Julius Obsequens et le Livre des PRODIGES : les OVNI de l'époque ROMAINE

 

Julius Obsequens

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Julius Obsequens est un écrivain romain païen. Ses dates de naissance et de mort sont inconnues mais il a probablement vécu vers le milieu du IVe siècle après JC.

Sommaire

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Biographie et Oeuvres [modifier]

On ne sait pratiquement rien sur la vie de Julius Obsequens. Son nom le place dans la famille Julia, et le fait conséquemment Romain. On ignore d'où lui venait le surnom d'Obsequens (conciliant). Son seul écrit connu est son Prodigiorum Liber (Livre des Prodiges), recueil de faits miraculeux. La partie de l'ouvrage d'Obsequens qui comprenait les premiers siècles de Rome a péri. Ce qui nous reste s'étend de l'an 562 jusqu'à l'an 741 de Rome. Les recherches de l'Alsacien Conrad Lycosthenes ont permis de restaurer ces pertes à partir d'extraits en particulier de Tite-Live.

Le Prodigiorum Liber [modifier]

Le Prodigiorum Liber est consacré aux augures et événements étranges survenus à Rome entre l'an -249 et -12 avant JC. Il a été imprimé pour la première fois en 1508 par l'humaniste vénitien Alde l'Ancien, à partir d'un manuscrit de Jodocus de Vérone, aujourd'hui perdu. L'édition de 1552 par Conrad Lycosthenes, publiée à Bâle chez Oporin, marque un tournant majeur dans la connaissance de l'oeuvre d'Obsequens. En effet, Lycosthenes n'a pas voulu livrer le texte dans son état fragmentaire et l'a complété d'extraits de Tite-Live, de Denys d'Halicarnasse, d'Orose, d'Eutrope et de quelques autres historiens. En outre, pour la première fois, le petit ouvrage n'est pas publié en appendice d'autres oeuvres antiques. C'est cette édition qui sera dès lors considérée comme faisant authorité. Elle sera améliorée par la suite par les éditions de J. Scheffer (1720) et de Fr. Oudendorp (1772).

Ce livre est célèbre pour contenir des récits de phénomènes aériens étranges, que certain interprètent aujourd'hui comme des manifestations d'OVNI.

Entre autres cas, il signale :

Pour l'année -216, "des choses comme des nefs furent vues dans le ciel" d'Italie

Pour l'année -99 : Sous le consulat de C. Murius et L. Valerius, dans Tarquinia au coucher du Soleil, un objet rond, comme un globe, et un bouclier rond furent vus dans le ciel allant de l'Ouest vers l'Est.

Pour l'année -90 : A Aenariae, alors que Livius Troso promulguait les lois au début de la Guerre Italique [la Guerre sociale ], au lever du Soleil, un bruit terrifiant vînt du ciel, et un globe de feu apparut au Nord. Sur le territoire de Spoletum, un globe de feu, de couleur dorée, tomba sur la Terre en tournoyant. Sa taille à alors semblé augmenter, puis il remonta vers le ciel, où il a obscurci le Soleil avec sa brillance. Il partit ensuite vers la partie orientale du ciel.

Pour l'année -42 : "Une chose comme une arme, une flèche, s'éleva de la Terre avec un grand fracas, pour monter vers le ciel"

Sources [modifier]

  • Giulio Ossequente, Il Libro dei prodigi, ed. Solas Boncompagni, Rome: Edizioni Mediterranee 1992
  • Julio Obsecuente, Libro de los Prodigios (restituido a su integridad, en beneficio de la Historia, por Conrado Licóstenes), ed. Ana Moure Casas, Madrid: Ediciones Clásicas 1990
  • Jürgen Beyer, 'Obsequens, Julius', in Enzyklopädie des Märchens. Handwörterbuch zur historischen und vergleichenden Erzählforschung, tome 10, Berlin & New York: Walter de Gruyter 2000-02, coll. 176-178

Liens externes [modifier]

Julius Obsequens

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(son nom s'écrivant également Iulius en latin) Ecrivain païen de date inconnue (certains le pensent du début du 1er siècle, mais la majorité le considèrent de la fin du 4ème siècle, un peu avant le règne de l'empereur Honorius, contemporain de l'historien Paul Orose). Son nom le place dans la famille Julia, et le fait conséquemment Romain, mais on ignore d’où lui venait le surnom d’Obsequens.

On ne connait de lui que son Livre des Prodiges extrait, en grande partie, des historiens qui l'ont précédé, et principalement de Tite-Live, publié par Alde (Venise, 1508, in-8), d'après un manuscrit, appartenant à Jodocus de Vérone et perdu depuis. Le fragment restant se rapporte à la période de l'an -190 à l'an -11.

Auteur de :

Références :

  • Valerius Maximus de dictis facrisque memorabilius et Iul. Obseuquens de prodigiis cum supplementis Conradi Lycosthenisquos recensuit novisque accessionibus locuplevit Car. Bened. Hase, Volumen Secundum, Parisiis 1823
  • Rocca, Silvana, Iulii Obsequentis Lexicon, Genua 1978
  • Michaud, Biographie universelle, tome 31, p. 478
  • Tite-Live, dans sa grande composition
  • Cicéron, dans son Traité de la Divination
  • Pline l’Ancien
  • Sénèque, dans ses Questions naturelles
  • Plutarque
  • Dion Cassius

 

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Julius Obsequens, LE LIVRE DES PRODIGES Prodigiorum Liber Édition bilingue — Traduction Nisard

Julius Obsequens
LE LIVRE DES PRODIGES
Prodigiorum Liber
Édition bilingue — Traduction Nisard

COLLECTION L'INEXPLIQUÉ

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Ce livre est célèbre pour contenir des récits de phénomènes étranges survenus de 249 à 12 avant J.C. dont certains, aériens, sont aujourd’hui catalogués dans la catégorie des OVNI. Entre autres cas, Julius Obsequens signale des torches ardentes qui volent dans les airs (167 a.c., 137 a.c., 106 a.c., 100 a.c., 92 a.c.), « un corps sphérique, semblable à un bouclier, (qui) fut aperçu se dirigeant de l’occident vers l’orient (100 a.c.) ; « des armes et des javelots qui s’élèvent de terre avec un grand bruit, pour se diriger vers le ciel (43 a.c.) », ou encore « des armes (arma cælestia) qui, nuit et jour, s’entrechoquaient dans le ciel du côté de l’orient et du côté de l’occident ; celles de l’occident furent vaincues (104 a.c.)… »

Les prodiges, ou ce que l’on appelait de ce nom, avaient souvent l’importance des plus grands faits, et on les consignait à part dans les Annales de Rome parmi les actes du sénat. Le livre des prodiges, fort estimé des savants, est généralement écrit dans un style simple et pur, que l’on a jugé digne du siècle d’Auguste. La narration est vive, rapide, dégagée de développements et de réflexions. Au récit des prodiges, l’auteur mêle souvent, mais d’une manière toujours concise, des faits historiques, dont plusieurs seraient ignorés sans lui.

