Superstition

 

Superstition

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Le fer à cheval fait partie, dans certaines cultures, des objets porte-bonheur.

Le terme superstition vient du latin superstitio et en français a eu plusieurs sens :

  • Il signifiait au XIVe siècle « religion des idolâtres, culte des faux dieux » ; au XVIIIe siècle, il désignait la religion et les préjugés inexplicables par opposition à la raison[1]. Selon ces acceptions, il peut englober avec une connotation péjorative toutes les pratiques ou croyances d'ordre religieux considérées comme sans valeur ou irrationnelles par le locuteur.
  • Il désigne la croyance que certains actes ont toujours une conséquence positive ou négative, que certains objets, animaux ou personnes portent systématiquement bonheur ou malheur, que certains phénomènes sont des présages automatiquement suspicieux ou funestes, et ce pour des raisons que la personne superstitieuse ne saurait expliquer, ou pour des raisons considérées comme irrationnelles, non admises par la science moderne. Il y a parfois attribution d'une signification anthropocentrique et d'une intention à l'événement aléatoire ou l'objet ; on parle alors de pensée magique. Les superstitions sont souvent d'ordre culturel, c'est-à-dire partagées à des degrés divers par le milieu social dans lequel la personne superstitieuse se trouve, et diffèrent d'une culture à l'autre. Néanmoins, il existe des superstitions individuelles.

Dans la préface du "Dictionnaire des superstitions " édité chez Albin Michel, il est expliqué que le terme superstition provient du latin superstitio de "superstite" désignant le soldat resté debout après le combat, évoquant ainsi ces croyances ayant survécu aux religions, aux révolutions, à la modernité, à la physique ou à la médecine, à l'oubli et à l'outrage du temps.

Sommaire

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Superstition et religion [modifier]

La religion est fréquemment qualifiée de superstition par les athées. C'est du moins ainsi que le baron d'Holbach la considérait, notamment dans son ouvrage La contagion sacrée, ou histoire naturelle de la superstition. La superstition suppose en effet la croyance en la réactivité de l'univers (non conforme aux théories scientifiques) ou d'entités surnaturelles face à certains comportements humains, croyance que l'on retrouve dans les religions.

Néanmoins, le terme « religion » désigne un ensemble structuré autour d'une croyance collective concernant les origines ou les fins de l'univers, ou le sens de la vie, alors que le terme « superstition » désigne une croyance ou pratique considérée isolément, qui peut ne pas se rattacher à une religion. Il n'en demeure pas moins que les doctrines religieuses fournissent aux croyances et pratiques superstitieuses des éléments (croyance catholique aux saints, aux anges et aux démons, à leurs pouvoirs, par exemple) sur lesquels elles peuvent prendre appui. On retrouve également des symboles et accessoires religieux parmi le grand nombre d'objets de protection dans lesquels les superstitions se matérialisent : talismans, amulettes, grigris, fétiches africains, trèfle à quatre feuilles. Ces relations ont toutefois un caractère ambigu ; elles résultent au moins en partie du fait que les religions, là où elles se sont imposées, n'ont pas toujours pu éradiquer les superstitions ancestrales, et ont alors cherché à les « détourner » en les intégrant.

Il est important de noter que l'Église catholique romaine réprouve la superstition. Le catéchisme de l'Église catholique considère que celle-ci s'oppose en effet au premier commandement, qui « interdit d'honorer d'autres dieux que l'unique Seigneur qui s'est révélé à son peuple », et voit dans la superstition un « excès pervers de religion ». La superstition risque d'attribuer « une importance en quelque sorte magique à certaines pratiques, par ailleurs légitimes ou nécessaires »[2].

La superstition et la psychiatrie [modifier]

Lorsqu'un individu tombe dans un état de superstition excédant démesurément la superstition commune dans sa culture, il s'agit d'une pathologie mentale. Celle-ci fait perdre toute objectivité, prêtant à des faits, des événements ou des objets inoffensifs (pour le commun) des pouvoirs surnaturels, une force cachée ou au minimum un contenu symbolique signifiant. De ce point de vue, la superstition est à rapprocher de la paranoïa et même de la psychose.

Par ailleurs, le superstitieux pathologique spécule sur l'existence d'un ordre supérieur, invisible, qu'il est bien incapable de décrire, mais qui est là, présent, et impose ses lois. À la différence de la superstition populaire, qui est souvent anodine, la superstition pathologique est fortement individualisée. Le superstitieux se sent en défi perpétuel avec le monde qui l'entoure et il passe son temps à « vérifier » que les augures lui sont favorables. Ainsi, par exemple, va-t-il compter les carreaux d'un parquet, pariant avec lui-même qu'il doit y en avoir un nombre pair (ou impair), se créant ainsi des frayeurs, des angoisses, si le résultat obtenu ne correspond pas à son souhait. De tels comportements entrent dans la catégorie des troubles obsessionnels compulsifs. Les autistes et les maniaco-dépressifs sont particulièrement enclins à de nombreuses superstitions souvent imbriquées les unes dans les autres.



