, 2002.
  • Henri Stierlin, Nazca, la clé du mystère, Albin Michel, 2000. ISBN 2226018646
  • Robert Charroux, L'Énigme des Andes, les pistes de Nazca, la bibliothèque des atlantes, J'ai lu, 2001. ISBN 2277513997
  • Simone Waisbard, Les Pistes de Nazca, Robert Laffont, Coll. « Les Énygmes de l'univers », 1977.


10/11/2007
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