On ne sait rien de la vie de Julius Obsequens. L’époque même en est si incertaine, que quelques auteurs le croient du commencement du premier siècle, tandis que d’autres le font vivre au quatrième. Certaines incertitudes de datation de l’édition Nisard ont été corrigées dans cette édition.

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Livre des Prodiges

Julius Obsequens.

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Le Prodigiorum Libellus a connu diverses éditions, commentées ou non, recopiées et parfois adaptées les unes des autres. Les mêmes événements ont parfois également été relatés, parfois différemment, par Tite-Live par exemple.

La lecture de l'intégralité des récits repris par Obsequens amène à les relativiser. Si les phrases comme le ciel s'embrasa pendant la nuit ou on vit des armes voler dans le ciel peuvent par exemple paraître stupéfiantes, il convient de les replacer dans leur contexte, où elles aparaissent évoquer des épisodes de foudre (ces phrases sont par exemple respectivement suivies de beaucoup d'objets furent détruits par la foudre et et beaucoup d'objets furent renversés par la foudre). De même, les lances ardentes vues la nuit peuvent être interprétées comme les traits tracés par des étoiles filantes. Il faut enfin comparer certains événements rapportés avec d'autres auquels la plupart d'entre nous n'accorderions aucun crédit (des billets de loterie qui diminuent, etc.). Enfin, il est difficile de savoir si la description d'un disque ou d'un bouclier (toujours décrits ronds) ne représente pas simplement un corps astronomique (Lune, Soleil, météore, comète, éclipses) et leur multiplication (à 2 ou 3) des cas de parhélie.

Les traductions peuvent varier également, fax ardens étant traduit par météore igné ou torche ardente, selon les moments. Dans l'hypothèse d'un authentique météore, il n'est pas étonnant que l'on entende parfois des tonnements, indépendemment de l'état de la météo.

Restent quelques passages réellement intriguants, comme de la "chair" tombant du ciel et ne décomposant pas, des navires ou des chants dans le ciel, mais qui restent, hélas, bien difficiles à interpréter sans équivoque. Les passages souvent interprétés dans le cadre ufologique sont signalés en gras. Les notes sont de Victor Verger, auteur d'une traduction française des Prodiges.

 

-466

Q. Seruilio Prisco II, Sp. Posthumio Lauinio Regillensi, coss.

Cœlum ardere visum, et annus tam hominibus, quam pecori longe fuit pestilentissimus. Æqui Antiatum suscipientes exsules, contra fœdera cum Romanis facta, excursiones in Lationrum agros fecerunt. Contra quos anno sequenti missus Q. Fabius Vibulanus, qui prius pacem cum iis fecerat, strenue pugnavit. Verum quum se ad Volscos attraxissent, et fides Antiatum laboraret, cum ingenti exercitu iterum in Romanorum agros populandi gratia ingressi, a Posthumio victi atque fugati sunt. [Lycosthenes < Verger 13]

Sous les consuls Q. Servilius Priscus II et Sp. Posthumius Lavinius Regillensis [An de Rome 288]

Le ciel parut embrasé, et l'année fut extrêmement funeste à la santé des hommes et des bestiaux. Les Èques, en recevant les exilés des Antiates, violèrent leur traité avec les Romains, et firent des excursions sur le territoire des Latins. Q. Fabius Vibulanus, qui avait fait avec eux un 1er traité de paix, fut envoyé contre eux l'année suivante, et les combattit vigoureusement ; mais, réunis aux Volsques, et forts des mauvaises dispositions des Antiates, ils entrèrent de nouveau, avec une grande armée, sur le territoire des Romains, pour y commettre des ravages. Posthumius les vainquit et les mit en fuite.

-464

A. Posthumio ALbino Regillensi, Sp. Furio Medullino Fusco, coss.

Cœlum iterum ardere visum plurimo igni, portentaque alia aut obseruata oculis, aut vanas exterritis ostentavere species. Quibus avertendis terroribus, in triduum feriæ indictæ : per quas omnia delubra, pacem Deum exposcentium virorum, mulierumque turba implebantur. Bellum gestum est cum Æquis, contra quos Furius primum parum feliciter, Posthumius vero prospere pugnavit. Antiates milites, propter serum auxilium, cum ignominia sunt dimissi. Anno vero sequenti, pestis crudelissima Romæ grassata est. [Lycosthenes < Verger 14]

Sous les consuls A. Posthumius Albinus Regillensis et Sp. Furius Medullinus Fuscus [An de Rome 290]

Le ciel parut de nouveau embrasé d'un grand nombre de feux, et l'on vit d'autres prodiges réels, sans parler des vains fantômes que crurent apercevoir des esprits épouvantés. Pour détourner de pareilles terreurs, on ordonna 3 jours de féries, pendant lesquels tous les temples furent remplis d'hommes et de femmes venant en foule demander la paix aux dieux. On eut, contre les Èques, une guerre que Furius conduisit d'abord assez malheureusement, mais que Posthumius termina avec avantage. Les troupes antiates, pour être venues trop tard au secours, furent ignominieusement congédiées. L'année suivante, la peste exerça dans Rome les plus cruels ravages.