Exemples de superstitions [modifier]

Superstitions diverses [modifier]

  • Le nombre treize (13). Il est dit qu'il porte malheur en référence au nombre de convives de la Cène et aux conséquences néfastes de ce repas. C'est pour cette raison (et selon les habitudes locales) qu'on ne trouve parfois pas de treizième salle dans un cinéma, de treizième rangée dans les avions ni de treizième étage dans les hôtels et encore moins de chambre numéro 13. En Italie, c'est plutôt le nombre 17 qui porte malheur (XVII en chiffres romains, anagramme de VIXI, signifiant en latin « j'ai vécu » — partant, « je suis mort »), le 13 étant plutôt associé à la chance. En Asie de l'Est, c'est le nombre 4, homophone en chinois, en japonais et en coréen du mot mort, qui est généralement omis (numéro de chambre, étage).
Article détaillé : Triskaïdékaphobie.
  • La couleur verte est la couleur des fées, elles seraient furieuses de voir les hommes la porter. Spécialement le vendredi, jour de la mort du Christ sur la Croix et de la rédemption, dont elles sont exclues.
  • Répandre du sel permet de chasser les mauvais esprits.
  • Briser un miroir apporte sept ans de malheur. Dans la Grèce antique, les miroirs servaient parfois pour la divination, que le verre se brise était donc un mauvais présage.
  • Si un chat noir traverse devant vous, cela porte malheur.
  • Ouvrir un parapluie sous un toit porte malheur (les deux protections s'annulant). C'était vrai en Angleterre au XVIIIe siècle étant donné la brutalité du mécanisme d'ouverture qui risquait de casser quelque-chose ou de blesser quelqu'un.
  • Passer sous une échelle porte malheur.
  • Présenter le pain à l'envers sur une table attire le diable. Cela vient du fait que le boulanger gardait le pain destiné au bourreau à l'envers sous l'Ancien Régime. Par ailleurs, une coutume populaire, encore très répandue dans l'Ouest, le Centre et le Sud de la France, veut que l'on fasse de la pointe du couteau un signe de croix sur l'envers du pain ; certaines personnes, même non-croyantes, le font systématiquement.
  • Utiliser les béquilles de quelqu'un qui en a réellement besoin peut vous faire subir le même sort, porter des béquilles à votre tour.
  • Pour guérir de la morsure d'un chien, il faut manger un de ses poils.
  • Si une femme enceinte fait tomber des ciseaux, elle accouchera d'une fille.
  • Quand un petit enfant est malade, il faut jeter son bonnet au feu afin que le mal se consume en même temps.
  • Passer le balai ou se couper les ongles après 18h peut faire entrer les âmes des morts dans la maison.
  • Porter une robe de mariage lors d'une fête prédit que la personne ne se mariera pas…
  • Le marié ne doit pas voir la mariée dans sa robe avant le mariage, sous peine que le mariage soit un échec et mène au divorce.
  • Un oiseau qui regarde à l'intérieur par la fenêtre est un très mauvais présage (drame ou catastrophe terrible).
  • Souhaiter un joyeux anniversaire la veille porte malheur.

Superstitions pour la fin de l’année [modifier]

  • Porter une culotte ou robe intérieur rouge, donne de l’argent pour l’année suivante.
  • Mettre des lentilles dans tous les coins de la maison.
  • Faire une petite promenade avec une valise, pour voyager.
  • Mettre des pétales de rose dans le lit et allumer une chandelle rose dans la chambre pour trouver le vrai amour ou, si on l’a déjà, le conserver.
  • Manger douze racines et pour chaque racine demander un souhait à minuit pile.

Porte-bonheur divers [modifier]

Trèfle à quatre feuilles
  • Patte de lapin.
  • Échelle à 13 barreaux.
  • Trèfle à quatre feuilles (voir photo ci contre).
  • Fer à cheval (pour que le fer-à-cheval porte bonheur, il faut qu'il soit posé ou accroché l'ouverture vers le haut, car sinon la chance tomberait - voir photo plus haut).[réf. nécessaire]
  • Jeter une pièce dans une fontaine.
  • Voir une étoile filante.
  • Croiser les doigts.
  • Toucher du bois pour conjurer le mauvais sort.
  • Voir un arc-en-ciel.
  • Le chiffre 7.
  • Voir une coccinelle.

Porte-malheur divers [modifier]

  • Voir un chat noir à la sortie d'un village.
  • Passer sous une échelle (Cela peut aussi être considéré comme quelque chose de dangereux plutôt que de superstitieux...).
  • Ouvrir un parapluie à l'intérieur d'une pièce.
  • Renverser le sel.
  • Mettre le pain à l'envers.
  • Perdre ou briser son alliance.
  • Poser un chapeau sur un lit.
  • Poser des couteaux croisés sur une table.
  • Offrir des mouchoirs (pleurs en vue).
  • Se lever du pied gauche.
  • Porter un vêtement vert lors d'une représentation sur une scène.
  • Rentrer avant midi quand on va prier pour un mort.
  • Posséder un Tizlic / bracelet hindou.
  • Éviter d'allumer une bougie avec une autre bougie (on dit qu'on tue un marin en faisant ça).
  • Le nombre 13.
  • Etre 13 à table.
  • Se signer au passage d'un convoi funéraire, si vous êtes un homme il faut en plus découvrir votre chapeau ou votre casquette.
  • Casser un miroir (7 ans de malheur).
  • Prendre un bain après le repas.
  • Mettre deux baguettes bien droites dans un bol.
  • Boire à table plus de cinq fois.
  • Poser des chaussures sur une table.
  • Passer le balai la nuit dans sa maison.