462

T. Lucretio Tricipitino, T. Veturio Gemino, coss.

Iterum cœlum ardere visum, et bos loquuta. Aequi omissis Latinis, Hernicisque, properato itinere Romam properarunt, ut ob iuuentutis absentiam urbem caperent, qui tamen a Lucretio mox circumventi, ac magna strage fugati sunt. Volscorum agri a Veturio uastati sunt, quorum etm nomen fere eo anno deletum est. [Lycosthenes < Verger 15]

Sous les consuls T. Lucretius Tricipitinus et T. Veturius Gensinus [An de Rome 292]

On vit encore le ciel embrasé comme auparavant, et une vache proféra des paroles. Les Èques, sans attendre les Latins et les Herniques, marchèrent à grandes journées vers Rome, dans l'espoir de s'en emparer pendant que la jeunesse en était absente ; mais bientôt ils furent cernés par Lucretius, qui en fit un grand carnage, et les mit en déroute. Veturius ravagea le territoire des Volsques, dont, cette année, le nom même fut presque anéanti.

-461

P. Volumnio Amentino, Seruio Sulpitio Camerino, coss.

Terra ingenti motu concussa, bos loquuta, et cœlum iterum ardere visum, cui rei priore anno fides non fuerat data. Variæ spectrorum facies, horrendæque voces oculis et auribus hominum obseruatæ sunt. Carne pluit, quæ nivis instar e cœlo, frustis majoribus et minoribus demissa, ab omni genere avium intervolantium direpta, priusquam terram attingeret ; reliquum vero quod intercidit, in Urbe agrisque sparsum jacuit multo tempore, nec colore mutato, nec odore, contra morem veterascentium carnium. Id vates indigenæ interpretari non potuerunt. Libri autem Sibyllini monuerunt, cavendum ab externo hoste, et civium seditionibus. Hoc autem anno lex Ternetilla maximo conatu, de decemviris creandis tentata est, maximæque subortæ inter patricios et plebeios dissensiones. Proximo autem anno exsules Romani ac serui numero MMMM, duce Appio Herdonio Sabino, Capitolium occuparunt, unde non absque magna civium strage sunt expulsi. [Lycosthenes < Verger 16]

Sous les consuls P.Volumnius Arnentiuus et Servius Suipitius Camerinus [An de Rome 293]

La terre fut agitée par de violentes secousses, une vache parla, et, ce que, l'année précédente, on n'avait pas voulu croire, le ciel parut de nouveau tout en feu. Des spectres de formes diverses et des voix épouvantables frappèrent à la fois les oreilles et les yeux ; il plut de la chair, qui, tombant du ciel en manière de neige, et en fragments plus ou moins gros, était dévorée par toutes sortes d'oiseaux volant parmi, avant de tomber jusqu'à terre : le peu qui atteignit le sol, soit dans les champs, soit dans la ville, y demeura longtemps épars, sans altération de couleur et sans odeur, contrairement à ce qui arrive d'ordinaire à de vieilles chairs. Les devins du pays ne purent donner l'explication de ce prodige ; mais les livres Sibyllins avertirent qu'on eût à se garder des ennemis du dehors et des séditions du dedans. Or, cette année, on tenta les plus grands efforts pour faire passer la loi Terentilla, concernant la création des décemvirs ; et il en résulta de très-grandes dissensions entre les patriciens et les plébéiens. L'année d'après, les Romains bannis et les esclaves, au nombre de 4000, sous la conduite d'Appius Herdonius Sabinus, se rendirent maîtres du Capitole, d'où l'on ne parvint à les chasser qu'après avoir perdu un grand nombre de citoyens.

-217

Cn. Seruilio Gemino. C. Quintio Flaminio II, coss.

Romae, in foro Olitorio, infans semestris triumphum exclamauit; in foro Boario bos in tertiam contignationem sua sponte ascendit, atque inde habitatorum tumultu territus, sese deiicit. Navium species in cœlo visa ; Spei templum in foro Olitorio fulmine ictum ; Lanuvii hasta se commouit; coruus in aedem Junonis deuolauit, atque in ipso puluinario consedit ; in agro Amiternino multis locis hominum specis procul candida veste visæ ; in Piceno lapidibus pluit; in Sardinia, in muro circumeunti uigilias equiti, scipio, quem manu tenebat, et in Sicilia aliquot militibus spicula arserunt, litora crebris fulserunt ignibus ; milites fulminibus citi ; solis circulus minui visus est ; Praeneste ardentes lampades de cœlo ceciderunt ; Arpis parma in cœlo ; luna cum sole certare, et interdum etiam duæ lunæ visæ; Caerete aquæ sanguine mixtæ fluerunt; fons Herculis sparsis hinc inde maculis cruentis manavit; Antii metentibus cruentæ in corbem spicæ ceciderunt. Faleriis coelum findi visum; sortes sua sponte attenuatae ; Mauors telum suum quassauit ; signum Martis in Appia via ad simulacra luporum sudavit; Capuæ coelum ardere visum, navium species in cœlo visæ ; Spei templum de cœlo tactum, terra horrendo motu concussa est, capræ lanatæ quibusdam factae, galina in marem, gallus vero in gallinam uersus. Eodem anno Hannibal Hetruriam invasit, Romani ad Thrasimenum lacum cruente proelio victi sunt. [Lycosthenes < Verger 31]

Sous les consuls Cn. Servilius Geminus et C. Quintius Flaminius II An de Rome 537

A Rome, dans le marché aux légumes, un enfant de 6 mois cria à haute voix : Triomphe ! Au marché aux boeufs, un boeuf monta de lui-même à un 3ème étage, d'où il se précipita, effrayé par le bruit des personnes qui y étaient logées. On aperçut au ciel des espèces de navires. Au marché aux légumes, le temple de l'Espérance fut frappé par la foudre. A Lanuvium, une lance s'agita d'elle-même ; un corbeau vola dans le temple de Junon, et alla se placer sur le pulvinaire même. En divers endroits du territoire d'Amiterne, on aperçut au loin des spectres vêtus de blanc. Dans le Picenum, il plut des pierres. En Sardaigne, alors qu'un chevalier faisait sa ronde pour inspecter les postes qui gardaient les remparts, le bâton qu'il tenait à la main s'enflamma ; et, en Sicile, les javelots de plusieurs soldats brûlèrent pareillement : les rivages brillèrent d'une multitude de feux ; des soldats furent frappés de la foudre ; le disque du soleil parut diminué. A Préneste, des lampes ardentes tombèrent du ciel. A Arpi, apparut au ciel un bouclier rond. On vit la lune combattre avec le Soleil, et l'on remarqua même 2 lunes en plein jour. A Cérète, coulèrent des eaux mêlées de sang, la fontaine d'Hercule offrit aux yeux des taches de sang éparses çà et là parmi ses eaux. A Antium, des épis ensanglantés tombèrent dans une des corbeilles des moissonneurs. A Falérie, on vit le ciel se fendre en 2 parties. Des billets servant à tirer au sort diminuèrent d'eux-mêmes. Mars agita sa lance ; sur la voie Appienne, la statue de ce dieu se couvrit de sueur à l'aspect de simulacres de loups. A Capoue, on vit le ciel embrasé ; on aperçut au ciel des figures de navires. Le temple de l'Espérance fut frappé de la foudre ; il y eut un horrible tremblement de terre ; chez quelques-uns, des chèvres devinrent couvertes de laine ; une poule se trouva changée en coq, et un coq changé en poule. La même année, Annibal envahit l'Etrurie, et les Romains furent vaincus dans un combat sanglant, sur les bords du lac Thrasimène.

-212

Appio Claudio Pulchro, Q. Fuluio Flacco III, coss.

Tempestates foedæ exortae; in Albano monte biduum continenter lapidibus pluit; tacta de caelo municipia, duæ in Capitolio ædes, uallum in castris, multisque locis supra Suessulam, et duo uigiles exanimati; murus turresque, et quaedam alia, Cumis fulminibus icta, et penitus decussa; Reate saxum ingens uolitare visum : sol rubere solito magis, sanguineoque colore similis apparuit. Hannibal proditioen Tarentum cepit, excepta race; Samniorum agri a Romanis depopulati sunt; Romani bis cruentas clades acceperunt ab Hannibale; Capua a Romanis obsessa, et capta; Publius et Cneus Scipiones in Hispania ab hostibus circumventi, et occisi sunt. L. Martius, eques Romanus, quum in Hispania militaret, orationemque ad milites haberet, felicis euentus flamma concionanti a capite, sine ipsius sensu, cum magno circumstantium pauore, fusa est; cujus aspectu milites pristinam hostium millibus caesis, magnoque numero in potestatem redacto, bina castra, Punicis opibus referta, ceperunt; Hispania aliquandiu quieta reddita; Marcellus, captis Syracusis, magna cum gloria Romam reversus est. [Lycosthenes < Verger 36]

Sous les consuls Appius Claudius Pulcher et Q. Fulvius Flaccus III [An de Rome 542]

D'affreuses tempêtes s'élevèrent; il plut des pierres sur le mont Albain pendant 2 jours consécutifs. Divers endroits furent frappés de la foudre, 2 maisons an Capitole, le retranchement d'un camp, plusieurs lieux au-dessus de Suessule, et 2 sentinelles en furent tuées. A Cumes aussi, une muraille, des tours et autres constructions furent foudroyées et renversées entièrement. A Réate, on vit une grosse pierre voler ; le soleil devint plus rouge que de coutume, et sa couleur ressembla à du sang. Annibal prit par trahison Tarente, excepté la citadelle. Les terres des Samnites furent ravagées par les Romains, auxquels Annibal fit éprouver 2 sanglantes défaites. Ceux-ci assiégèrent et prirent Capoue. Publius et Cnéus Scipion reçurent la mort en Espagne, où l'ennemi les avait cernés. Pendant que L. Martius, chevalier romain, servait en Espagne, comme il adressait une harangue à ses soldats, une flamme d'heureux présage sortit de sa tête sans qu'il en sentît rien, et remplit de frayeur ceux qui l'environnaient; les soldats, avertis par là de reprendre courage, taillèrent en pièces 37 000 ennemis, firent un grand nombre de prisonniers et s'emparèrent de 2 camps remplis d'effets précieux appartenant aux Carthaginois. Ce succès rendit quelque temps le repos à l'Espagne. Marcellus, après avoir pris Syracuse, revint à Rome couvert de gloire.

-203

Gn. Seruilio Cepione, Gn. Seruilio Gemino, coss.

Aurum in Capitolio corvi non rostris tantum lacerunt, sed comederunt etiam; mures Antii coronam auream arroserunt; circa Capuam locustarum vis ingens omnem agrum compleuit ; equuleus Reate quinque pedibus natus ; Anagniæ sparsi primum ignes in cœlo, deinde fax ardens in cœlo visa ; Frusinone arcus solem tenui linea amplexus est ; Arpini terra campestri agro in ingentem sinum consedit; consulum alteri primam hostiam immolanti, caput iocinori deuit. In Africa per Scipionem iuxta Uticam Poenorum castra sunt combusta; Romani multas in Brutiis ad se deficientes ciuitates receperunt, Hannibalemque in agro Crotoniensi ceciderunt; Magonem, Hannibalis fratrem, cruento proelio uicerunt; Syphacis regis foedifragi castra; incendio ac flammis expugnarunt, ipsumque regem ceperunt; Cirta, regia urbs, a Masinissa rege capta est. [Lycosthenes < Verger 44]

Sous les consuls Gu. Servilius Cépion et Gu. Servilius Geniiuus [An de Rome 551]

Dans le Capitole, des corbeaux brisèrent de l'or avec leur bec, et même ils en mangèrent. A Antium, des rats rongèrent une couronne d'or. Aux alentours de Capoue, une multitude innombrable de sauterelles couvrit toute la campagne. A Réate, un poulain naquit avec 5 pieds. A Anagnie, on vit d'abord, dans le ciel, des feux épars, puis une flamme ardente. A Frusinone, on remarqua le soleil entouré d'un cercle délié. Près d'Arpinum, la terre, s'affaissant au milieu d'un champ, ouvrit un gouffre profond. Comme l'un des 2 consuls immolait la première victime, le foie se trouva dépourvu de lobe. En Afrique Scipion incendia, près d'Utique, le camp des Carthaginois. Plusieurs villes des Bruttiens se rendirent volontairement aux Romains, qui reçurent leur soumission, défirent Annibal dans le territoire de Crotone , et vainquirent aussi Magon, son frère, dans un sanglant combat. Le roi Syphax ayant violé la foi des traités, ils livrèrent son camp à la fureur des flammes, et le prirent lui-même. Cirte, sa capitale, fut prise par le roi Masinissa.