Superstitions des corps de métier [modifier]

Couture [modifier]

  • Se piquer un doigt avec l'aiguille (chaque doigt à une signification)
  • Faire tomber des ciseaux signifie prévoir une coupure
  • Casser trois fois son fil est signe de danger
  • Bâtir avec du fil vert portera malheur au vêtement confectionné ou à la personne qui le portera.

Aviation [modifier]

  • Avant de prendre leur poste de pilotage les pilotes d'avion ne prononcent jamais des mots comme « accident », « chute », « crash », « tomber » et s'interdisent toute plaisanterie sur ces sujets.

Marine [modifier]

Article détaillé : Superstition des marins.
  • Lapin est un des nombreux mots bannis sur les bateaux. La légende raconte que ces animaux sont à l'origine de naufrages car une fois échappés de leurs cages, ils grignotent l'étoupe, rendant la coque non étanche. Lorsque cela est nécessaire, le lapin sera appelé « pollop », « animal aux longues oreilles » ou « cousin du lièvre ».
  • Les fleurs coupées étant utilisées pour l'élaboration des couronnes funéraires et jetées à la mer lors du décès d'un marin, il est souvent déconseillé d'en apporter sur un bateau au risque de provoquer la disparition du marin lors de son prochain voyage.
  • Les femmes. On prétend que les femmes portent malheur sur un navire. Par conséquent, les femmes étaient interdites à bord dans le temps[Quand ?].
  • Quitter le port un vendredi porte malheur.

Théâtre [modifier]

Article détaillé : Superstitions théâtrales.
  • La couleur verte est réputée maléfique en France, mais c'est le violet en Italie, le vert et le bleu au Royaume-Uni et le jaune en Espagne. Plusieurs hypothèses ont été émises au sujet du vert : le costume de Judas, celui de Molière lors de son décès ou la couleur de l'oxyde de cuivre, colorant toxique utilisé jadis.
  • Certains mots sont proscrits :
    • « corde » en France, car on l'associe à celle qui sert à tirer la cloche pour saluer les morts. Mais aussi parce que les techniciens du théâtre étaient souvent d'anciens marins, et que sur les bateaux, le mot corde n'est utilisé que dans deux cas, pour parler de celle de la cloche du bord et pour parler de celle qui servait à exécuter les gens.
    • « Macbeth » au Royaume-Uni, dénommée la pièce écossaise.
  • Les œillets. Qu'un comédien reçoive ou voie des œillets avant ou après sa venue sur scène porte malheur à sa carrière.

Équitation [modifier]

  • Les brins de paille dans la queue : chaque brin oublié prédit une chute
  • Le nombre de pions dans la crinière : il doit toujours être impair
  • Remercier : dire merci à quelqu'un qui souhaite bonne chance avant un concours porterait malheur. La réponse consacrée est un "Je te remercie pas, ça porte malheur".

Notes et références [modifier]

Voir aussi [modifier]

Bibliographie [modifier]

  • Index superstitionum (Index de superstitions) : concile de Leptines (743), en latin : Mansi, Amplissima collectio conciliorum, 1901-1927, 53 vol., t. XII, col. 375.
  • Jean-Baptiste Thiers, Traité des superstitions, 1741, 4 vol.
  • Zouki Maliaka-Zouk, Inventaire de superstitions, collection Folio Junior, édité à Nice en 1955.
  • Éloise Mozzani, Le Livre des superstitions (sous-titre : Mythes, croyances et légendes), Robert Laffont, coll. « Bouquins », Paris, 1995, (ISBN 2-221-06830-0).
  • Nicole Lemaître, Montagnes sacrées d’Europe. Actes du colloque « Religions et montagnes », Tarbes, 2005, 427 p. (ISBN 2-85944-516-1).
    Actes du colloque "Religion et montagnes", Tarbes, 30 mai-2 juin 2002 / textes réunis et publiés par Serge Brunet, Dominique Julia et Nicole Lemaître. La sorcellerie dans l’ancien Etat siennois, par Oscar Si Simplicio – Université de Sienne pp 265 à 273 ; Religiŏn y supersticion en el País Vasco en el trānsito de la Edad Media a la Moderna, par Iňaki Bazãn – Université du Pays basque (Vittoria-Gasteiz, Espagne) pp. 275 à 287 ; Les Vosges : terre de superstition ou terre de mission ?, par Philippe Martin – Université de Nancy 2 pp. 289 à 299
     

Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]



11/06/2013
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