-202

M. Seruilio Gemino, T. Claudio Nerone, coss.

Cumis solis minui visus, lapidibus pluit ; in Veliterno agro terra ingentibus cauernis consedit, arboresque in profundum haustae; Ariciæ forum, et circa tabernae, Frusinone item murus aliquot locis, et porta urbis de cœlo tacta ; in Palatio lapidibus pluit; magna Tyberis facta inundatio. Claudius eo anno consul, perniciosa tempestate ingruente naufragium passus est; insignis fuit hic quoque annus incendio ingenti, annonæ uilitate, et morte Q- Fabii Maximi, qui XXII annos augur fuit: Hannibal magno exercitu Africam ingressus; Vermina, Syphacis regis filius, clade a Romanis profligatus est. [Lycosthenes < Verger 45]

Sous les consuls M. Servilius Genjinus et T. Claudius Néron [An de Rome 552]

A Cumes, le disque du soleil parut diminué, et il plut des pierres. Dans le territoire de Vélitre, la terre, en s'affaissant, forma des profondeurs considérables, où des arbres furent engloutis. A Aricie, le feu du ciel tomba sur la place et sur les boutiques environnantes ; à Frusinone, plusieurs endroits de la muraille et une porte de la ville en furent pareillement atteints. Il plut des pierres sur le mont Palatin ; il y eut une grande inondation du Tibre. Claudius, cette année consul, essuya une affreuse tempête et fit naufrage. Cette même année fut remarquable par un grand incendie, par le bas prix des vivres, et par la mort de Q. Fabius Maximus, qui avait été 22 ans augure. Annibal entra en Afrique avec une grande armée. Vermina, fils du roi Syphax, fut défait par les Romains.

-200

Seru. Sulpicio Galba, C. Aurelio Cotta, coss.

In Lucanis coelum ardere visum ; Priverni sereno per diem sol sanguineus fuit ; Lanuvii in templo Junonis Ssospitae, nocte strepitus ingens exortus ; animalium obsceni foetus pluribus locis nuntiati; in Sabinis incertus infans natus, masculus an femina esset ; alter sexdecim annorum iam, item ambiguo sexu inventus; Frusinone agnus cum suillo capite ; Sinuessæ porcus cum cpn humano; in Lucanis, in agro publico equuleus cum quinque pedibus: foeda omnia, et deformia, errantisque in alienos foetus naturæ visa : ante omnia tamen abominati semimares, iussique in mare extemplo deportari. Bellum Macedonicum cum Philippo exortum ; Galli, Insubres, Cenomani et Boii, duce Hamilcare Poeno, irruptiones in agros proximos fecerunt, et oppida flammis ac incendio diripuerunt. [Lycosthenes < Verger 46]

Sous les consuls Serv. Sulpitius Galba et C. Aurelius Cotta [An de Rome 554]

En Lucanie, le ciel parut embrasé. A Priverne, dans un beau jour et par un temps serein, le soleil devint couleur de sang. A Lanuvium, dans le temple de Junon Sospita, un grand bruit se fit entendre pendant la nuit. On annonça, en plusieurs endroits, que des animaux avaient mis bas des petits d'une forme hideuse. Chez les Sabins, il vint au monde un enfant d'un sexe douteux ; un autre était déjà parvenu à l'âge de 16 ans sans qu'on pût discerner à quel sexe il appartenait. A Frusinone naquit un agneau avec une tête de porc ; à Sinuesse, un porc avec une tête humaine ; en Lucanie, dans un champ public, un poulain ayant 5 pieds ; enfin, on vit toutes sortes de monstres difformes, étranges productions de la nature égarée. Il y eut surtout des demi-mâles qui inspiraient tant d'horreur, qu'on ordonna de les jeter sur-le-champ à la mer. Alors s'alluma la guerre macédonique contre Philippe. Les Gaulois, Insubres, Cénomanes et Boïens, sous la conduite du Carthaginois Amilcar, firent des irruptions dans les pays voisins, et détruisirent les villes par la flamme et l'incendie.

-198

Sex. Aelio Paeto, T. Quintio Flaminio, coss.

De cœlo tacta sunt via publica Veiis, forum et ædes Jovis Lanuvii, Herculis Ardeae, Capuæ murus, turres, et ædes, quæ Alba dicitur; coelum Aretii ardere visum; terra Velitris trium jugerum spatio cauerna ingenti desedit; Suessæ agnus cum duobus capitibus natus; Sinuessæ porcus cum humano capite ; solis orbis diminui visus : quorum prodigiorum causa supplicatio unum diem habita, et consules rebus diuinis operam dederunt. Eo autem anno Flaminius feliciter, in faucibus Epiri contra Philippum Macedoniæ regem pugnavit; Thessalia, quæ est uicina Macedoniae, sociis Aetolis et Athamanibus, a Romanis uexata est; L- Quiintius Flaminius, consulis frater, nauali proelio Euboeam ac maritimam oram omnem cepit; Achaei a Romanis in amicitiam recepti sunt; et conjuratio servorum de soluendis Karthaginiensibus obsidibus, detecta atque oppressa est. [Lycosthenes < Verger 48]

Sous les consuls Sex. Élius Pétus et T. Quintius Flaminius [An de Rome 556]

La foudre tomba sur une route près de Véies ; à Lanuvium, sur la place publique et le temple de Jupiter; à Ardée, sur celui d'Hercule ; à Capoue, sur les murs, les tours et le temple appelé Albe ; à Arétie, le ciel parut embrasé. Près de Velitre, un espace de terre de 3 arpents s'affaissa, et forma une profonde caverne. A Suesse naquit un agneau à 2 têtes, et dans Sinuesse un porc ayant une tête d'homme. Le disque du soleil parut diminué. On fit, à l'occasion de ces divers prodiges, des prières publiques pendant un jour, et les consuls donnèrent leurs soins aux choses divines. Cette année, Flaminius combattit avec succès, dans les défilés de l'Épire, contre Philippe, roi de Macédoine. La Thessalie, voisine de la Macédoine, fut maltraitée par les Romains, quoiqu'elle eût pour alliés les Étoliens et les Athamanes. L. Quintius Flaminius, frère du consul, s'empara, par suite d'un combat naval, de l'île d'Eubée et de toute la côte maritime. Les Achéens furent admis dans l'amitié des Romains, et l'on découvrit et étouffa la conjuration des esclaves, tendant à mettre en liberté les otages carthaginois.

176

C. Claudio, L. Petilio, coss.

Quum immolassent victimas consules, jecur extabuit ; Cornelius ex monte Albano rediens, membris captus [c'est-à-dire usu membrorum privatus] ad aquas Cumanas mortuus ; Petellius contra Ligures dimicans occisus est. [Nisard 3] [Verger 64] [9]

Sous les consuls C. Claudius et L. Petilius [An de Rome 578]

Les consuls ayant immolé des victimes, le foie se gâta. Cornelius, revenant du mont Albain, fut atteint d'apoplexie, et mourut aux eaux de Cumes. Petellius reçut la mort dans un combat contre les Liguriens.

Fax in cœlo visa ; Gabiis Apollinis templum et priuata aedificia plura, Grauiscis murus portaque de cœlo tacta ; ea patres procurari, uti pontifices censuissent, jusserunt. Ligures victi, et Sempronius Sardos perdomuit. [Nisard 3] [Lycosthenes < Verger 64] [9] On aperçut un météore dans le ciel. A Gabies, le temple d'Apollon et plusieurs édifices particuliers, à Gravisque, un mur et une porte furent frappés de la foudre. Les sénateurs ordonnèrent des expiations à cette occasion, conformément à l'avis des pontifes. Les Liguriens furent vaincus, et Sempronius subjugua les Sardes.

-172

Sp. Posthumio Paulo, P. Mutio Sceuola, coss.

In Veienti agro biceps puer natus, et Sinuessæ unimanus. Oxini puella cum dentibus ; arcus interdum sereno cœlo super aedem Saturni in foro Romano intentus : tres simul soles effulserunt ; faces eadem nocte plures per coelum lapsæ sunt in Lanuuino ; apud Caerites anguis in oppido iubatus, aureis maculis sparsus apparuit ; in agro Campano bos loquutus, et in Sabinis terræ motus ingens factus est. Karthaginienses eodem anno cum Graeciæ urbibus adversus Romanos, Perseo sollicitante, conspirauerunt. [Nisard 5] [Lycosthenes < Verger 66]

Sous les consuls Sp. Posthurnius Paulus et P. Mutins Seévola [An de Rome 580]

Vinrent au monde, au territoire (les Véiens, un enfant à 2 têtes; a Sinuesse, un autre enfant n'ayant qu'une seule main, et à Oxine, une fille avec des dents. En plein jour, par un ciel pur et serein, on vit en l'air, dans la place publique de Rome, un arc tendu au-dessus du temple de Saturne. 3 soleils brillèrent en même temps. La nuit suivante, aux environs de Lanuvie, plusieurs météores sillonnèrent le ciel. Dans la ville des Cérites, ou vit un serpent ayant une crinière, et dont le corps était parsemé de taches couleur d'or. Dans la Campanie, un boeuf parla ; et, chez les Sabins, il y eut un violent tremblement de terre. La même année, les Carthaginois, à la sollicitation de Persée, se coalisèrent avec les villes de la Grèce contre les Romains.

-173

L. Posthumio Albino, M. Popilio Lenate, coss.

Lanuvii classis magnæ species in cœlo visæ ; Priverni lana pulla terra enata; in Veienti apud Rementem lapidatum; Pomptinum omne uelut nubibus locustarum cooperturm; in Gallico agro, qua induceretur aratrum, sub existentibus glebis pisces emerserunt: ob haec prodigia libri fatales inspecti, et supplicatio prodigiis expiandis facta. In Aetolia perniciosæ seditiones propter ingentem aeris alieni vim ortae. Perseus bellum in Romanos parauit; in Liguribus, in agro Stellati pugnatum, ad oppidum Carystum, ubi decem millia hominum caesa sunt, uincentibus Romanis. [Nisard 6] [Lycosthenes < Verger 67]

Sous les consuls L. Posthumius Albinus et M. Popilius Lenas [An de Rome 581]

A Lanuvium, on aperçut dans le ciel l'image d'une grande flotte. A Priverne, la terre produisit une sorte de laine brune. Dans le pays des Véiens, près de Remente, il plut des pierres. Tout le Pomptin fut couvert d'une nuée de sauterelles. Dans un champ de la Gaule, plusieurs poissons sortirent de dessous les mottes de terre, à l'endroit où passait la charrue. On consulta les livres Sibyllins, à l'occasion de ces prodiges, et l'on fit des prières pour détourner les malheurs qu'ils pouvaient annoncer. En Étolie, il s'éleva de dangereuses séditions, parce que la dette publique était devenue considérable. Persée fit des préparatifs de guerre contre les Romains. Chez les Liguriens, dans la plaine de Stellate, près de la ville de Caryste, on livra une bataille dans laquelle 10 000 hommes périrent, et dont l'avantage demeura aux Romains.

-169

Q. Martio Philippo II, Q. Seruilio Caepione, coss.

Anagniæ fax in cœlo conspecta ; bos femina loquuta ; Minturnis per eos dies cœli ardentis species affulsæ ; Reate pluit lapidibus ; Cumis in arce Apollo triduum ac tres noctes integras lacrymauit. Romæ in æde Fortunæ anguis iubatus a compluribus visus ; palma in area enata ; sanguine interdum pluit : Fregillis in domo L. Atrei, hasta, quam filio militi emerat, interdum plus horas duas arsit, ita tamen, ut nihil ejus ambureret ignis : horum prodigiorum causa, post supplicationem, victimis majoribus circa omnia pulvinaria facta sacrificia. Perseus rex in Thracia feliciter pugnavit, victis Dardanis, et subactis Illyriis. [Nisard 8] [Lycosthenes < Verger 69]

Sous les consuls Q. Martius Philippus II et Q. Servilius Cépion [An de Rome 585]

A Anagnie, on aperçut dans le ciel un météore igné, et une vache proféra des paroles; à Minturnes, durant les mêmes jours, le ciel parut embrasé. A Réate, il plut des pierres. A Cumes, dans la citadelle, la statue d'Apollon pleura continuellement pendant pendant 3 jours et 3 nuits. A Rome, dans le temple de la Fortune, plusieurs personnes virent un serpent à crinière. Un rameau sortit du sol dans une place publique. Il plut du sang pendant le jour. A Frégelles, dans la maison de L. Atréus, une lance qu'il avait achetée pour son fils, alors soldat, jeta des flammes en plein jour pendant plus de 2 h, sans que le feu lui fît éprouver aucun dommage. Ces prodiges donnèrent lieu à des prières publiques ; ensuite on fit, autour de tous les endroits consacrés au culte divin, des sacrifices dans lesquels on immola de grandes victimes. Le roi Persée combattit avec succès dans la Thrace, après avoir vaincu les Dardaniens et subjugué les Illyriens.

-167

Q. Æemilio Peto, M. Julio, coss.

Romæ aliquot loca sacra, profanaque cœlo tacta [Il faudrait e cœlo ou de cœlo]. Anagniæ terra pluit ; Lavinii fax ardens in cœlo visa [Tite-Live dit simplement : Fax in cœlo visa erat] ; Calatiæ in agro publico per triduum et duas noctes sanguis manavit [Sous-entendu e terra]. Rex Illyrici Gentius, et Macedoniæ Perses, devicti. [Nisard 9] [Verger 70] [11]

Sous les consuls Q. Émilius Petus et M. Julius [An de Rome 587]

A Rome, plusieurs lieux sacrés et profanes furent frappés de la foudre. A Anagnie, il plut de la terre. A Lanuvie, on vit dans le ciel une torche ardente. A Calatie, dans un champ public, il sortit du sang de la terre pendant 3 jours et 2 nuits. Gentius, roi d'Illyrie, et Persée, roi de Macédoine, firent vaincus.

-166

M. Marcello, P. Sulpitio, coss.

In Campania multis locis terra pluit ; in Prænestino [sous-entendu agro] cruenti ceciderunt imbres ; Veienti lana ex arboribus nata ; Terracinæ in æde Mineruæ mulieres tres, quæ operatæ sedebant, fulmine exanimatæ. Ad lucum Libitinæ in statua equestri ænea, ex ore et pede [de qui ? Est-ce du cavalier ou du cheval ? voilà ce que l'auteur ne nous dit pas. Des commentateurs pensent qu'il faudrait lire ex ore et pede equi, et que ce dernier mot existant primitivement, aura été omis par les copistes] aqua manavit diu. Galli Ligures deleti. Comitia quum ambitiosissime [c'est-à-dire cum magno ambitu] fierent, et ob hoc senatus in Capitolio haberetur, milvus volans, mustelam raptam de cella Jovis, in medio consessu patrum misit ; sub idem tempus, ædes Salutis de cœlo tacta ; in colle Quirinali sanguis terra manavit ; Lanuvii fax in cœlo nocte conspecta  ; fulmine pleraque discussa [peut-être faudrait-il lire decussa, expression fréquemment employée par l'auteur en pareil cas] ; Cassini et sol per aliquot horas noctis visus. Theani Sidicini puer cum quatuor manibus, et totidem pedibus natus. Urbe lustrata, pax domi forisque fuit. [Nisard 10] [Verger 71] [12]

Sous les consuls M. Marcellus et P. Sulpitius [An de Rome 588]

Il plut de la terre en divers endroits de la Campanie. Au territoire de Préneste, il tomba des pluies de sang. Chez les Véiens, il vint de la laine à des arbres. Dans le temple de Minerve, à Terracine, 3 femmes, qui se tenaient assises après avoir sacrifié, furent tuées par la foudre. Dans le bois de la déesse Libitine, une statue équestre en airain jeta longtemps de l'eau par la bouche et par les pieds. Les Gaulois Liguriens furent taillés en pièces. Pendant qu'on tenait les comices, qu'on y briguait les honneurs avec une extrême avidité, et qu'à cette occasion le sénat était réuni au Capitole, un milan, en volant, laissa tomber, au milieu de l'assemblée des sénateurs, une belette qu'il avait prise dans le sanctuaire de Jupiter. Vers le même temps, la foudre frappa le temple de la déesse Sakis. Sur le mont Quirinal, on vit du sang sourdre de la terre. A Lanuvium, pendant la nuit, on aperçut, dans le ciel, un météore igné, et la foudre fracassa plusieurs objets. A Cassine, on aperçut le soleil, pendant la nuit, l'espace de quelques heures. A Théane Sidicin, un enfant vint au monde avec 4 mains et autant de pieds. On purifia la ville, et la paix se maintint au dedans et au dehors.

-163

T. Graccho, M. Juventio, coss.

Capuæ noctæ sol visus ; in agro Stellati fulgure ueruecum de grege pars exanimata; Terracinæ pueri trigemini nati ; Formiis duo soles interdiu visi ; coelum arsit ; Concii homo ex speculo acie orta [Endroit corrompu. Lisez face orta] combustus ; Gabiis lacte pluit ; fulmine pleraque decussa in Palatio ; in templum Victoriæ cygnus illapsus, per manus capientium effugit ; Priverni puella sine manu nata ; in Cephalenia turba in cœlo cantare visa [Comment voir cela, dans le ciel surtout ? Il est probable qu'il faut lire constare visa] ; terra pluit ; procellosa tempestate tecta diruta, stragesque agrorum facta ; crebro fulminavit ; nocte species solis Pisauri adfulsit ; Caere porcus humanis manibus et pedibus natus; et pueri quadrupedes, et quadrumanes nati ; ad forum Esii [Il faudrait : In foro Esii] bovem flamma ex ipsius ore nata non laesit. [Nisard 12] [Verger 73] [14]

Sous les consuls T. Gracchus et M. Juventius [An de Rome 591]

A Capoue, on vit le soleil pendant la nuit. Au territoire de Stellate, une partie d'un troupeau de moutons fut tuée par la foudre. A Terracine, 3 enfants naquirent d'une même couche [Il n'y a rien de bien prodigieux à ce qu'une femme ait eu 3 enfants à la fois. Les 3 Horaces étaient nés d'une même couche, ainsi que les 3 Curiaces ; et cependant personne, chez les romains, ne songea, en aucun temps, à citer cela comme un événement extraordinaire. Il faut croire qu'ici le texte est altéré]. A Formies, on vit 2 soleils pendant le jour. Le ciel parut en feu. A Conce [on ignore où était cette ville. Quelques-uns la croient la même que Consa, dont il est fait mention au paragraphe 76], un homme fut brûlé par un rayon sorti d'un miroir. A Gahies, il plut du lait. La foudre fit beaucoup de ravages sur le mont Palatin. Un cygne, tombé dans le temple de la Victoire, s'échappa des mains de ceux qui le prenaient. A Priverne, une fille naquit sans mains. Dans l'île de Céphalénie, on vit au ciel une troupe qui chantait en choeur. Il plut de la terre. Plusieurs toits furent renversés par une violente tempête, qui causa aussi beaucoup de dégâts dans les campagnes. La foudre tomba fréquemment. A Pisaure, une espèce de soleil brilla pendant la nuit. A Géré, il naquit un porc ayant des pieds et des mains d'homme ; il naquit aussi des enfants ayant 4 pieds et 4 mains. Sur la place d'Esium, un boeuf jeta de la flamme par la bouche, sans que son corps en fût atteint.

-162

P. Scipione Nasica, Gn. Martio, coss.

Anagniæ coelum nocte arsit ; fulmine pleraque decussa. Frusinone bos loquutus; Reate mulus tripes natus. Gn. Octauius legatus in Syria per Lysiam, tutorem Antiochi pueri [c'est-à-dire Antiochi regis, tunc adhuc pueri], in gymnasio occisus. [Nisard 13] [74] [15]

Sous les consuls P. Scipion Nasica et Gn. Martius [An de Rome 592]

A Anagnie, le ciel s'embrasa pendant la nuit ; beaucoup d'objets furent détruits par la foudre. A Frusinone, un boeuf parla. A Réate, il naquit un mulet n'ayant que 3 pieds. Gn. Octavius, ambassadeur en Syrie, fut tué dans un gymnase par Lysias, tuteur du jeune Antiochus.

-156

L. Lentulo, Q. Martio, coss.

Procellosa tempestate in Capitolio ædes Jovis, et circa quassata ; pontis maximi tectum cum columnis in Tyberim dejectum ; in circo Flaminio porticus inter aedem Junonis Reginæ, et Fortunæ tacta [sous-entendu fulmine], et circa aedificia pleraque dissipata ; taurus ad immolationem quum duceretur, ob hæc ipsa [ces mots sont forts obscurs. Des commentateurs proposent adhuc ipse] corruit. Dalmatæ Scordis [Il faudrait : Dalmatae Scordisci] superati. [Nisard 14] [Verger 75] [16]

Sous les consuls L. Lentulus et Q. Martius [An de Rome 598]

Au Capitole, une tempête violente ravagea le temple de Jupiter et ce qui l'entourait. La couverture du grand pont [On ignore quel était ce pont. Publius Victor, dans son énumération des ponts du Tibre, n'en fait point mention] fut renversée dans le Tibre, ainsi que ses colonnes. Dans le cirque Flaminien, le portique qui se trouvait entre le temple de Junon la Reine et celui de la Fortune, fut frappé de la foudre, qui fracassa la plupart des édifices situés aux environs. Dans cette circonstance, un taureau, que l'on conduisait pour être immolé, tomba en chemin. On défit les Dalmates Scordisques.

-154

L. Opimio, Q. Posthumio, coss.

In provinciam proficiscens [c'est-à-dire profecturus] Posthumius consul, quum immolaret, in plurimis victimis caput in jocinore non invenit, profectusque, post diem septimum aeger Romam relatus, exspiravit ; Consæ arma in cœlo volare visa ; fulmine pleraque decussa. A Gallis, et a Lusitanis Romani per arma graviter vexati. [Nisard 15] [Verger 76] [17]

Sous les consuls L. Opimius et Q. Posthumius [An de Rome 600]

Comme le consul Posthumius, avant son départ pour sa province, offrait un sacrifice, il ne trouva point de lobe au foie de plusieurs victimes. Sept jours après qu'il se fut mis en route, on le rapporta malade à Rome, et il mourut. A Consa, on vit des armes voler dans le ciel, et beaucoup d'objets furent renversés par la foudre. Les Gaulois et les Lusitaniens firent éprouver aux Romains
des pertes considérables.

-147

P. Africano, et Laelio, coss.

Amiterni puer tribus pedibus, una manu natus ; Romæ et circa fulmine plerique icta; Caere sanguinis rivi terra fluxerunt [pour e terra fluxerunt], et nocte coelum ac terra ardere visum [cet endroit est vicieux. Il faudrait visa, et non pas visum, à moins qu'on ne suppose que les mots ac terra ne soient ici de trop] ; Frusinone aurum sacrum mures adroserunt ; Lanuvii inter horam tertiam et quintam duo discolores circuli solem cinxerunt, rubente alter, alter candida linea ; stella arsit per dies triginta duos. Et quum Carthago obsideretur, in captiuos Romanorum per Hasdrubalem barbaro more saeuitum. Mox Carthago per Aemilianum diruta. [Nisard 18] [Verger 79] [20]

Sous les consuls P. Scipion l'Africain et Laits [An de Rome 607]

A Amiterne, un enfant naquit avec 3 pieds et une seule main. A Rome et aux environs, beaucoup d'objets furent frappés de la foudre. A Géré, des ruisseaux de sang sortirent du sol, et, pendant la nuit, le ciel et la terre parurent embrasés. A Frusinone, des rats rongèrent de l'or consacré aux dieux. A Lanuvium, entre la 3ème et la 5ème h, 2 cercles d'une couleur différente, l'un rouge et l'autre blanc, entourèrent le Soleil. Une étoile brilla 32 jours de suite [il s'agit sans doute d'une comète]. Pendant le siége de Carthage, Asdrubal exerça une barbare cruauté envers les prisonniers romains. Bientôt après, Emilien détruisit Carthage.

-140

Gn. Caepione, C. Laelio, coss.

Præneste et in Cephalenia signa de cœlo cecidisse visa ; mons Ætna ignibus ab

14/11/2007
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